SHARP dans la tourmente

Les géants de l’électronique s’effondrent les uns après les autres. Après Akai et Sanyo,  c’est le tour de Sharp, qui refuse de disparaître. 

Le siège de SHARP au Japon.

Le siège de SHARP au Japon.

Sharp doit réduire de 99 % son capital pour échapper à la faillite. C’est la solution la plus plausible que la presse japonaise rapporte depuis un certain et vers laquelle tendent les dirigeants de cette entreprise.

Ainsi le capital de ce mastodonte passerait de 120 milliards de yens (890 millions d’euros) à 100 millions de yens (740 000 euros).  Conséquence : Sharp, entreprise de renommée internationale, deviendra une petite et moyenne entreprise (PME). » Selon les spécialistes de l’économie japonaise, « cette situation lui permettra de bénéficier des mesures fiscales lui permettant de réduire ses pertes et d’envisager un éventuel redécollage ».

L’annonce de cette mesure dans la presse a provoqué l’effondrement de l’action Sharp à la bourse de Tokyo.  Elle a clôturé en baisse de 26,35% après avoir touché le fond de 31% (le maximum possible).  « Du jamais vu en plus de 40 ans », ont déclaré les spécialistes.

La chute du titre Sharp constitue l’un des indices qui attestent la détérioration de l’état de santé de la société, situation qui perdure depuis 2010 et qui a souvent été signalée par différents acteurs. L’agence de notation financière Standard & Poor’s a dû revoir à la baisse de 3 crans à CCC+ la note de Sharp.

Écran LCD, principal produit Sharp

Comment en est-on arrivé là ? Sharp, fleuron de l’industrie japonaise, a aligné durant les cinq dernières années des pertes successives sur ses bilans. Ces résultats négatifs, estime la presse spécialisée japonaise, ont eu pour causes la dégradation de l’environnement économique dans l’empire du Soleil levant, les flottements rapides des taux de change du yen (la monnaie japonaise) ainsi que la baisse des prix des écrans LCD, principaux produits dont Sharp est le premier fabricant au Japon.

Le groupe a par conséquent enregistré des pertes continues dans ses comptes. Heureusement que les banques japonaises sont venues à la rescousse en lui accordant, en 2012, des prêts d’un montant total de 360 milliards de yens sous la condition qu’il redresse ses comptes et renoue avec les bénéfices à partir de l’exercice 2013-2014.

Sharp compte parmi les grands acteurs mondiaux dans le domaine des technologies LCD. C’est au groupe que le monde doit l’invention du téléviseur LCD en 1988.  Depuis 2000, l’entreprise bute à la concurrence engagée par des firmes américaines dans la mise au point des segments des écrans des Smartphones.

La technologie japonaise semble en perte de vitesse. En tout cas, c’est ce que semblent suggérer les déboires que rencontre Sharp et d’autres avant lui, tels que Akai et Sanyo. Les entreprises électroniques japonaises sont moins visibles ces derniers temps sur le  marché mondial.  « Aucun fabricant japonais n’a réussi à s’imposer véritablement sur le marché des tablettes tactiles qui est contrôlé par cinq entreprises : l’américaine Apple avec 50,4 % des parts du marché, la sud-coréenne Samsung avec 18,4 %, la taïwanaise Asus et Amazon avec 10 % chacune et la chinoise Lenovo avec 2 % », affirme un journal.