Kinshasa : des sites maraichers menacés de spoliation

La plupart des espaces destinés aux activités agricoles dans la ville sont vendus ou menacés de vente. Cette situation met en péril la survie économique de leurs exploitants

 

Un site maraicher à N’djili. (Photo BEF)

Un site maraicher à N’djili. (Photo BEF)

Gallo Nsaka, secrétaire de exécutif de l’Union des coopératives maraichères de Kinshasa (UNICOPMAKIN), renseigne qu’une coopérative de la commune de Kinseso a déjà fermé ses portes, à cause de la spoliation de site du Centre de commercialisation des produits maraichers et fruitiers (CECOMAF). Quatre autres sites maraichers (Mango, Lukaya, N’djili et RVA), ajoute-t-il, sont confrontés au même problème. Les maraichères de la commune de N’djili sont en justice, pour essayer de sauver une superficie de 75 hectares, fortement menacée. Le site de Mango à Kimbanseke, n’est pas épargné avec ses 18 hectares. Ce dossier est aussi devant la justice. Le site de Lukaya, à Mont-Ngafula qui fait frontière avec Lemba-Imbu, est exposé à la même menace. De même que celui de la RVA, aux alentours de l’aéroport international de N’djili, alors que les maraichers ont reçu l’autorisation officielle d’y exercer leurs activités. Pour s’enquérir personnellement de la situation, le ministre de l’Agriculture, Jean Chrysostome Vahamwiti, a effectué plusieurs descentes, ces trois derniers mois, aux locaux d’UNICOPMAKIN, renouvelant la volonté du gouvernement de résoudre ce problème. Il avait indiqué que le dossier se trouvait auprès de ses collèges des Affaires foncières et de la Justice. « L’activité maraichère occupe une place importante dans la vie des kinois car ce sont ces maraichers qui inondent les marchés de la capitale en légumes. Par manque d’emploi, il y a des familles qui s’investissent dans les activités agropastorales. Cette spoliation est comparable à un virus », indique Théophane Kakala, chargé des programmes à l’UNICOPMAKIN. Pour un éleveur à Kimbanseke, c’est depuis 2011 que leur terrain connaît une spoliation. « Les militaires qui assuraient la sécurité du quartier des Anciens combattants à Kinseso, en traversant en pirogue la rivière N’djili, ont commencé à vendre des terrains, en complicité avec les autorités politico-administratives », témoigne-t-il. Cette spoliation affecte automatiquement les activités des coopératives qui évoluent dans ce secteur d’activité. Par conséquent, certaines coopératives ne trouvent plus leur raison d’existence, les sites étant spoliés. C’est le cas de la coopérative de Kinseso qui n’a pas pu faire face à cette spoliation. Elle ouvre, peut-être, la liste à d’autres qui ne sauront survivre devant ce spectre de la spoliation.  L’UNICOPMAKIN appuie les coopératives membres, pour faciliter la commercialisation des produits agricoles. Dans ses actions, elle assure également la formation technique des maraichers pour leur permettre de s’outiller pour assurer une grande production. Actuellement, l’UNICOPMAKIN travaille avec une organisation caritative irlandaise (Ong Trocaire) en vue de faciliter des actions conjointes sur le terrain.  Le gouvernement, dans sa nouvelle politique agricole, compte investir pronfondément dans ce secteur. A cet effet, chaque province ou ville, devrait être alimentée par des parcs agro-alimentaires. Puisque ce gigantesque projet n’est pas encore concrétisé,  les sites maraichers de Kinshasa sont un vivier important pour la capitale.