Emploi des jeunes congolais : le monde du désespoir

Le constat est inquiétant et l’ampleur de la problématique de l’emploi des jeunes en République démocratique du Congo se traduit dans le « Plan d’action du gouvernement 2012-2016 », publié en mai 2012. 

 

80% de la population active (15 à 64 ans) est au chômage

80% de la population active (15 à 64 ans) est au chômage

« Le taux de chômage, selon les statistiques officielles, tournerait autour de 80 % de la population active (15 à 64 ans), abstraction faite des travailleurs informels et des exploitants agricoles familiaux. Le même taux de pauvreté, dans les milieux ruraux, avoisinerait les 75 %. De ces statistiques, la proportion des jeunes, sans travail et pauvres, va toujours croissant, à cause de l’augmentation rapide de la population. Il devient, dès lors, urgent d’arrêter des politiques appropriées, qui permettent d’absorber ces (jeunes) chômeurs et d’alléger le fardeau de la pauvreté ».

Si cela paraît clair à ce niveau des sphères de prise de décisions, il n’en est pas de même, sur le terrain. Des questions épineuses de gouvernance se posent au niveau interne. Les nouveaux emplois sont rares et difficilement accessibles. Les rares, qui le sont, n’octroient pas des revenus substantiels aux femmes et aux hommes qui les occupent. Les jeunes congolais embrassent ainsi des voies de désespoir comme l’émigration clandestine. Les dernières images des compatriotes refoulés de plusieurs pays limitrophes de la RD-Congo, dont la majorité est constituée des jeunes, le prouvent suffisamment.

Au pays, il n’y a pas des repères convaincants. La société ne semble plus avoir des modèles. Même les personnes, femmes et hommes, qui devaient prêcher par l’exemple, se rabaissent dans des comportements et pratiques inadmissibles et répréhensibles. Le tout est couronné par l’impunité généralisée. La misère, que les politiques internes ne parviennent pas à contenir, a eu raison de la patience des jeunes et a même corrompu leurs mœurs. Dès lors, les groupes sociaux les plus défavorisés, dont les jeunes, embrassent des voies les plus insoupçonnables, et souvent, de fait. Cela entraîne l’accroissement des phénomènes comme l’exode rural, la surpopulation incontrôlée des villes, la délinquance juvénile, la prostitution, la toxicomanie ou encore la criminalité. Dans les contrées, où des groupes armés, nationaux ou étrangers, font encore la loi, des jeunes deviennent des combattants, s’adonnant à toute sorte d’exactions. Les jeunes filles, elles, sont victimes d’esclavage sexuel.

Le gouvernement a promis de rechercher des solutions appropriées à cette situation. Dans son Plan d’action, il a prévu, entre autres, de « développer et créer des initiatives innovantes d’emplois pour les jeunes désœuvrés, les pauvres et les villageois (exemples, cartonnage manuel, agriculture, coopérative des travailleurs, micro-crédits…), créer et renforcer les centres d’incubation en vue de favoriser la création d’emplois par la formation et l’encadrement de petits et moyens opérateurs privés, finaliser le processus d’élaboration de la politique nationale de promotion de l’emploi et de la formation professionnelle». Des actions concrètes tardent à venir et à soulager les misères de ces millions de jeunes.