La SOCIR à l’heure du recadrage

Le président du Conseil d’administration vient de dévoiler un plan d’actions visant, entre autres, l’amélioration des conditions sociales de travailleurs et la révision à la hausse des performances économiques de cette entreprise.

 

Immeuble abritant le siège de la SOCIR. (Photo BEF)

Immeuble abritant le siège de la SOCIR. (Photo BEF)

Relancer les activités de la Société congolaise des industries de raffinage (SOCIR) passe prioritairement par la qualité de la main-d’œuvre. Selon, Théodore Nana Mungiele, le président du Conseil d’administration, il est question de l’amélioration la prise en charge des soins médicaux des agents, de la mise en place de la nouvelle classification des emplois, le relèvement du colis de fin d’année ( la quantité de vivres offerts aux agents a été doublée sans discrimination), la réouverture de la restauration avec repas consistant pendant la journée pour tous les travailleurs et l’amélioration des avantages sociaux accordés, notamment la gratuité de logement dans les camps SOCIR. L’entreprise se veut également moderne. Pour ce faire, une nouvelle équipe dispose désormais d’une stratégie de communication pour sensibiliser les autorités, les utilisateurs des services de la société et les autres partenaires. Malgré la baisse générale d’activités observées durant les premiers mois de l’année 2012, elle a réalisé un volume de produits pétroliers à transporter qui se situe autour de 437 950 tonnes métriques, un niveau supérieur par rapport à l’objectif fixé dans la structure des prix, se réjouit-on au 10ème niveau de l’immeuble BCDC, siège de l’entreprise. Tout en indiquant au passage que le pays n’a pas connu de rupture d’approvisionnement en produit pétrolier, Théodore Nana Mungiele a rassuré que les unités de production font l’objet de la maintenance et d’un entretien régulier.

L’état financier

Les finances qui jusque là constituaient le point névralgique de l’entreprise, sont maîtrisées, à l’en croire. Les chiffres fournis par l’auditeur Price Water House démontrent que la SOCIR a réalisé, fin 2013, un bénéfice avant impôt autour d’un million de dollars, grâce à un effort d’assainissement dans la gestion. C’est un résultat qui l’a permise d’absorber les pertes antérieures.

Malgré la baisse générale d’activités observées durant les premiers mois de l’année 2012, la SOCIR a réalisée un volume de produits pétroliers à transporter qui se situe autour de 437.950 tonnes métriques .

 

Si au niveau du personnel, la SOCIR veut relever le défi, du côté production, elle semble avoir du plomb dans l’aile. Dans la nouvelle structure des prix de produits pétroliers, publiée le 11 juillet, cette société bénéficie d’une ligne de plus de 2 millions de dollars par mois. Ce montant est versé à l’entreprise pour des services rendus, précisément dans le transport des produits pétroliers de Banana à Ango-Ango (Bas-Congo), l’alésage des tankers et le stockage dans les installations. En l’espace de vingt ans, le montant payé à la SOCIR a doublé. Pourtant, la raffinerie de la société est à l’arrêt, depuis 1994, apprend-t-on. Plusieurs projets de réhabilitation et de modernisation des installations de l’entreprise ont été initiés et attendent un financement pour leur matérialisation. Il s’agit notamment de la réhabilitation de la raffinerie (16 millions de dollars), l’implantation d’une unité de production de bitume (14 millions de dollars) et d’une unité de conversion secondaire (65 millions de dollars), pour un montant global de 95 millions de dollars. A en croire un expert pétrolier, en l’espace de vingt ans, et avec un peu plus d’organisation, la SOCIR pouvait faire face à un investissement de cette ampleur pour qu’elle retrouve sa place dans le cycle d’approvisionnement du pays en produits pétroliers et dans le développement de l’industrie pétrochimique nationale. C’est le vœu exprimé par le gouvernement congolais, soucieux de la relance des activités de cette entreprise d’économie mixte. Des membres du gouvernement parmi lesquels le ministre de l’Economie et Commerce et celui des Hydrocarbures ont effectué plusieurs déplacements à Muanda, dans le Bas-Congo, pour faire le diagnostic de la situation de l’entreprise. Ils considèrent que les grandes unités économiques en arrêt d’activité devraient bénéficier d’une attention particulière. Cela, par rapport à leur importance stratégique et leur capacité de contribution, à l’accélération de la croissance économique et aussi dans la création de l’emploi en RDC. La proposition devra aller dans le sens d’une diversification d’activités qui n’entraînerait pas une modification de l’objet social de la SOCIR, qui est actuellement le raffinage du pétrole brut et l’exploitation des produits dérivés. Dans ce dernier domaine, elle est appelée à produire des bitumes, des produits gazeux (azote liquide et gazeuse, oxygène, acétylène, oxyde nitreux), fabriquer des fûts pour les carburants, autres produits liquides, des bitumes et autres.

Info Box

  • L’activité de raffinage du pétrole brut au pays est actuellement exercée par la SOCIR, une société née des cendres de la société Congolo-italienne de raffinage de Muanda. Cette dernière avait été créée par la convention du 19 janvier 1963, signée entre l’Etat congolais et l’Ente Nazionale Idrocarburi (ENI). Société par actions à responsabilité limitée de droit congolais, la SOCIR était dotée d’une participation paritaire de 50 % entre l’Etat et l’ANIC Spa, une filiale de l’ENI. La durée de la convention était de trente ans.
  • Après le retrait des Italiens, l’actionnariat de la société a connu de fortunes diverses. Plusieurs prétendants se sont succédés Extrade Oil, filiale de X-Oil et Glencore sont parmi les plus cités. La valeur de la raffinerie a souvent été minorée et les actions rachetées à vil prix.