RDC : au plus lointain d’une société de l’information

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont du mal à gagner leur place dans un pays où le taux d’accès à l’Internet est l’un des plus faibles au monde.

La RDC accuse un retard criant dans la gouvernance électronique, par rapport aux autres pays de sa région. (DR)

La RDC accuse un retard criant dans la gouvernance électronique, par rapport aux autres pays de sa région. (DR)

Avec près de 100.000 abonnés Internet, concentrés essentiellement à Kinshasa et dans les principales villes du pays, le plein accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication est encore loin d’être une réalité en RDC. Lors de sa dernière visite à Kinshasa, le Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications a, certes, apprécié le déploiement de la large bande dans la partie Ouest de la RDC, mais sur le terrain, l’indice de développement des NTIC reste très faible. En dépit de l’installation de la fibre optique (Muanda-Kinshasa) et du circuit métropolitain dans la capitale, les tarifs d’accès restent très élevés et les bandes passantes fortement limitées. Les infrastructures en connexion haut débit, n’ont pas encore couvert toute l’étendue de la République. C’est à peine que la Corée du Sud vient de doter le gouvernement congolais d’un réseau intranet capable de relier, dans un premier temps, plus de sept ministères.

La RDC compte près de 20 fournisseurs d’accès Internet reconnus, 47.590 utilisateurs d’Internet bande passante et 1500 usagers d’Internet haut débit, soit moins d’un utilisateur sur 100 habitants.

Il est difficile, à ce stade, de partager le satisfecit de Hamadoun Touré et de Kin-Kiey Mulumba, ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans une politique d’accès à haut débit, à l’horizon 2020. De nombreux réseaux indépendants continuent à se brancher sur des connexions par satellite des fournisseurs internationaux, faute d’implantation rapide de la fibre optique. Les NTIC, en tant que vaste ensemble de technologies de traitement et de transmission de l’information à travers des réseaux informatiques, font plutôt irruption dans la vie quotidienne de la téléphonie mobile, avec une moyenne de 16 lignes téléphoniques pour 100 habitants. Du point de vue des télécommunications, le niveau de pénétration est relativement faible, par rapport à d’autres pays de développement équivalant. Certains pays de la zone Afrique atteignent souvent 30 à 40 lignes pour 100 habitants, selon un rapport de l’UIT. En plus, les réseaux, en RDC, sont concentrés sur deux grands axes : le Sud-ouest (Kinshasa-Mbujimayi-Lubumbashi) et l’Est (Bunia-Goma-Bukavu), endroits à forte densité de la population et des marchés. Les populations rurales qui représentent 75% de l’audience globale n’ont qu’un accès limité aux services de télécommunications.

Des indices toujours inférieurs 

En tant que facteurs déterminants pour le développement rapide des modèles économiques et sociaux, l’évolution des NTIC rencontre des difficultés en RDC. Dans la plupart de cas, les administrations et entreprises congolaises privilégient, jusqu’à ce jour, le traitement manuel de dossier. Cette technique traditionnelle consacre la lenteur, la facilité dans la falsification des données, la conservation incertaine des archives, la difficulté de consultation des dossiers, la perte de temps, le manque des statistiques fiables, la difficulté de transmission et de communication de l’information interinstitutionnelle. C’est un retard criant de la gouvernance électronique par rapport aux autres pays de la région.

Les spécialistes en NTIC sont d’avis que le processus de construction d’une société congolaise de l’information a difficile à décoller, d’après les indicateurs comparatifs fixés par l’Union internationale des télécommunications et les Nations Unies. Pour eux, le positionnement d’un pays dépend des indices de base de la société de l’information, de développement de l’UIT et de gouvernance électronique.

Selon le document de stratégies de développement des TIC en RDC, le pays compte près de 20 fournisseurs d’accès Internet reconnus, 47.590 utilisateurs d’Internet bande passante et 1500 usagers d’Internet haut débit, soit moins d’un utilisateur sur 100 habitants. Aussi, moins d’un ménage (0,3%) possède l’ordinateur et la proportion d’accès à l’internet est encore inférieure (0,2%). Au niveau des cybers café, Kinshasa et d’autres grandes villes n’en possèdent qu’une centaine. Selon l’UIT, cet indice est passé de 0,92 à 0,95, en cinq ans. Une amélioration très lente place le pays à la 151ème place sur 154. En ce qui concerne l’indice du développement de la gouvernance électronique, le « website » est à 0,070, pour une moyenne régionale de 0,1111, et les infrastructures avec 0,0100, pour une moyenne en Afrique de 0,0333. La RDC est ainsi classée à la 162ème place sur 192 pays. Ce faible niveau est expliqué par les experts en NTIC comme découlant du fait que le gouvernement congolais utilise peu ou pas les technologies de l’information et de la communication, pour améliorer l’offre de services publics, au niveau tant national qu’interministériel.