Le gouvernement camerounais gèle les prix de la bière

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Le ministre camerounais du Commerce a décidé dans un communiqué de presse, de geler « jusqu’à nouvel ordre », les prix des bouteilles bières dans les débits de boisson, plaçant les brasseurs dans une situation incertaine alors que dès le 15 janvier 2015 prochain, ces opérateurs, parmi lesquels on retrouve la Société anonyme des brasseries du Cameroun, la filiale locale du groupe britannique Diageo et un brasseur local (Union camerounaise des brasseries) devront établir leurs déclarations aux impôts.

« Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a l’honneur d’appeler l’attention des grossistes et des tenanciers des débits de boisson que jusqu’à nouvel avis, les prix des bières et boissons alcoolisées demeurent inchangés. Il les met en conséquence en demeure contre toute tentative de dissimulation ou de constitution de stocks spéculatifs à des fins de renchérissement des prix », peut-on lire dans le communiqué ministériel qui prévient aussi de la fermeté du gouvernement face aux contrevenants.

La sortie du ministre en charge du commerce fait suite à celle de Ligue des consommateurs qui s’était insurgée contre la hausse des prix. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples. Sur la base de la loi de finance 2015, l’administration fiscale devra désormais prélever 143 FCFA sur le litre de bière contre seulement 110 francs CFA précédemment.

Ainsi, durant la période des fêtes de fin d’année, certains tenanciers de débits et de dépôts de boisson ont refusé de vendre leurs stocks, afin de les écouler sous le régime des prix affectés des droits d’accise revalorisé, misant ainsi sur un surplus de marge. La quantité des stocks concernés n’a pas été évaluée, mais perçu sur cet angle, l’intervention du ministre s’avère justifiée, dans la mesure où il préserve l’équilibre des transactions.

Cependant, l’idée de geler définitivement les prix de la bière semble moins réaliste selon certains experts, car de leur point de vue, cela serait contraire à la nature même du droit d’accise, qui est une taxe dans laquelle revendeurs et producteurs ne sont que des intermédiaires entre le consommateur, véritable redevable de cette taxe, et l’administration fiscale. En faire supporter la charge aux brasseurs ne serait, toujours de leurs avis, pas conforme à la législation applicable à cette taxe.

La situation soulève donc des incompréhensions chez les consommateurs, mais aussi des interrogations sur le niveau de collaboration entre les ministères du commerce et des finances dans cette affaire. Les brasseurs vont plus loin et demandent la suppression pure et simple de la mesure consacrant la hausse des droits d’accises, redoutant «un effondrement du marché» en  2015.

Des trois brasseurs concernés, seule la SABC, filiale du groupe Castel associée au groupe Heineken, est cotée sur le compartiment alternatif de la bourse de Paris (avec un flottant en bourse de1 millions de titres). Sur ce marché financier, son titre a bondi de 2,61% au cours de la journée du 6 janvier 2015, mais dans un volume insignifiant de moins de 10 titres échangés. Il faut rappeler tout de même que sur les 6 derniers mois, l’action SABC a perdu 23,4%.