La Banque centrale fait le pari de la stabilité d’ici la fin de l’année

La 10è réunion ordinaire de l’année a permis au Comité de pilotage monétaire de la BCC de passer en revue les principaux faits marquants dans l’évolution économique et financière récente et de formuler pour les prochains mois.

SELON le communiqué qui a sanctionné la rencontre mensuelle du 27 novembre, « les estimations de la croissance économique, sur base des réalisations de la production à fin juin 2018, révèlent une amélioration de l’activité économique de 0,4 point, attestée par un taux de croissance attendu à 4,1 % en 2018, impulsée par une branche extractive bénéficiant des cours mondiaux rémunérateurs ».

Sur le marché des biens et services, le Comité de pilotage monétaire (CPM) indique que « le ralentissement du rythme de formation des prix se poursuit en dépit des légères pressions inflationnistes enregistrées depuis le mois de septembre ». Par ailleurs, le taux d’Inflation mensuel s’est situé à 0,417 en octobre, contre 2,207 % en septembre et 4,135 % à la période correspondante de 2017. À la quatrième semaine de novembre, l’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,146 %, contre 0,097 % une semaine avant, portant le cumul annuel à 6,577 %. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est fixé à 10,557 % et en annualisé, il attendrait 7,301 %, contre un objectif à moyen terme de 7,0 %.  

Sur le marché des changes, la stabilité de la monnaie nationale se maintient. Les cours indicatif et parallèle se sont établis à 1 632,46 FC et 1 648,00 FC le dollar, soit une dépréciation mensuelle de 0,11 % à l’indicatif et une appréciation mensuelle de 0,02 % au parallèle.

En ce qui concerne les réserves internationales, elles ont enregistré en novembre une « légère hausse » mensuelle de 6,36 millions de dollars, s’établissant à 1,04 milliard de dollars, soit 4 semaines et 2 jours d’importation des biens et services sur ressources propres. 

Au regard de tous ces indicateurs, le CPM a décidé de maintenir inchangé son dispositif de politique monétaire. Le taux directeur reste à 14,0 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2,0 % et 0 %. Le Bon BCC sera éventuellement utilisé en vue de la régulation courante de la liquidité bancaire. « Nous ferons tout ce qui est possible pour qu’il n’y ait pas retournement de situation d’ici la fin de l’année. Nous maintiendrons les efforts de stabilisation. 

Nous les amplifierons s’il le faut pour conserver et maintenir cette stabilité d’ici à la fin de l’année », a déclaré Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, répondant à la question sur les éventuels chocs dus aux spéculations sur les prix lors des festivités de fin d’année et sur la hausse des prix de carburant.

Les élections, un fardeau

La BCC a fait savoir que les élections ont coût. Pour le mois de novembre ; il a été constaté un déficit provisoire de 220,9 milliards de nos francs dans les finances publiques. « Au plan des finances publiques, la balance mensuelle des opérations financières de l’État affiche un déficit provisoire de 220,9 milliards de FC en novembre 2018, contre celui de 119,6 milliards enregistré le mois précédent ».

« Cette accélération du déficit résulte principalement de la hausse des dépenses liées au processus électoral dans un contexte de faible mobilisation des recettes publiques. Toutefois, en cumul annuel au 26 novembre 2018, le solde des opérations de l’État affiche un léger déficit de 5,8 milliards de FC ». Le budget électoral pour les trois scrutins combinés de cette année est chiffré à 526 millions de dollars par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pour rappel, les élections de cette année sont entièrement financées par le gouvernement.