Dernière ligne droite pour un barrage

Rien n’est encore joué pour l’attribution du marché de construction d’Inga 3. En attendant, trois entreprises ont été sélectionnées. Elles viennent d’Europe et d’Asie.

La centrale hydro-électrique Inga II, sur le fleuve Congo.

La centrale hydro-électrique Inga II, sur le fleuve Congo.

Le suspense dure encore. Pour douze mois, sauf imprévu. Le coordonnateur de la Cellule de gestion du projet Inga 3, Max Munga, a annoncé que le marché relatif à ce projet ne sera adjugé qu’en 2016. En clair, il s’agira de départager les trois consortiums déjà présélectionnés, le canadien SNC-Lavalin, l’espagnol Actividades de Construccion y Servicios et le chinois Three Gorges Corporation. Mais par qui?

D’ores et déjà, le lancement des travaux de construction de la première phase d’Inga 3, dite Inga basse chute 4 800 MW, fixé initialement à octobre 2015,  a été renvoyé  après 2017.   Au départ projet commun entre la RDC et l’Afrique du Sud seulement, d’autres acteurs financiers internationaux susceptibles d’influer sur  la politique  des États s’y sont invités en préfinançant, qui une étude environnementale, qui un projet d’extension du projet. Il s’agit notamment de la BAD, de la Banque mondiale, de l’Agence française de développement, de la Banque européenne d’investissement, la Development Bank of Southern Africa, ainsi qu’un consortium constitué par le cabinet d’avocats américain Orrick Herrington & Sutcliffe, la banque d’affaires Lazard Frères  et Tractebel Engineering, ou encore le bureau d’études de GDF Suez, qui  assiste le gouvernement congolais sur la conduite et la mise en œuvre  de ce projet. Les États-Unis, eux, ont rassuré le Premier ministre, Matata Ponyo, en promettant un financement futur de 5 milliards de dollars.

Avec de telles forces en présence, d’aucuns s’interrogent si la RDC pourrait imposer son choix sur  le futur constructeur d’Inga 3. Ou encore, si elle aura voix au chapitre. La souveraineté de la RDC sur Inga ainsi que son leadership dans le développement de ce site sont formellement établis dans le protocole d’accord, conclu le 7 mars 2013, sur le Grand Inga entre Kinshasa et Pretoria, de k’avis d’un expert Société nationale d’électricité (SNEL).

Dans un document émanant du ministère de l’Économie, il est indiqué que le choix d’un concessionnaire  est effectivement prévu pour le deuxième semestre de 2016. Et la signature d’un contrat de concession est envisagée pour la fin de l’année 2017. Alors que la  durée de construction du projet sera de six à sept ans.  La Cellule de gestion du projet Inga 3 indique, par ailleurs, que le dossier de consultation a déjà été mis à la disposition des candidats préqualifiés depuis le 29 juin dernier. Le communiqué de la cellule poursuit : «la conception, le financement, la construction et l’exploitation du projet seront effectués par un concessionnaire du secteur privé qui pourrait bénéficier de financements publics de la part de la RDC ». Le coût global de la construction est estimé entre 9 et 12 milliards de dollars. Selon Max Munga, les investisseurs privés et les prêteurs de ce dernier exigent que les acheteurs du projet soient des parties crédibles et bancables. «Les contrats d’achats et de vente d’énergie seront négociés en parallèle avec chaque acheteur avant la signature du contrat de concession », dit le communiqué.