Ces « goûts » qui nuisent à la santé

Ces condiments sont très utilisés dans la cuisine congolaise. (Photo BEF)

Ces condiments sont très utilisés dans la cuisine congolaise. (Photo BEF)

Très présentes dans la cuisine congolaise, les épices industrielles ou exhausteurs de goût seraient à la base de certaines maladies, attestent certains nutritionnistes.

Les épices industrielles sont revenues en force sur le marché congolais, en particulier kinois. Poulet, bœuf, feuille de manioc…, chaque nourriture a son goût spécial. Ces produits, très prisés dans les ménages, sont à la portée de toutes les bourses. Leur prix varie entre 50 à 200 francs, la pièce. Anne-Marie, tenancière d’un restaurant de fortune au grand marché de Kinshasa, ne jure que sur leur utilisation. « Je ne peux pas m’en passer. Mes clients sont très satisfaits de cela. Ces épices donnent du bon goût et une bonne odeur à mes mets. En plus, elles ne coûtent pas les yeux de la tête », déclare-t-elle. Pourtant, certaines personnes soutiennent que ces condiments, fabriqués à base des composantes chimiques, peuvent s’avérer nuisibles à la santé. Une nutritionniste et diététicienne de formation, prestant à l’hôpital général de Kinshasa (ex-Maman Yemo), ne trouve aucun inconvénient à consommer ces produits qui sont fabriqués à base d’épices naturelles. Mais, souligne-t-elle, c’est leur utilisation régulière et abusive qui peut avoir des effets néfastes sur la santé. Car, ils sont concurremment utilisés avec le sel naturel, alors qu’ils contiennent déjà du sel iodé.

La consommation régulière et abusive de ces exhausteurs peut bouleverser le métabolisme et provoquer, à la longue, certaines maladies cardiovasculaires. 

Un nutritionniste

Sur la même lancée, un autre nutritionniste, du même complexe hospitalier, confirme que ces exhausteurs contiennent une forte concentration en nutriment. Leur consommation régulière et abusive peut bouleverser le métabolisme et provoquer, à la longue, certaines maladies cardiovasculaires, des malformations chez les enfants,… Il conseille d’épargner les enfants de ces produits. Pour lui, il faudrait contraindre les fabricants de ces produits chimiques, à l’instar de ceux du tabac, d’indiquer sur les emballages le danger de leurs produits.

Pour Benjamin, biologiste, ces épices salées ne sont pas appropriées à l’organisme. Il atteste qu’il est aujourd’hui prouvé que ce sont des produits cancérogènes, c’est-à-dire, ils peuvent provoquer ou favoriser l’apparition du cancer de l’estomac.

Le caractère cancérigène de ces produits est aussi confirmé par un chimiste. « Dans une certaine mesure, les exhausteurs pourraient aussi concourir à la manifestation de la prostatite. En effet, lorsque le corps ne sait pas évacuer, par les urines, les déchets des aliments consommés, il se forme des dépôts qui rendent les urines lourdes. Ces caillots ou déchets non évacués peuvent s’avérer dangereux et amener, avec le temps, la prostatite », dit-il.

Afin d’épargner plusieurs personnes des effets nocifs de ces produits, il propose la sensibilisation de la population sur leur utilisation abusive. Elle met un accent particulier sur les femmes qui pourraient être victimes de mutations génétiques.