Portefeuille pays de la BAD : Yav Mulang donne des orientations

Les documents des stratégies pays (DSCRP 2013-2018) et la performance du portefeuille de la BAD en RDC ont été passés en revue. Pour le ministre des Finances, il faudra créer une synergie des projets dans une même zone d’intervention autour du secteur porteur de diversification économique.

L’OBJECTIF est de rendre la croissance du pays plus inclusive. Le but de la revue d’achèvement DSCRP 2013-2018 et de la performance du portefeuille 2018 a été de « tirer des enseignements sur la mise en œuvre de la coopération entre la Banque africaine de développement (BAD) et la RDC et de formuler  des recommandations en vue d’améliorer la bonne exécution des opérations en cours et la qualité des interventions futures de cette institution financière ». 

Dans son propos à l’intention des participants à cette revue, Henri Yang Mulang, le ministre des Finances, a insisté sur le fait que les opérations doivent s’appuyer sur le secteur de l’agriculture, l’agro-industrie, mais aussi sur les infrastructures de base, notamment les routes, les ports, les aéroports, l’eau et l’énergie ainsi que sur le développement du secteur privé, surtout de la PME.  Selon le ministre des Finances qui est également gouverneur pays auprès de la BAD, les interventions en RDC ont permis d’atteindre les objectifs assignés. Pour sa part, Sylvain Maliko, représentant de la BAD en RDC, a insisté sur « les faiblesses observées au niveau des cellules d’exécution des projets qui devraient être corrigées », notamment l’absence de dialogue entre les cellules d’exécution des projets et la BAD. L’année dernière, a-t-il rappelé, la BAD a évoqué « la nécessité de signer des contrats de performance avec les cellules d’exécution des projets » en vue de lui permettre d’accompagner ces dernières, pour que les performances soient à la hauteur des attentes partagées entre la BAD et la RDC.

PEJAB et PAGASE

Pour rappel, en mars 2017, la BAD et la RDC ont signé deux accords de financement du Projet sur l’entreprenariat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) et du Projet d’appui à la gouvernance et à l’amélioration du secteur électrique (PAGASE). 

À cette occasion, le ministre des Finances, en sa qualité de responsable du partenariat financier, attirait l’attention des équipes de mise en œuvre des projets sur « la nécessité de respecter les directives en matière de décaissement et d’éviter les dépenses inéligibles ». Pour ce faire, Henri Yav invitait lesdites équipes à travailler avec la CSPP à l’effet d’élaborer un plan de travail et un budget annuel, un plan de passation des marchés et un tableau prévisionnel des décaissements.

Le PEJAB, financé à 60 millions de dollars, vise la création par les jeunes diplômés de 2 000 agro-entreprises pouvant générer 10 000 emplois des jeunes. Ce projet qui vise l’accroissement de la production des produits vivriers et pérennes, va lutter contre le chômage (clôture du projet en décembre 2022). Tandis que le PAGASE (104 millions de dollars) finance la réhabilitation du Groupe 6 d’Inga I, l’extension de la centrale hydroélectrique du Lungudi, l’acquisition et l’installation d’un système de comptage des postes haute et moyenne tensions de Kinshasa. 

Henri Yav Mulang s’était engagé au nom du gouvernement à mettre tout en œuvre pour la matérialisation de ces deux projets. Le financement du PEJAB s’appuie sur l’instrument « prêt » accordé aux conditions standards avec une maturité de 30 ans et incluant 10 ans de période de grâce et assorti d’un taux d’intérêt de 2 % par an entre les onzième et vingtième années et de 4 % par la suite. Les raisons qui ont milité pour l’octroi du prêt s’appuyaient sur les « résultats satisfaisants du cadre macroéconomique » enregistrés au cours de dernières années ainsi que la soutenabilité de la dette.

Le PEJABE revêt un caractère transversal dans ce sens qu’il appelle plusieurs acteurs en présence. Dans cette perspective, il réalisera six plans de développement pour six filières porteuses et des études spécifiques sur les opportunités de création d’affaires dans les chaînes de valeurs agricoles. En outre, il est prévu que le projet mette en place un fonds à risques partagés, un fonds de bonification et des taux d’intérêt et un fonds pour couvrir les risques liés aux aléas.