Le projet du budget 2014 analysé par deux experts

Palais du peuple, siège du Parlement de la République démocratique du Congo, (photo BEF)

Palais du peuple, siège du Parlement de la République démocratique du Congo, (photo BEF)

Le projet du budget 2014 a été déclaré recevable par la majorité des députés nationaux après les réponses du Premier ministre aux différentes préoccupations des élus du peuple. Le document a été ensuite envoyé à la commission économico-financière de l’Assemblée nationale pour un examen approfondi. Mais en dehors de l’hémicycle du Palais du peuple est débat se poursuit autour de ce projet de loi des finances, exercice 2014. C’est le cas de ces deux experts interrogés par Business et Finances. André-Sitty Mulumba, Chef des travaux et doctorant à la Faculté de l’Economie de l’Université de Kinshasa affirme que ce projet du budget ne représente pas grand-chose par rapport aux besoins de la RDC. « Je ne s’explique pas que le gouvernement qui est dirigé par un Premier ministre Matata Ponyo, qui est un économiste averti et de grande valeur puisse présenter un tel budget devant la représentation nationale » s’interroge-t-il. André-Sitty Mulumba rappelle qu’après la tenue en 2013 du séminaire organisé par le gouvernement sur le coulage des recettes publiques, un état des lieux a été dressé par rapport à la problématique, les causes ont été identifiées. Parmi ces causes, indique-t-il, il y a la corruption, la fraude fiscale et le détournement des deniers publics. Ce sont ces maux qui sont à la base de la faible mobilisation des recettes pour le compte du trésor public.

Des experts venus de toutes les provinces ont formulé des recommandations pertinentes pour arrêter l’hémorragie financière. Mais le chef des travaux à la Faculté de l’Economie ne comprend pas que « ces recommandations n’aient pas été prises en compte par le gouvernement afin de mettre en place des mécanismes pour maximiser davantage les ressources dont l’Etat a besoin pour financer l’économie ». En plus André-Sitty Mulumba relève un contraste entre la croissance économique qui est largement positive et le niveau de pauvreté de la population. Alors que pour lui, la croissance est synonyme de création des richesses. Des richesses qui doivent s’exprimer en termes de budget de l’Etat. « Malgré un taux de croissance de 8,3%, le budget reste stationnaire, entant qu’économiste, je ne comprends pas », souligne-t-il. Avant de déplorer le faible pourcentage réservé dans le projet du budget 2014 à certains secteurs dont les infrastructures près de 3%, l’industrie plus ou moins 2%, l’éducation environ 8% et l’agriculture. André-Sitty Mulumba est d’avis qu’on a sous-estimé les recettes que devrait générer le service d’assiettes.

Même constat du côté de l’Opposition Scientifique

Analyse similaire du côté de l’Opposition Scientifique. Son Vice-président parle d’un budget de « statu quo ». Pour Me José-Claude Bakula, « le projet du budget devait être le reflet ou l’expression de la recherche de la cohésion nationale en tenant compte de toutes les préoccupations du peuple et de certaines exigences pour le bon fonctionnement de l’Etat, mais le gouvernement ne semble pas avoir pris en compte cette réalité ». Il regrette aussi que l’Exécutif national n’ait pas considéré les recommandations issues des concertations nationales. Des recommandations du reste approuvées par le Président de la République lors de son discours sanctionnant la fin officielle des assises nationales devant les deux chambres du parlement réunies en congrès. Parmi les solutions proposées pour permettre à la RDC d’accroitre son budget, les deux experts proposent d’investir dans les secteurs porteurs de croissance telle l’agriculture et la forte mobilisation des recettes de l’Etat. Pour y parvenir, André-Sitty Mulumba et Me José-Claude Bakula soutiennent qu’il faut combattre les antivaleurs dont la corruption, la concussion, la fraude, le clientélisme et la mauvaise gouvernance. Car, martèlent-ils, la RDC mérite plus que ce projet du budget évalué à près de 8 milliards de dollars américains. Alors que les autres pays limitrophes sont pour la plupart au-delà de 10 milliards de dollars américains. Ils espèrent que le parlement entant qu’autorité budgétaire à travers ses commissions économico-financières mettra toutes les batteries en marche pour dégager des ressources additionnelles dont le pays a besoin pour faire face à ses multiples charges.