EPSP : des réformes plus volumineuses que le budget

Malgré son augmentation progressive, le budget alloué au secteur de l’enseignement parait très infime face aux défis à relever, notamment celui d’arriver à 100% de taux de scolarisation. 

Le budget consacré à l’enseignement reste modique. (Ph. DR)

Le budget consacré à l’enseignement reste modique. (Ph. DR)

Depuis plus de deux semaines, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) procède à la publication des résultats de l’examen d’Etat. Trois provinces ont déjà connu leur sort. Il s’agit du Kasaï-Occidental, du Maniema et de la ville province de Kinshasa. Malgré les efforts du gouvernement de livrer à temps les résultats et à construire ou réhabiliter mille écoles dans le pays, le constat général fait du système éducatif est encore moins reluisant. Le budget consacré à ce secteur clé de la vie nationale n’augure toujours pas un grand succès. Selon le ministère, le nombre d’enfants en dehors du système éducatif est de 3,5 millions. Trop élevé pour utiliser le vocable de la gratuité de l’enseignement, selon certains parents d’élèves. Le gouvernement, dans le cadre de la politique de la gratuité de l’enseignement primaire, avait arrêté des mesures visant à améliorer le statut social des enseignants ainsi que la qualité de l’enseignement. Parmi ces mesures, figurait l’augmentation de salaire 25 332 enseignants mécanisés dans le sous-secteur de l’Epsp, pour l’année scolaire 2013-2014.

Lors de la 3ème conférence des ministres provinciaux en charge de l’Education, organisée après celles tenues en 2010, à Matadi (Bas-Congo), le ministre Maker Mwangu avait annoncé l’augmentation du budget alloué à l’Epsp. Il avait indiqué qu’à la suite de l’élaboration de la Stratégie de développement de ce sous-secteur Epsp 2010-2016 et du Plan intérimaire de l’Education (PIE 2012-2014), le budget consacré à ce secteur est passé de 8 % en 2011 à 13, 6 % en 2012. Depuis, le statu quo semble être observé sur ce point. Il n’y a plus eu d’augmentation significative, lancent quelques enseignants. Ce chiffre de 13, 6 % reste bien inférieur à ce que le pays a connu par le passé (30 % en 1960). De leur côté, les enseignants réclament que ce taux soit revu à 25%. Cette réclamation est motivée par leurs conditions de vie très précaires. « Exercer le métier d’enseignant aujourd’hui paraît comme un apostolat. C’est comme s’il faut rien attendre en termes de rémunération, puisque la modicité de notre salaire ne nous offre aucune possibilité de nouer les deux bouts du mois sans être criblés de dettes », confie un enseignant d’un établissement public.

Exercer le métier d’enseignant aujourd’hui paraît comme un apostolat. C’est comme s’il faut rien attendre en termes de rémunération. Puisque la modicité de notre salaire ne nous offre aucune possibilité de nouer les deux bouts du mois, sans être criblés des dettes

Enseignant d’un établissement public

Concernant la prise en charge des enseignants payés et non payés, le ministre de l’Epsp, lors de la présentation du projet de loi portant statut particulier du personnel enseignant au Sénat, avait révélé que la RDC compte environ 650.000 enseignants dans le sous-secteur de l’Epsp dont 545.054 dans les établissements publics. Les statistiques des enseignants payés pour le mois de mai 2014 donnent, d’après lui, les effectifs de l’ordre de 370. 206 agents pour une masse salariale mensuelle d’environ 33 milliards de francs congolais. Le renforcement de la mécanisation et le paiement régulier des enseignants constituent un défi majeur pour ce ministère mais également pour toute la République. D’autant plus que la faible démotivation enseignants peu rémunérés constitue un des facteurs qui affectent négativement leur rendement, et par ricochet, la qualité de l’enseignement congolais.

« L’amélioration des conditions sociales de l’enseignant est essentiellement liée à celle de la qualité et de la pertinence de l’enseignement », reconnaiage la mécanisation de tous les enseignants tant au niveau du primaire que secondaire. Des réformes qui exigent des dépenses allant au-delà de la part du budget alloué dans ce secteur.s