La SCPT se positionne en incubateur de startups

La tenue de la 4è édition du Hackathon dans les installations de l’Hôtel de la Poste, c’est tout un symbole. C’est signe que l’OIF observe de loin et apprécie les efforts de l’opérateur public des télécoms en vue de la réduction de la fracture numérique. 

 

En tant que l’un des sponsors de l’événement, la Société congolaise des Postes et télécommunications (SCPT) a récemment (29 septembre-1er octobre) abrité la 4è édition du Hackathon des jeunes entrepreneurs et porteurs de projets pour l’innovation dans les médias numériques. Organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et parrainé par le ministère des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT&NTIC), ce concours a réuni pendant trois jours des équipes de jeunes congolais journalistes, infographes, designers, développeurs de programmes et autres, âgés de 18 à 35 ans. La SCPT a donc offert ses installations de l’Hôtel de Poste pour la formation et la compétition de l’innovation dans le secteur de la production et de la diffusion de l’information.

Les groupes sélectionnés ont présenté des prototypes et des business plans. Les trois meilleurs projets d’innovation de cette 4ème édition ont été primés par les organisateurs et ces porteurs de projets innovants seront intégrés dans le réseau de l’OIF, à travers la plate-forme Lemedialabo. Les lauréats du concours ont reçu des dotations sous forme de prix : 3 500 euros pour le 1er prix (Tanga tout), 2 500 euros pour le 2è prix (Afriseur) et 1 500 euros pour le 3è prix (Fata). Selon les organisateurs, ces dotations seront disponibles en deux tranches : le tiers en numéraires et les deux autres tiers serviront à financer l’éclosion des solutions innovantes proposées. Ces sommes seront mobilisées pour accompagner les lauréats dans le cadre d’un ou plusieurs incubateurs locaux. Plusieurs autres prix ont été également offerts aux lauréats avec le concours des sponsors et des partenaires.

Pour le ministre des PT&NTIC, Emery Okundji, la 4è édition du Hackathon est « une grande opportunité pour la jeunesse congolaise engagée dans le secteur des médias d’apprendre à travailler ensemble pour faire clore son génie créateur au service de transformation de paysage de l’audiovisuel national ». Le directeur général de la SCPT, Patrick Umba, a, quant à lui, rassuré que son entreprise se positionne désormais comme « un incubateur des startups grâce à la disponibilité à la connectivité à l’Internet à haut débit rendue possible par la fibre optique ».

En effet, explique-t-il, de nombreuses startups s’appuyant sur les NTIC ont désormais la possibilité d’éclore et de se cristalliser dans l’espace congolais des affaires grâce à l’offre de l’Internet haut débit. Et en tant qu’opérateur public des télécoms, donc gestionnaire de la fibre optique, la SCPT dispose d’un signal à 99, 9 % fiable, ce qui est un avantage majeur pour « le génie créateur congolais de pouvoir s’exprimer sous diverses formes, notamment comme entrepreneurs porteurs de projets, développeurs de systèmes, designers, graphistes… »

Le défi de démocratisation du numérique

Avec sa fibre optique dont le processus d’atterrage à travers le pays arrive à son terme, du moins pour la première phase, la SCPT devient un élément incontournable dans la démocratisation de l’Internet ou du numérique dans le pays. Qu’il s’agisse de la Poste ou des télécoms, la SCPT, est aujourd’hui à l’ère de l’innovation  et de la modernité. Reste que, maintenant, il va falloir vulgariser les innovations. Visiblement, le directeur général de la SCPT est animé par le souci de faire mieux les choses pour relever ce défi.

