Les peuples autochtones refusent de disparaître

Ils sont en grande majorité pauvres et constituent environ 5% de la population mondiale. En RDC, ils sont à la recherche d’une intégration complète dans la vie nationale. 

Une famille de pygmées dans un centre des refugiés de Dongo. (Photo Radio Okapi)

Une famille de pygmées dans un centre des refugiés de Dongo. (Photo Radio Okapi)

Pygmée Twa et Lundas, peuples autochtones vivant en RDC, refusent de disparaître. Ils l’ont démontré à l’occasion de la journée internationale des peuples autochtones célébrée le 9 août dernier. Regroupés dans la Dynamique du groupe des peuples autochtones (DGPA), ils ont, enfin, trouvé un créneau pour faire entendre leurs revendications. Une caravane motorisée a quitté la place commerciale de Limete, pour chuter sur le boulevard Triomphal où des manifestations étaient organisées, notamment un concert musical livré par l’artiste musicien, Werrason. Les kinois ont aperçu, des peuples autre que les bantous ou nilotique marcher sur les artères de la capitale, en grand nombre. Dans leur mémo, ces autochtones de la RDC chargent les parlementaires d’adopter, lors de la prochaine session, le projet de loi portant principes fondamentaux relatifs aux droits des peuples autochtones pygmées de la RDC. Ensemble, ils sont décidés de mener un plaidoyer fort jusqu’à sa promulgation. Pour eux, la sauvegarde de leurs intérêts légitimes passe avant tout. Longtemps marginalisés, ils veulent voir, cette fois, les autorités du pays s’engager à promouvoir leur cause.

Quelques personnes pygmées contactées sur place avouent en avoir marre d’être pourchassées comme des gibiers. Au Katanga, des populations autochtones ont été victimes d’actes de barbarie perpétrés par un groupe de jeunes bantous, qui a brûlé plusieurs cases et provoqué la fuite de plus de 800 pygmées réfugiés à Kabalo centre. Pour eux, les injustices perdurent. Depuis la colonisation, le droit au développement leur est longtemps refusé par d’autres peuples qui ravissent leurs terres, leurs territoires et leurs ressources. Incapable de contrôler eux-mêmes leur mode de vie, les peuples autochtones vivent l’oppression et la discrimination. Les pygmées et autres Twa observent, impuissants, l’extinction des langues autochtones et d’une culture longtemps menacée.

Engagement des pouvoirs publics

Pour montrer sa solidarité, le ministère des Affaires sociales, solidarité nationale et Actions humanitaires a profité de l’occasion pour mobiliser les « médias autochtones », canaux, selon lui, pouvant permettre aux Peuples autochtones d’accéder à l’information et au développement intégral. Un cadre permanent interministériel a été mis en place avec le Réseau des peuples autochtones pour la gestion des écosystèmes forestiers (REPALEF), en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF). Le coordonnateur du REPALEF, Joseph Itongwa, veut asseoir les prescrits de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Dans le secteur de la santé, la femme pygmée est loin d’accéder aux infrastructures sanitaires. Les statistiques de l’ONU indiquent que les peuples autochtones constituent le tiers de la population pauvre du monde. D’après des spécialistes, le mode de vie des peuples autochtones ne permettent pas d’acquérir des moyens financiers. Cette population n’a aucun poids économique, capable d’engendrer un développement durable.

L’analphabétisme et le chômage constituent des obstacles majeurs à l’émergence de ce peuple, qui compte environ 370 millions de personnes, soit 5% de la population mondiale occupant, à ce jour, 20% des terres de la planète. Pour maintenir cette richesse de la mosaïque culturelle du pays, il s’avère urgent de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de cette population. C’est ainsi que le ministre de la Santé a lancé une campagne de sensibilisation sur les gestes qui sauvent les femmes enceintes, surtout chez les autochtones. L’objectif vise deux régions du pays où la densité de la population autochtone est très élevée, notamment dans le Bandundu et la Province Orientale.

Décrétée pour la première fois par l’Assemblée générale en décembre 1994, la Journée internationale des peuples autochtones est célébrée le 9 août de chaque année. Elle vise à faire reconnaître le droit des peuples autochtones à leurs terres et à établir un cadre de vie pour tous, favorisant ainsi des échanges économiques entre différents peuples souverains. Le respect de l’amitié, de la coopération et de la paix est un des grands principes.

Les peuples autochtones sont aussi appelés peuples indigènes ou encore « population aborigène ». La plupart sont des descendants des personnes d’une région géographique à l’époque. Ils représentent, environ, 370 millions de personnes dans le monde, dont 70 % en Asie.