Des baisses des prix qui n’en finissent pas

Le cours du baril de pétrole qui était de 62, 9 dollars en novembre, est actuellement à 52,81 dollars. L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) a annoncé le 10 juillet que dans les jours à venir ils vont encore  baisser. 

Une plateforme pétrolière non loin des côtes sénégalaises.

Une plateforme pétrolière non loin des côtes sénégalaises.

À la base de cette chute des prix, il y a la diminution de la demande par rapport à l’offre qui ne fait que surabonder. Selon les prévisions de l’AIE, la croissance de la demande mondiale va ralentir à 1,2 million de barils par jour en 2016, alors qu’elle est de 1,4 million cette année. Dans les pays de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (Opep) tout comme en dehors, la demande de 2015 n’est pas suffisante pour compenser la croissance continue de la production. Dans son rapport mensuel, l’AIE prévient : « Il se peut que le point bas du marché soit encore à venir ». « Le mouvement de rééquilibrage, qui a commencé lorsque les marchés ont lancé une première phase de baisse des cours de 60% il y a un an, n’est pas fini. De récentes évolutions laissent penser que le processus se prolongera largement en 2016 », annonce le même rapport en expliquant que « Le marché pétrolier était largement excédentaire au deuxième trimestre de 2015 et le reste aujourd’hui. De même, il apparaît clairement que la capacité du marché à absorber l’excédent ne devrait pas durer. Les capacités de stockage terrestre sont limitées, ainsi que la flotte de pétroliers ». Pour l’AIE, la profusion de l’offre résulte d’une forte augmentation de la production américaine. Celle-ci est liée au développement du pétrole de schiste et à la décision de l’Opep de ne pas réduire sa production dans le but de garder ses parts de marché. Pour l’heure, la production de l’Amérique du Nord n’est pas affectée par le récent effondrement des cours, situés entre 50 et 60 dollars le baril. « Le calendrier attendu du rééquilibrage s’est quelque peu modifié mais le scénario n’a pas changé. La réponse de l’offre à la baisse des cours est en route », insiste l’AIE. Selon l’agence, il va falloir qu’il y ait une nouvelle baisse des cours pour que cette réponse se déploie en totalité.

Grande offre mais petite demande

Au cours des cinq premiers mois de 2015, l’offre de pétrole des États-Unis a augmenté d’un million de barils par jour. Après avoir augmenté de 2,4 millions de barils par jour en 2014, l’offre totale des pays hors Opep semble modérée avec un rythme de croissance d’un million de barils par jour en 2015. Ce niveau va rester constant jusqu’en 2016. L’augmentation de la demande mondiale semble avoir atteint le sommet au premier trimestre 2015, avec 1,8 million de barils par jour. Cette croissance de la demande devrait faiblir de maintenant jusqu’en 2016. Pour 2016, l’AIE situe les besoins en pétrole de l’Opep à 30,3 millions de barils par jour c’est-à-dire en augmentation d’un million par rapport à 2015. Cependant, comparée  à la production de l’organisation, il faut soustraire 1,4 million.

Pertes colossales

La chute persistante des cours du pétrole s’accompagne toujours de pertes colossales. Dans son rapport mensuel publié en mars, l’Opep a indiqué que, selon ses calculs,  la Russie, deuxième exportateur de brut, est susceptible de perdre quelque 135 milliards de dollars avec un prix moyen de 55 dollars le baril pendant une année. Cela représente «l’équivalent de 10% du Produit intérieur brut» de la Russie, pays qui n’est pas membre du consortium et dont les hydrocarbures représentent 70 % des exportations. «Le pays fait face à de grands défis en raison des sanctions, de la dévaluation du rouble et de la chute des prix du pétrole», indique l’Opep qui ajoute que «Chaque baisse de 1 dollar du prix du pétrole représente un manque à gagner de 3 milliards pour les exportations annuelles de la Russie».