La SCPT a actuellement un Internet sécurisé, de qualité et à haut débit, fiable à 99,9 %. Un énorme travail a été abattu pour la phase Kinshasa-Muanda afin d’améliorer la qualité de la fibre. Aujourd’hui, nous sommes capables d’offrir un Internet de qualité permanent parce que nous avons pris des précautions », insiste Patrick Umba. Se voulant optimiste, Patrick Umba rassure les Congolais en général, les utilisateurs de l’Internet en particulier, que tous les grands chantiers d’intérêt national portant sur les NTIC sont bel et bien en cours d’exécution. Par exemple, la fiabilisation de la phase 1 afin d’augmenter la capacité de transmission de 10 à 100 gigabits d’ici la fin de l’année est jugée satisfaisante. Les travaux d’atterrage de la fibre pour relier Kinshasa à Sakania et Kasumbalesa dans le Haut-Katanga sont presque finis. Dans quelques jours, la SCPT va connecter ses clients sur cette ligne. Les négociations pour assurer une redondance additionnelle avec Zamtel, l’opérateur zambien, ainsi qu’avec l’opérateur public angolais à partir de Kasumbalesa sont également très avancées et pourraient se concrétiser dans quelques jours.

L’OIF l’a bien perçu. C’est sans doute pour cette raison qu’elle a organisé la 4è édition du Hackathon ou le médiathon de Kinshasa dans les installations de l’Hôtel de Poste. Le médiathon de Kinshasa s’inscrit dans le cadre de la stratégie de la Francophonie numérique « Horizon 2020 » adoptée en octobre 2012, par les chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie lors du sommet de Kinshasa. En effet, le développement rapide des technologies de l’information et de la communication a profondément transformé l’environnement de la communication et plus particulièrement le secteur des médias.

Ces transformations radicales appellent une nécessaire adaptation des médias et des acteurs qui accompagnent leur développement dans les pays francophones du Sud. En effet, l’ensemble des transformations notées influe directement sur la diversité des expressions culturelles et linguistiques. C’est pour cette raison que l’OIF a organisé en octobre 2014 une conférence internationale sur l’avenir des médias francophones. La rencontre de Montréal s’est, entre autres, intéressée à la question des contenus francophones. Les participants ont fortement insisté sur l’impératif de qualité auquel les professionnels des médias doivent se tenir. Critère essentiel au moment où des contenus de toutes origines et de toutes catégories prolifèrent sur les écrans, la qualité est le résultat d’un processus et de l’ensemble des facteurs qui le composent.

Il apparaît donc nécessaire, pour l’OIF et ses partenaires, de soutenir et encourager le développement des contenus francophones dans le contexte du numérique. Pour faire suite à cette recommandation de la conférence de Montréal, il a été intégré dans la programmation 2015-2018 de l’OIF un volet d’accompagnement de l’innovation dans les médias dans le programme intitulé « Intégrer le numérique dans toutes les actions de coopération ». Le secteur des médias est donc identifié comme « un des domaines dans lesquels l’OIF doit muscler son offre d’intégration des TIC dans ses programmes…

Pourquoi la priorité aux jeunes ?

C’est dans cette perspective que ce concours est organisé. Pour le représentant de l’OIF, Emmanuel Adjovi, le but de l’événement est de donner la priorité à la jeunesse. Et le domaine dans lequel les jeunes peuvent s’exprimer le mieux actuellement, c’est le numérique. « Voilà pourquoi, nous avons estimé qu’il est important d’accompagner les jeunes dans le renforcement de leurs capacités pour relever le défi du numérique, ce qui a conduit à la mise en place du Hackathon. Nous avons choisi le domaine des médias parce qu’il est celui de la production des contenus, qui constituent un vecteur culturel répondant en même temps aux préoccupations de la Francophonie », fait-il remarquer.

Plusieurs organisations ont aidé à l’organisation de la 4è édition du Hackathon spécial média ou Médiathon de Kinshasa, en tant que partenaires de l’événement. Parmi lesquels la SCPT, l’opérateur réseau de téléphonie mobile Africell, le PNUD, LN Communication, la Fondation Getler, l’ambassade du Canada et Habari RDC.