RDC : la jeunesse davantage désœuvrée

L’appel de Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU pour investir dans la jeunesse, ne semble pas avoir eu d’échos en RDC. Des jeunes congolais, appelés plutôt à incarner le progrès sont démunis de tout. Ils sont sans emploi, n’accède pas à une éducation de qualité et reste loin de la décision politique. 

68 % des jeunes congolais n’ont pas les moyens de sortir de la pauvreté.

68 % des jeunes congolais n’ont pas les moyens de sortir de la pauvreté.

Sur 1,8 milliard de jeunes qui peuplent le monde, la majorité réside dans les pays en développement. Dans un rapport conjoint publié le 11 juillet, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), indiquent que les jeunes congolais qui représentent près de 68% de la population de moins de 25 ans, n’ont pas les moyens de sortir de la pauvreté. Les adolescentes plus visées subissent des discriminations et des violences sexuelles. Elles sont plus victimes des mariages précoces et grossesses non désirées. A ce sujet, il est démontré que l’adolescente qui est contrainte de se marier, par exemple, n’a rien à dire en matière de procréation, encore moins de la conception et surtout pas de la fréquence des grossesses. Les initiatives de prévention ou programme de distribution de préservatifs semblent n’avoir aucun impact à l’égard des filles congolaises dépourvues de décision. D’où la nécessité de repenser la problématique de la grossesse chez l’adolescente en invitant les autorités gouvernementales, les communautés, les familles et les institutions d’enseignement de planifier des stratégies communes de lutte contre ce fléau. Les statistiques récentes indiquent qu’à chaque minute, une femme meurt pendant la grossesse ou l’accouchement, et environ 70 mille femmes décèdent du fait d’avortements pratiqués dans des conditions dangereuses. Plus de 300 millions de femmes souffrent de complications pendant la grossesse et l’accouchement, selon le document de l’UNFPA qui indique que ces cas sont courants chez les filles de 14 à 19 ans. Il se pose un sérieux problème de santé reproductive, surtout dans les pays en développement. Dans toutes les régions du globe, les filles paupérisées, peu éduquées, vivant en milieu rural sont plus susceptibles de tomber enceinte que celles vivant dans des milieux urbains qui ont accès aux informations et aux services de contraception. Le rapport de 2013 souligne que 95 % des enfants de mères adolescentes naissent dans les pays pauvres et que 19 % de ces jeunes femmes tombent enceintes avant l’âge de 18 ans. Chaque année dans ces pays, 7,3 millions de filles de moins de 18 ans mettent au monde et 2 millions de moins de 15 ans sont grosses. C’est pourquoi Ban Ki moon en appelle à de gros investissements dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi. A cet effet, il a fait remarquer que les jeunes diplômés ont un accès difficile au travail et, quand il en trouve, c’est souvent un emploi mal rémunéré et sans réel débouché.

A Kinshasa, la rémunération d’un employé d’usine ou d’un magasin vacille autour de 100 et 150 dollars. Un huissier de l’Etat touche difficilement 50 dollars, somme incapable de lui permettre de nouer les deux bouts du mois. Si les jeunes qui travaillent sont mal payés, ceux qui sortent des universités n’ont souvent pas le niveau de compétence requis. José Mangalu Mobe, consultant national à l’UNFPA et coordonnateur national de la cellule Genre au ministère de la Famille, Genre et Enfant, soulève la question du système d’enseignement pour les jeunes congolais. Selon lui, les profils des jeunes qui sortent de l’université et du système de l’enseignement, de façon générale, ne rencontrent pas la préoccupation des employeurs. « Les employeurs disent qu’ils ont de l’emploi pour les jeunes. Et que

Jeunesse plongée dans la débrouillardise

En RDC, les jeunes congolais n’ont pas les moyens d’agir. A défaut de recevoir une éducation de qualité, des emplois décents, des moyens de subvenir à leurs besoins et un accès aux soins de santé, ils s’investissent plutôt dans la débrouillardise. On observe des étalages d’articles à vendre partout dans les avenues, à Kinshasa. Farine de maniocs, arachides, haricot, pains, tomates, poissons, etc. Des jeunes ambulants transportant des marchandises ou articles divers circulent à travers la ville à la recherche des potentiels clients. Faute de mieux, ces jeunes cherchent des solutions alternatives face aux problèmes de chômage et de pauvreté chronique dans le pays.