Le prix revu à la hausse par le gouvernement

La semaine dernière, la charge horaire des stations services a été perturbée. Les pétroliers  étaient en train de geler le stock en prévision d’un réajustement du prix de la part du gouvernement. Chose qui a été faite.

 

Une station service à Kinshasa. (Photo BEF)

Une station service à Kinshasa. (Photo BEF)

De nombreuses stations services à Kinshasa avaient fermé plus tôt que d’habitude le jeudi 10 juillet dernier. Il était 21 heures 40’ à la station publique de Cohydro, située entre les boulevards Sendwe et Lumumba. Les pompistes débordés par les clients, se lamentent d’avoir dépassé de 40 minutes, l’heure prévue pour l’arrêt de la vente. Joint par ses agents, le gérant de la station aurait intimé l’ordre d’arrêter la vente sans trop prendre des dispositions pour éviter toutes les perturbations, notamment celle du transport. Le même soir, des kinois ont difficilement trouvé une place à bord des véhicules de transport en commun. Certains se sont résolus de rejoindre à pieds leurs domiciles. « Le transport est d’habitude difficile aux heures de pointe. Mais ce soir, la situation est beaucoup plus compliquée. Les stations services ont fermé plus tôt et les conducteurs craignent la hausse de prix », a expliqué un passant croisé à la place commerciale Kintambo-Magasin. Dans la matinée de vendredi, peu de stations ont vendu, occasionnant de longues files d’attente dans les pompes qui ont ouvert un peu plus tôt.

Le samedi 12 juillet, le gouvernement s’est finalement prononcé. Dans un arrêté publié le même jour, le ministre de l’Economie et Commerce, Jean-Paul Nemoyato a rendu public un nouveau tarif, revu à la hausse.

Il fallait réviser  la structure des prix, mais le Premier ministre avait demandé qu’on gèle jusqu’au mois de juin. Nous sommes au mois de juillet, nous avons enregistré des pertes qui dépassent l’ordre de 5 millions de dollars.

Opérateur pétrolier

Le prix du carburant à la pompe est passé de 1 400 francs (1,5 dollars) à 1. 475 francs (1,6 dollar) dans la partie Ouest du pays et de 1 525 francs (1, 65 dollars) à 1 590 francs (1,72 dollars) dans sa partie Est. Avant l’annonce de cette tarification, les pétroliers privés se plaignaient d’appliquer un prix qui ne favorisait pas leurs affaires. Le prix moyen frontière, l’un des paramètres intervenant dans la fixation du prix des produits pétroliers avait connu, depuis février, une augmentation d’environ 6%. « Depuis le mois de février, nous sommes en train de geler les prix. Le tarif actuel n’est pas celui qui devait être appliqué à la pompe. Il fallait réviser la structure des prix. Mais le premier ministre avait demandé qu’on gèle jusqu’au mois de juin », a déclaré un pétrolier privé. Selon lui, le délai qui a été donné par le Premier ministre est dépassé, c’est ainsi qu’ils ont voulu rationaliser le prix.

Au ministère de l’Economie, cette hausse se justifie par des facteurs exogènes, notamment la fermeture des grandes raffineries internationales pendant près de 2 mois, en novembre 2013, et la situation sécuritaire au Proche Orient qui a créé une rareté sur le marché international.

Cela a occasionné une hausse de plus de 14% du prix moyen frontière. Cette augmentation du tarif n’aura aucun impact sur le prix du transport, rassure le gouvernement, par le biais du ministère de l’Economie et Commerce.

    Evolution du marché international du pétrole

  • La production mondiale du liquide énergétique, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avait augmenté de 1,05 millions de barils par jour pendant l’année 2011, atteignant 88.48 millions de barils par jour contre 87.43 millions de barils en 2010. Cet accroissement de la production mondiale de 1,2% est une conséquence de la hausse de 0,9 % de la demande mondiale, laquelle a atteint 89.10 millions de barils par jour.
    Cette hausse se justifiait, à l’époque, par la demande pressante des économies émergentes, essentiellement en Asie-pacifique ; à l’incertitude due aux tensions géopolitiques (Lybie, Egypte, le Printemps Arabe, Iran, Venezuela, Irak, Nigéria,…) ainsi qu’aux menaces et autres décisions de nationalisation du secteur pétrolier (Venezuela, Equateur, Bolivie, Algérie, Russie…). En Afrique, les premières places, en 2011, étaient occupées, comme en 2010, par le Nigeria (2.18 millions barils par jour), l’Angola (1.64 millions barils par jour), et l’Algérie (1.28 millions barils jour). Seule la Libye a vu sa production sensiblement chuté de 1.55 à 0.46 millions barils par jour, à cause des changements qui y sont intervenus, sur le plan politique.