Un défi que Kinshasa doit relever après l’Union européenne

 Plus de gratuité d’évacuation des déchets pour les Kinoisà partir du mois d’août prochain, avec la fin du Projet d’appui à la réhabilitation et à l’assainissement urbain (PARAU). La ville va prendre la relève et la population locale supportera le coût. 

Une décharge installée dans le cadre du PARAU, à Kinshasa.

Une décharge installée dans le cadre du PARAU, à Kinshasa.

Pour vider le contenu des poubelles, la population de neuf communes kinoises va bientôt commencer à payer une taxe d’assainissement à la Régie d’assainissement et des travaux publics de Kinshasa (RATPK). Ce service de la ville va prendre la relève du PARAU au mois d’août. Selon Jean-Michel Dumont, ambassadeur de l’Union européenne en RDC, la question de ce passage de témoin  est en ce moment en discussion avec les autorités congolaises. C’est depuis 2007 que le PARAU est mis en place en RDC. Le projet a permis l’évacuation de quelque 9000 tonnes de déchets que la population a l’habitude d’entasser dans différentes stations de transfert implantées dans neuf communes de la capitale.

Besoin de beaucoup d’argent

Le défi de la gestion des immondices après le PARAU s’avère majeur tant financièrement que matériellement. Pour fonctionner, le projet financé par l’Union européenne nécessite mensuellement un million de dollars. Au quotidien, les camions multi-bennes passent cinq à six fois pour vider la soixantaine de stations de transfert érigées dans les neuf communes : la Gombe, Barumbu, Kasa-Vubu, Kintambo, Ngiri-Ngiri, Kinshasa, Kalamu, Lingwala et Bandalungwa. L’autre défi ce sera aussi le paiement du personnel qui va travailler dans les stations de transfert. Dans le cadre du PARAU, cinq ouvriers travaillent dans chaque station pour aider ceux qui déversent des immondices dans les bacs.

La taxe d’assainissement

La RATPK assure que le travail qu’a toujours fait l’Union européenne va se poursuivre, mais le coût des opérations sera supporté par la population locale qui devra payer une taxe d’assainissement. Jusque-là, cette taxe n’est perçue que dans la commune de la Gombe où elle est fixée à 28 000 francs par mois. Bientôt, elle va s’élargir aux huit autres communes gérées par le PARAU, avant de passer à l’ensemble des communes. Selon Emmanuel Biey, directeur général de la RATPK, un autre arrêté qui fixe le taux de la taxe à payer selon les communes existe déjà. En dehors de la Gombe, la taxe d’assainissement des autres communes varie entre cinq et dix mille francs par mois. La RATPK, indique Biey, compte capitaliser le fait que tous les Kinois paient pour se débarrasser des déchets ménagers. Emmanuel Biey indique par ailleurs que les opérateurs économiques qui travaillent dans le secteur de l’évacuation des immondices vont continuer à le faire et la ville va rémunérer leurs services. Le PARAU fait souvent appel aux particuliers qui ont des véhicules pour l’évacuation d’une partie des ordures.

La gestion nationale du secteur 

Avec l’arrivée à terme du PARAU, la problématique demeure la gestion nationale du secteur de l’assainissement. D’ici là, c’est la RATPK qui devra s’occuper du parc automobile dont les pièces de rechange des engins et le carburant. Le PARAU a toujours utilisé un matériel spécifique comprenant plusieurs compacteurs, chargeuses, camions multibennes, bennes basculantes de plusieurs tonnes, bulldozers… Au Centre d’enfouissement technique (CET), décharge située à Mpasa, dans la partie Est de Kinshasa, la RATPK devra aussi veiller sur le domaine. Déjà, le site est menacé d’occupation illégale suite à la forte et incontrôlée pression d’urbanisation. Plusieurs maisons ont été érigées à l’intérieur même du domaine par des personnes qui n’ont pas peur du risque sanitaire dû au gaz que dégagent les ordures. Sur les 135 hectares du site, seuls 50 sont aménagés. Selon l’un des responsables du centre, le site reçoit par jour entre 1500 et 1700 mètres cubes d’ordures. Depuis 2010, année de sa mise en service, le centre a enfoui plus de un million de mètres cubes de déchets. Plus de deux mille acacias ont été plantés pour purifier l’air pollué par le gaz dégagé par les immondices. La décharge de Mpasa remplace celle du site de Mitendi, à Mont-Ngafula, utilisée dans le cadre de l’ancien programme. Projet d’assainissement urbain de Kinshasa (PAUK).