Ebola : le spectre de la contagion

L’alerte est générale, surtout en Afrique. L’épidémie se propage à une vitesse éclair. Tous les pays sont en alerte. La RDC, de son côté, s’immunise.

 

Le virus Ebola décrété urgence de santé mondiale. (Photo DR)

Le virus Ebola décrété urgence de santé mondiale. (Photo DR)

A Kinshasa, le grand laboratoire d’Ebola fait peau neuve. Le ministre de la Santé a confirmé la réinstallation des équipements anti-Ebola à l’Institut national des recherches biomédicales (INRB). La maladie fait des ravages à l’Ouest de l’Afrique, principalement dans trois pays qui partagent la même forêt. Il s’agit de la Guinée, du Libéria et de la Sierra-Léone. Un nouveau cas réel s’est fait signaler à Lagos au Nigéria, ravivant les inquiétudes.  La RDC, ayant été touchée cinq fois par cette épidémie s’immuniser pour ne plus revivre une sixième contagion. Des mesures préventives annoncées pour protéger les congolais consistent d’abord à renforcer la capacité d’effectuer les premières analyses sur place, permettant ainsi de gagner du temps. Le laboratoire de l’INRB a reçu des réactifs et du matériel, pour cela. Plus loin, le gouvernement congolais a commandé des laboratoires mobiles de diagnostic pour prévenir des cas, en dehors de Kinshasa. L’épidémie peut surgir n’importe où dans le pays, précisent les autorités sanitaires. Sont aussi essentiels pour la prévention, les mesures de sensibilisation des voyageurs en partance pour les régions déjà frappées. Même si certains pays prônent la suspension des vols, notamment la France, les Etats-Unis et l’Allemagne, les frontières de la RDC restent encore accessibles à tous. Aux points d’entrée et dans les milieux hospitaliers, un contrôle systématique est obligatoire, pour tout passager en provenance de l’Afrique de l’Ouest. Le suivi est recommandé, pour tout cas de fièvre. L’isolement du suspect est la règle première. Pour les experts sanitaires, il s’agit d’une question d’hygiène. « Ebola tue, mais tout le monde peut l’éviter », répète le ministre congolais de la Santé. Pour faire valoir son expérience, le pays vient d’envoyer quatre experts en Guinée, dans le cadre de la lutte contre cette épidémie récurrente.

Mesures de prévention

Des mesures préventives annoncées pour protéger les congolais consistent d’abord à renforcer la capacité d’effectuer les premières analyses sur place. 

Entre le 24 et le 27 juillet dernier, 122 nouveaux cas, dont 57 décès, ont été recensés dans quatre pays : Guinée, Libéria, Nigéria et Sierra Léone. Le 29 juillet, l’OMS a signalé le premier cas au Nigéria. Ce rapport a recommandé un déploiement rapide du personnel et la mobilisation des fonds supplémentaires, le renforcement des investigations épidémiologiques, la recherche des contacts suspects, l’information du public et la mobilisation de la communauté entière. Cette institution de l’ONU plaide pour la coordination, au niveau de la prise en charge des cas et de la lutte contre l’infection, dans l’exécution des plans d’action nationaux et des stratégies adoptées, à Accra, par les États membres. Aucune mesure n’a été prise concernant les restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux entre les pays concernés. Les ministères de la Santé de ces quatre pays sont chargés de recenser de nouveaux cas de maladie. Dans les pays touchés, les mesures de prévention sont plus drastiques. En Sierra Leone, un état d’urgence a été décrété et les rassemblements publics interdits. Au Liberia, les écoles sont fermées jusqu’à nouvel ordre. La communauté internationale constate que l’éradication du virus d’Ebola coûte cher. L’OMS a déjà réuni une enveloppe d’environ 100 millions de dollars.