L’impossible cohabitation entre direction et syndicat retarde les réformes

Des vagons de train, à la Gare centrale de Kinshasa.

Des vagons de train, à la Gare centrale de Kinshasa.

Il sévit un climat malsain au sein de la Société Nationale de Chemin de fer du Congo : arrestations, grèves, manifestations de colère,…La contradiction dans la vision de gérer cette entreprise est totale. Pour la direction, la situation  sociale est sous contrôle, d’après les images distillées dans les médias. C’est une SNCC plutôt active avec des mouvements plus ou moins réguliers des trains dans certains coins du Katanga. Les gestionnaires se vantent  de payer les salaires réguliers depuis 5 mois, se référant au respect des accords conclus avec la délégation syndicale en juillet 2013. La même qui, à travers des meetings, les grèves et autres manifestations de droit, veut montrer l’image d’une entreprise mal en point avec un climat social délétère, des salaires peu et/ou mal payés, des arrestations qualifiées d’arbitraires. Dans la foulée, un nouvel administrateur vient d’être nommé avec comme objectif de relancer l’entreprise grâce à l’acquisition tout récemment d’un lot important de 200 Tonnes de rails pour moderniser tout le réseau ferroviaire. Ce lot vient renforcer la précédente acquisition de 15 locomotives.

En dépit de ces images riches en couleur, les agents se disent préoccupés par la situation du président de leur délégation syndicale, Victor Umba, dont ils sont sans nouvelles depuis plus d’un mois. Ce dernier avait été arrêté puis transféré à Kinshasa, jusqu’à ce jour sans suite. Ils déplorent aussi les arrestations qui s’opèrent parmi les cheminots grévistes. Au sein de l’entreprise, les grévistes sont considérés comme déserteurs. Sous le prétexte de rétablir l’ordre et protéger ce patrimoine, les éléments de la police d’intervention rapide accompagnés par ceux de la police militaire avaient lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser les manifestants.

Un nouvel ADG, le professeur Ilunga Ilunkamba, des nouveaux défis

La venue du nouveau gestionnaire de la SNCC semble être perçue comme un signe de changement de politique de l’autorité publique dans la prise en compte du social des travailleurs sans lesquels, aucune restructuration ne saurait aboutir. Tout le monde reconnait la lourde tâche que doit assumer cet ancien secrétaire exécutif du Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat (Copirep). Ici, la vétusté et le manque d’outil de travail sont des véritables épines dans les pieds. A cela, il faut ajouter les arriérés de près de 80 mois de salaires pour les agents dont certains ont déjà eu à affronter le aux irréaliste de 500 Francs pour 1$, pendant que le taux officiel est de 920 francs. Ce qui réduit considérablement leur pouvoir d’achat. Et la  grogne persiste chez les agents qui n’avaient pas bénéficié des maisons distribuées par la SNCC. C’était pour la plupart des retraités et agents actifs en guise de compensation des rentes et arriérés de salaires. Tous ces faits expliquent ces grèves à répétition des cheminots. A l’heure actuelle, certains agents observent un  mouvement de grève depuis plusieurs mois, alors que d’autres continuent à travailler.