La BCDC inculque aux enfants la culture de la banque par le jeu

Des pré-tests dans certaines écoles de Kinshasa ont montré que beaucoup de notions de base en rapport avec la banque ne sont pas du tout connues chez les moins de 18 ans. Pour les responsables de la première banque commerciale en RDC, Éléfanto Money arrive à point nommé.

 

En lançant, le 10 mars, le jeu Éléfanto Money au lycée catholique Mpiko de Lemba à Kinshasa, qui célébrait sa journée culturelle, la Banque commerciale du Congo (BCDC) veut manifestement relever le défi de l’éducation financière en vue de l’inclusion financière dans le pays. « L’objectif de ce jeu est d’apprendre aux enfants à gérer de l’argent, c’est-à-dire leur inculquer les notions de base telles que l’achat, l’épargne, le prêt… mais aussi de vulgariser les services bancaires », ont expliqué les responsable du service marketing aux élèves et parents venus assister à la conférence de lancement du jeu Éléfanto Money, en marge des activités de la journée culturelle du lycée Mpiko. À toutes les préoccupations qui y ont été soulevées, ils ont apporté des éclaircissements sur la manière dont le jeu va désormais se dérouler.

« Le lancement de ce nouvel outil d’éducation financière permet d’élargir l’accès aux solutions (services) bancaires dans le pays et participe de l’effort de bancarisation des populations dans le pays », ont-ils encore laissé entendre D’après Buyle Alice Kweto, grâce à ce jeu « abordable », sa banque offre un nouveau moyen de familiariser déjà les enfants à la culture de l’épargne afin de les bancariser. Le parent ou le tuteur de l’enfant qui a un compte courant à la BCDC peut lui ouvrir un compte Éléfanto. Ce compte qui est toujours lié au compte du parent ou du tuteur, permet de constituer une épargne rémunérée. Avec un taux d’intérêt attractif, il permet de préparer l’avenir des enfants en toute sérénité. Les élèves et les parents ont voulu en savoir plus, notamment en ce qui concerne les opérations sur le compte Éléfanto. On leur a expliqué que le dépôt se fait par virement du compte du parent/tuteur vers le compte Éléfanto de l’enfant, tandis que le retrait s’effectue par virement du compte Éléfanto de l’enfant vers le compte du parent/tuteur. Naturellement, il y a la possibilité de transformer le compte Éléfanto en compte courant et en compte éléphant à la majorité du titulaire ou le compte Éléfanto en compte Bosomi en cas de clôture du compte courant du souscripteur.

Le compte Éléfanto offre des avantages à son titulaire, notamment la constitution d’une épargne rémunérée sans obligation de durée, l’exemption des frais de tenue de compte, ni de solde minimum, ni encore de plafond maximum, l’alimentation du compte d’épargne via le compte courant, la non retenue de commission de transfert du compte courant vers le compte d’épargne et vice-versa, la gratuité du relevé annuel.

Les cibles du jeu

Le jeu Éléfanto Money est une « première » dans le pays, a insisté Alice Buyle. C’est une innovation qui vise d’abord les enfants fréquentant l’école des tranches d’âge de 10 à 13 ans et de 13 à 18 ans. Puis, viendra le tour de ceux qui sont déscolarisés.

Pour cette seconde étape, un partenariat dans ce sens a déjà été signé avec la chaîne de télévision B-One pour une interactivité avec cette catégorie d’enfants. Le lancement d’Éléfanto Money constitue une étape importante pour l’inclusion financière des moins de 18 ans congolais qui ne disposent pas encore d’accès aux services bancaires.

D’après les responsables du service marketing de la BCDC, le jeu Éléfanto Money a été conçu sur la base des pré-tests réalisés auprès des échantillons d’enfants dans des écoles de Kinshasa. Alice Buyle a révélé que ces pré-tests ont donné aux dirigeants de sa banque des indications précises sur la manière de le concevoir et de l’adapter aux réalités du terrain. Tenez : lors de ces sondages, on a demandé aux enfants où, selon eux, doit-on garder son argent. Ils ont donné des réponses tout aussi imaginables qu’inimaginables.

Les uns ont répondu qu’ils pouvaient faire garder l’argent chez une tante, auprès d’un camarade de classe qui a une chambre qu’on ferme à clé, l’enfouir carrément quelque part dans une bouteille… Aucun enfant n’a fait allusion à la banque. Ahurissant pour les enquêteurs !

C’est dire que les notions de base sur la banque ne sont pas quasiment assimilées par les enfants. D’où l’intérêt de ce jeu (questions-réponses) qui ressemble dans sa façon de jouer au Monopolis. Pratique et facile, le jeu Éléfanto Money repose sur des fonctions ludique et éducative, selon les responsables du service de marketing de la BCDC. Il va donc contribuer à vulgariser les services bancaires auprès des Congolais, notamment les enfants, qui ne disposent pas encore d’accès aux services financiers.

Inclusion financière

Selon la Banque centrale du Congo (BCC), moins de 6 % seulement des Congolais utilisent actuellement une banque ou d’autres services financiers formels. L’un des grands principes de la capacitation financière aujourd’hui, c’est la mutualisation des actions des acteurs (institutions financières, les associations professionnelles et les régulateurs du secteur financier) dans l’effort d’éducation des consommateurs. La Banque centrale insiste sur la mutualisation des actions afin de permettre aux acteurs du secteur financier de se renforcer l’un l’autre et de produire des résultats durables et mesurables.

Un autre principe, c’est la répétition des messages qui seule parviendra à ancrer les connaissances et à changer les comportements. La BCC recommande à cet effet l’utilisation des canaux qui peuvent être multiples : ateliers de formation, émissions de radio ou de télévision, personnes relais, jeux… Les obligations des institutions financières en matière de capacitation financière sont donc le droit de savoir et le droit de comprendre de leurs clients. Elles n’ont, et ne pourraient pas, être assujetties à une obligation juridique d’éducation financière de leur clientèle qui ne serait pas clairement définie et limitée. Le droit de savoir consiste en une information complète et accessible, tandis que le droit de comprendre consiste en une obligation générale de conseil qui incombe en général au « banquier », ce qui est consacré par la jurisprudence dans les pays francophones de droit d’inspiration française, et complété par diverses mesures légales ou réglementaires.

Selon les experts de la BCC, l’argent épargné permet de réaliser des projets de vie. Vu sous cet angle, la notion d’épargne est une vertu à laquelle tient la BCC. La jeunesse et les femmes constituent des cibles privilégiées. Les femmes représentent 52 % de la population congolaise et dont l’implication au processus économique n’est plus à démontrer. À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’épargne en octobre, les institutions financières exposent, des panels sont également organisés, au cours desquels scientifiques, techniciens et hommes de terrain échangent sur divers thèmes.

La BCC travaille sur un programme d’éducation financière en RDC, lequel vise à doter la nation d’une « feuille de route précise et claire, des actions à mener de manière à fournir à la population des connaissances et à apporter la confiance nécessaire à gérer de façon optimale les finances ». La stratégie nationale vise à faire comprendre à la population l’importance de l’épargne en tant qu’« outil majeur » pour stimuler la croissance, le développement économique et pour améliorer la situation matérielle des familles.