Les économies familiales à rude épreuve

Le coût de la scolarité des enfants pèse davantage dans les maigres budgets des parents. Les rubriques concernées sont, chaque année, revues à la hausse par les responsables des écoles conventionnées et les promoteurs des établissements privés. Le pouvoir public n’est pas encore parvenu à réguler le secteur, en prenant la réelle mesure de ses exigences financières, qui sont, souvent, justifiées par la quête d’une amélioration de la qualité de l’enseignement.

Les frais scolaires pèsent lourds dans les maigres budgets des parents. (Photo Radio Okapi)

Les frais scolaires pèsent lourds dans les maigres budgets des parents. (Photo Radio Okapi)

Les traditionnels « billets des vacances », adressés aux parents à la clôture de l’année scolaire, ont déjà montré que chaque établissement scolaire développait des rubriques financières, selon des spécificités intrinsèques. Depuis quelques années, ces documents renseignent que les parents doivent débourser, à chaque exercice, des montants plus élevés. Les « grandes écoles », aussi bien celles relevant des coordinations conventionnées que du secteur privé, ont dépassé le seuil de l’équivalant, en francs congolais, de 150 dollars par trimestre. En cette rentrée scolaire 2014-2015, certains établissements scolaires atteignent les cimes de 300 dollars, à débourser trimestriellement. Toutes ces écoles avancent le même argument : la nécessité de parvenir à un enseignement de qualité. Au regard du revenu mensuel de la majorité des responsables de ménages congolais, il devient de plus en plus clair que cette « qualité » ne sera accessible qu’à une minorité de familles. Le gouvernement a décrété une gratuité, dans les écoles publiques, particulièrement pour les enfants âgés de 6 à 7 ans. Le niveau des frais engagés par les parents, pour se procurer les uniformes, les objets classiques, et s’assurer du transport et d’une casse-croute de leurs enfants, a vite jeté, dans les oubliettes, cette mesure prise par l’exécutif national.

La gestion des obligations relatives à la rentrée scolaire demeure un casse-tête. C’est une réalité qui ne corrobore pas les dernières prises de position des membres de gouvernement. Ils ont déclaré, ces derniers mois, que le seul objectif du millénaire pour le développement (OMD), pouvant être atteint par la République démocratique du Congo, est justement celui d’ « assurer l’éducation primaire pour tous », en donnant, « à tous les enfants, d’ici 2015, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ». Des résultats encourageants ont été aussi enregistrés dans ce secteur, à la fin de l’année 2013, par des partenaires au développement, dont le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Il n’en demeure pas moins que le système éducatif national évolue à plusieurs vitesses.

Selon les statistiques du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (Epsp), depuis 2008, plus de cinq millions d’enfants congolais sont inscrits, chaque année, dans les écoles maternelles, primaires, secondaires et professionnelles du pays. Au bout de la chaîne, c’est-à-dire, à la fin du cycle secondaire, un nombre restreint parvient à décrocher le diplôme d’Etat. Pour l’année 2013-2014, par exemple, sur un total de 613.279 participants à cette épreuve (396.185 garçons et 217.008 filles), il y a eu 336.864 réussites, soit 54 %. Il faut, par ailleurs, prendre en compte le régime de gestion des écoles présentes dans les onze provinces du pays. Sur cet aspect, le secteur privé s’adjuge 66,5 % du total des établissements scolaires.

Le gouvernement s’est engagé, dans son Programme d’action 2012-2016, « à contribuer à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté, en mettant en place un système d’enseignement primaire, secondaire et technique inclusif et de qualité, tout en offrant les mêmes opportunités aux jeunes filles et garçons », qui devaient évoluer « dans des infrastructures appropriées et avec des enseignants bien formés et recyclés ». En 2015, les évaluations internationales, qui seront conduites dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et des principes de la campagne mondiale « Education pour tous » (EPT), ne pourront pas constater une atteinte de différents engagements pris par le pays.

 

INFO BOX

  • Les efforts d’accès à l’enseignement pour tous, en Rdc, devaient faciliter de :
  • généraliser, dans toutes les provinces, la mesure portant suppression de paiement des frais scolaires, au niveau primaire ;
  • accroître le ratio « dépenses publiques d’éducation sur le PIB», de 3 %, en 2010, à 7 %, en 2016 ;
  • porter le taux brut de scolarisation, dans le primaire, à 110 %, à l’horizon 2016 ;
  • améliorer le taux d’achèvement du primaire, en le portant à 75 %, d’ici 2016 ;
  • porter la proportion des filles, dans les effectifs du primaires, à 50 % ;
  • réduire le taux d’analphabétisme à moins de 10 %, pour les hommes et les femmes, à l’horizon 2016.