La qualité des investissements, élément moteur pour une croissance économique

Vue des participants à l’atélier PRCG, (Photo BEF)

Vue des participants à l’atélier PRCG, (Photo BEF)

Les investissements publics, croissance et développement humain dans les pays riches en ressources naturelles. Le sujet est au centre d’un séminaire de trois jours organisé par le programme de renforcement des capacités du gouvernement (PRCG) avec l’appui de la Banque mondiale. Le séminaire est animé par le professeur Pierre-Richard Agénor, enseignant de Macroéconomie internationale et d’économie du développement à l’Université de Manchester au Royaume-Uni. Expert de réputation internationale sur les questions macroéconomiques dans les pays en développement, le Professeur Agénor explique que dans « la plupart des pays à faible et moyen revenus, les pouvoirs publics sont confrontés à des défis majeurs dans la conception et la formulation de leurs stratégies de croissance économique et de développement humain ». Pour lui, ces défis sont liés au rôle des investissements publics et du capital public en général sur la croissance. Ils ont trait aussi à la maîtrise des arbitrages dynamiques que des choix alternatifs d’allocation des ces investissements peuvent créer tant du point de vue de la croissance économique elle-même que du point de vue de la réduction de la pauvreté et du développement humain. Cela au niveau de la santé et de l’éducation de la population. Des recherches récentes, soutient le professeur Pierre-Richard Agénor, ont apporté de nouveaux éclaircissements sur ces questions, en identifiant notamment les canaux à travers lesquels les différentes composantes du capital public (en matière d’infrastructure, d’éducation et de la santé) peuvent affecter la croissance économique et le développement humain.

Impact des investissements sur la croissance

Pour le Directeur de cabinet adjoint du Premier ministre en charge des questions économiques, financières, monétaires, techniques et infrastructures, il est essentiellement question de mesurer l’impact des infrastructures et de l’allocation des dépenses publiques sur la croissance. « Comment arriver à bien calibrer les effets lorsque vous affecter une partie des dépenses soit aux infrastructures, soit à la santé, soit à l’éducation ? Quels sont les effets que cela peut avoir sur la croissance économique ? », s’est interrogé le professeur Vincent Ngonga qui parle des cas concrets qui sont débattus de manière à permettre d’améliorer les résultats des politiques macroéconomiques et de développement.

La qualité des investissements 

C’est à ce niveau qu’intervient la qualité des investissements qui est une question importante. Car, une chose est d’investir et une autre est de réaliser des investissements de qualité, a soutenu le professeur Pierre-Richard Agénor. La qualité des investissements renvoie à la question « où est ce que je dois mettre plus de priorité entre les investissements dans le domaine des infrastructures, de la santé et de l’éducation pour s’attendre à ce que les effets soient plus importants ? » C’est là qu’intervient l’Etat, soutient le professeur Vincent Ngonga. Le Dircaba du Premier ministre affirme que le rôle de l’état est très important dans l’affectation des ressources. Or, avant d’affecter les ressources, il y a le problème de mobilisation et dans la mobilisation, se pose un problème de taux de taxation optimale. Pour lui, « si le taux de taxation est trop élevé, cela peut affaiblir les privés en termes d’épargne et d’investissements ». L’option doit aussi être levée sur la pression fiscale de la RDC. Si elle doit être forte ou faible. « Si on doit augmenter la pression fiscale, il est important de déterminer si les ressources additionnelles dégagées seront affectées dans quel secteur ou pour quel type d’investissements, pour permettre que la soutenabilité de la croissance soit assurée en moyen et long terme », a lancé le professeur Vincent Ngonga. D’autant plus que l’économie congolaise connait une forte croissance d’environ 8% cette année, pour que cela s’inscrive sur la durée sur le moyen et long terme, le professeur Vincent Ngonga affirme qu’il est aussi nécessaire de savoir quels types d’investissement qu’il faut mener pour garantir cette croissance à moyen et long terme. Et pour lui, la formation du capital humain est un élément important pour garantir la croissance.

Une vision pour le changement

Alors que le Congo démocratique avait le même niveau que le Canada en 1960 et dépassait la Corée du Sud, le professeur Pierre-Richard Agénor fait savoir qu’il ne faut jamais penser que le Congo est si mal que les autres pays. Car chaque pays a des atouts et des contraintes. La RDC, a-t-il déclaré, a un potentiel considérable. Ne dit-on pas que la RDC est un géant qui s’ignore. Pour lui, le processus politique dans un pays peut agir comme frein ou comme accélérateur. Et les pays qui se sont développés rapidement ont eu un visionnaire. Il a cité l’exemple de la Malaisie qui a lancé des réformes fondamentales pour la transformation du pays. Le professeur Agénor a souligné que la vision doit être traduite dans les faits pour produire le changement. La troisième session de formation organisée par le Prcg s’inscrit dans le prolongement de la deuxième organisée du 28 au 30 avril dernier et de la première tenue en mars dernier. Le choix porté sur les participants (économistes issus des milieux professionnel et académique, des organisations internationales et des représentants des bailleurs de fonds) est judicieux, a indiqué le Dircaba du Premier ministre. C’est pour leur permettre une fois de retour dans leurs ministères et organismes respectifs, qu’ils puissent insuffler les nouvelles approches sur le développement qu’ils viennent d’apprendre.