La gestion scabreuse du secteur des télécommunications en RDC

Le siège de l’opérateur Tigo sur l’avenue colonel Mondjiba à Kinshasa-Ngaliema

Le siège de l’opérateur Tigo sur l’avenue colonel Mondjiba à Kinshasa-Ngaliema

Si partout au monde le secteur des télécommunications avec l’arrivée des sociétés de télécommunication cellulaire est porteur des richesses et créateur d’emplois, en RDC, tel n’est pas encore le cas .Pour cause, dixit le député national Jean Baudouin Mayo, le Gouvernement, à travers le ministre des PT-NTIC n’est pas capable de gérer ces sociétés. C’est la question d’actualité qu’il a posée au Ministre en charge, Tryphon Kin-Kiey Mulumba la semaine dernière à l’occasion de la journée consacrée au contrôle parlementaire. Dans les détails, il a cherché à voir clair dans la gestion de la 3G et de la fibre optique, le manque d’interconnexion entre certaines sociétés au mépris de la réglementation en la matière, les conditions d’octroi de licence aux opérateurs et les recettes générées par ce secteur.

En réponse, le Ministre a fait état des contingences liées à la réforme opérée en 2002 dans la gestion du secteur des télécommunications, du contexte dans lequel évoluent les sociétés de télécommunication cellulaire en RDC et des conditions de la délivrance des licences. Il a pour tout dire rappelé des contraintes qui sont à la base des difficultés rencontrés dans la maîtrise des exploitants de la téléphonie cellulaire.

Pour revenir à ce dernier cas, il ya lieu de rafraichir la mémoire sur le fait que le ministre avait déjà en son temps, accusé les entreprises des télécommunications opérant en RDC de complicité de fraude dans les appels internationaux, à travers le boitier électronique appelé « Sim box ». Ce dispositif qui contient plusieurs cartes Sim fait apparaître les appels venant de l’étranger comme émis en RDC. Il a tellement une grande capacité qu’il peut gérer même un million de minutes par mois. Il a soutenu que ces entreprises devraient être au courant de cette fraude d’autant plus que ces réseaux ont la capacité de faire passer plusieurs appels à la fois. Et d’ajouter qu’il existe effectivement un système de fraude qui ne peut se passer sans la connivence des opérateurs de téléphonie cellulaire. Pour s’étendre au chiffre, le ministre a évalué le manque à gagner de la par du Trésor public, à travers ce piratage à 30 millions USD par an.Pour mettre un terme à cette fraude, a dit le ministre, le Gouvernement de la RDC avait signé un contrat avec un consortium franco-américain Agilis International et Entreprise Télecom.Et pourtant certaines langues se sont déliées pour dire qu’Agilis n’a pas d’équipement approprié pour démanteler tous les cas de fraude, ce qu’il ne sera pas à la hauteur de sa tâche. Concernant la 3g, rappelons ce dossier à rebondissement au tribunal de commerce de Kinshasa, qui oppose la Netherland Britsh Company (NBC) contre les quatre grands opérateurs de télécommunication en RDC et l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPT).En effet, la NBC soutient détenir le monopole de l’exploitation de cette technologie en au pays, lui attribué par une ancienne ministre des PTT. Argument que rejettes en bloc l’ARPT.

En rappel, la 3G est la 3ème génération de la technologie du téléphone mobile. Avant il y a eu le NMT, un réseau analogique qui permettait à un très petit nombre d’abonnés et uniquement dans les grandes villes de téléphoner en mobilité. Puis est arrivée l’ère de la 2ème génération (2G), plus connue sous le nom de GSM, le premier système mobile numérique. Le GSM a amené les « puces » ou cartes Sim. A partir de là, les téléphones mobiles sont devenus vraiment des portables. Comme les débits offerts par les réseaux 2G étaient relativement faibles, la technologie a inventé la 3G. En Europe et ailleurs en Amérique, on utilise déjà la 4G. Concernant l’octroi des licences et beaucoup d’autres données, le ministre a renvoyé le député à l’ARPT.