La relance de la SNCC réconforte les experts internationaux

Avec l’acquisition des trente-huit nouvelles locomotives dont vingt sont en attente de livraison par la Chine, l’entreprise nationale vient de faire un grand bond qualitatif. Ce qui ne laisse pas indifférents les partenaires extérieurs.

Le Premier ministre, Matata Ponyo, réceptionnant les nouvelle locomotives de la SNCC.

Le Premier ministre, Matata Ponyo, réceptionnant les nouvelle locomotives de la SNCC.

Le 3e Congrès mondial du fret ferroviaire vient de se tenir à Tanger, au Maroc. Dans la déclaration finale de cette rencontre, organisée par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) et l’Office marocain des chemins de fer (ONCF), les participants ont insisté sur le développement des grands corridors ferroviaires inter-régions ou inter-continents. Ils facilitent un meilleur équilibre des modes de transport, l’amélioration de l’interopérabilité entre les différents modes de transport et la simplification des procédures, en plus de la recherche d’une complémentarité partenariale entre les différents acteurs.

Former une nouvelle génération

Responsables de chemins de fer, professionnels et experts ont aussi mis l’accent sur la nécessité de former la jeune génération des cheminots internationaux aux nombreux métiers du ferroviaire et de la logistique. Le congrès s’est terminé par un appel au renforcement du rôle du rail dans la chaîne logistique globale et à l’investissement dans les innovations technologiques. Les délégués d’une quarantaine de pays ont souligné l’importance d’investir dans les innovations technologiques en vue d’un système logistique ferroviaire plus fiable et basé sur la qualité, la sûreté, la sécurité et la réduction des coûts.

Un secteur vital pour l’activité économique

Ces recommandations sont en phase avec le programme gouvernemental qui considère l’aménagement et la construction des infrastructures de base fiables et de bonne qualité (routes, voies ferrées, voies fluviales et lacustres, oléoducs…) comme vitaux pour le développement de l’activité économique. En 2011, par exemple, le secteur des infrastructures et bâtiment a représenté environ 8% du PIB. Les investissements dans ce domaine exercent un effet de levier sur les autres secteurs économiques (agriculture, mines…). La stratégie retenue dans le programme 2012-2016 au niveau de ce secteur s’appuie principalement sur les investissements importants et ciblés dans les différents sous-secteurs d’infrastructure et sur une réforme d’ensemble du système de gestion des infrastructures et des entreprises de transport.

Favoriser l’émergence d’un vaste marché intérieur

L’objectif ultime est de développer un système de transport intégré et intermodal capable de relier tous les pôles économiques du pays (provinces ou régions) en vue de favoriser l’émergence d’un vaste marché intérieur et assurer, à des prix compétitifs, l’interconnexion de ces pôles avec les marchés extérieurs. La première priorité sera portée sur la modernisation de grands corridors de transport multimodaux interprovinciaux (route-chemin de fer-voies fluviales et lacustres), ainsi que les corridors d’importation et d’exportation. Des investissements spécifiques pour certains réseaux prioritaires intra-provinciaux et les voiries urbaines seront aussi réalisés. Un accent particulier sera également mis sur la construction d’autres infrastructures d’appui, dont celles de fourniture d’énergie électrique pour les lignes de chemin de fer.

Encourager les partenariats public-privé

La deuxième priorité sera accordée à la construction des infrastructures aéroportuaires et portuaires modernes à la dimension du pays. Une réforme du système de gestion des infrastructures et des entreprises de transport devrait être mise en œuvre à 2013. En effet, pour favoriser la mobilisation des financements, de nouvelles dispositions légales ou réglementaires sont prises afin d’encourager les partenariats public-privé, les contrats de concession et le Built-Operate-Transfert (BOT), pour la construction et la gestion des infrastructures (ports, aéroports, autoroutes, oléoducs). Quant au transport ferroviaire, les objectifs retenus sont : accroître le volume de fret ferroviaire d’ici 2016 à 1000 millions de tonnes-km et ramener le prix du fret ferroviaire à 0.05 dollar par tonne-km à la même échéance; réhabiliter et moderniser le chemin de fer de l’Uele et des réseaux de chemins de fer de l’Ouest et du Sud; restructurer la SNCC au plan financier et opérationnel afin d’améliorer ses capacités d’intervention. Pour atteindre ces objectifs, le programme prévoit d’accorder une intervention économique à la SNCC pour l’aider à se redresser. Il prévoit également d’accroître le volume des investissements publics dans le sous-secteur. Une ouverture pour un partenariat public-privé est aussi envisagée.