La Banque centrale publie le rapport de politique monétaire 2014

Il s’agit d’une description de l’évolution économique du pays et des perspectives pour l’année 2015, sans oublier la conjoncture internationale.

La Banque centrale du Congo, le rapport politique monétaire 2014.

La Banque centrale du Congo, le rapport politique monétaire 2014.

Au plan intérieur, la croissance s’est davantage consolidée, lit-on dans ce rapport. Ceci se voit à travers l’analyse du secteur réel, de la balance des paiements et des finances publiques. S’agissant du secteur réel, l’activité économique intérieure  a été marquée par le dynamisme  qui caractérise le secteur primaire, principalement les activités extractives dont la contribution à la croissance atteindrait 5,5% contre 3,2% en 2013.

Les données provisoires du secteur extérieur indiquent un léger excédent de la balance des paiements, soit 0,3% du PIB contre celui de 0,2% une année auparavant, résultant de la bonne tenue du compte courant qui a affiché un solde déficitaire représentant 8,1% du PIB contre 8,9%.

Pour ce qui est des finances publiques, l’objectif de la politique budgétaire poursuivi en 2014 consistait en la réalisation d’un équilibre entre les recettes et les dépenses. Pour ce faire, indique le rapport, le gouvernement a mis en place un programme d’actions visant à améliorer les recettes internes, à travers la modernisation du système fiscal, des mesures correctives dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de la lutte contre la fraude et la corruption.

Par ailleurs, il faudra noter que les réalisations au titre des recettes et dons intégrant les mouvements du compte TVA/R se sont établies à 4.395,4 milliards de francs soit 13,2% du PIB,

représentant un taux de mobilisation de 80,0% par rapport à la programmation du plan de trésorerie. Quant aux dépenses publiques en 2014, le gouvernement s’est astreint de les plafonner à hauteur de 4.430,0 milliards de francs (13,3% du PIB) représentant 84,4% de la programmation.

Assouplissement de la politique monétaire 

La Banque centrale a réalisé un assouplissement de la politique monétaire à travers la baisse

du coefficient de la réserve obligatoire et les injections de la liquidité au moyen du bon de l’Institut sioonsion. naie nationale et celui des dépôts en devises

Ce réaménagement de la réserve obligatoire consistait en une discrimination du coefficient entre celui des dépôts en monnaie nationale et celui des dépôts en devises. L’objectif visait à encourager les banques à mobiliser davantage les dépôts en monnaie nationale en vue de contribuer au processus de la dé-dollarisation de l’économie congolaise.  Malgrés, cet assouplissement, le rythme hebdomadaire de formation des prix intérieurs était en deçà des prévisions.

En ce qui concerne la politique de change, une nouvelle réglementation de change a été publiée au mois de mars et est entrée en vigueur en septembre. Le but était de mieux réguler les opérations de change. Il faudrait noter que la banque est intervenue sur le marché des changes uniquement en vue d’acquérir les devises et de conforter le niveau de ses réserves.

Les perspectives  favorables pour 2015 

Pour ce qui concerne le développement de l’activité économique en RDC, la croissance sera soutenue et pourrait atteindre 10,4% en 2015 et 9,6% en 2016. Les perspectives favorables de cette économie reposent sur la performance attendue des secteurs primaire et tertiaire. Du secteur primaire, il est attendu un bon comportement des industries extractives soit 3,7 points de pourcentage qui

s’expliquerait par la montée en puissance de grands projets miniers ;  les performances de principales entreprises minières  et l’amélioration de la qualité de différents produits à l’exportation. Quant au secteur agricole, il devrait enregistrer une amélioration de sa production et de sa commercialisation. Il est attendu en 2015 une production du maïs de plus de 12,0 millions de tonnes celle du manioc au-delà de 17,0 millions de tonnes.

La croissance des agrégats monétaires sera en adéquation avec l’activité économique intérieure, en 2015 et 2016. Le rythme de formation des prix intérieurs serait relativement faible pour pérenniser la stabilité du cadre macroéconomique et impulser la croissance économique. Baisse de la croissance mondiale

L’économie mondiale a observé une baisse dans la croissance des cours des produits de base, particulièrement ceux des produits pétroliers  dans la zone euro. Les prévisions de la progression du  produit intérieur brut (PIB) réel mondial était estimé en début d’année  à 3,3% contre 3,7%.

Sur le plan international, lit-on dans ce rapport, les conditions financières sont restées globalement avantageuses en faveur des politiques monétaires expansionnistes menées dans les principaux pays avancés. Il convient de retenir que les rendements des obligations à long terme ont baissé en Amérique du nord, au Japon et en Europe. Pour  ce qui concerne les marchés boursiers, une extrême volatilité a marqué l’évolution de principaux indices boursiers.

Les facteurs à la base de cette volatilité ont été nombreux, notamment le ralentissement économique mondial, la chute de la demande de pétrole, les difficultés économiques au sein de la zone euro et les conflits géopolitiques.

Les marchés américains ont terminé l’année en hausse, établissant de nombreux records au cours de l’année. Sur l’année, le Dow Jones a progressé de 7,4 % alors que l’indice technologique Nasdaq 100 a gagné près de 13,5 %. Les indices boursiers dans de nombreux pays émergents ont enregistré  également des niveaux d’accroissement à deux chiffres. Ceci est le cas pour l’Argentine, 59,35%,  pour la Chine 52,90% et 30,0-38,35% pour le Venezuela. A l’inverse, la bourse russe a pâti de l’effondrement du rouble. Le principal indice boursier a reculé de 45,14%

Pétrole : tendance à la baisse

L’intensification des tensions géopolitiques a contribué pour beaucoup dans la baisse du produit énergétique tel que le pétrole.  Selon le même rapport, on peut lire que «  les cours  mondiaux du pétrole brut ont chuté et se situent actuellement à leur niveau le plus bas en quatre ans. Depuis le début du second semestre, ils se sont contractés de près de 50 %. La tendance est clairement orientée à la baisse et rien ne laisse présager un retournement des tendances des cours à court terme ».

Quant aux produits de base non énergétiques, leurs cours se sont globalement repliés au deuxième semestre de l’année. S’agissant en particulier des métaux communs, depuis le mois de juillet, leurs prix ont globalement baissé de 6,0 % du fait des perspectives préoccupantes concernant la demande chinoise. De même, les cours de produits agricoles ont fléchi, en raison principalement d’une récolte record de céréales.

L’évolution du marché des devises a été marquée par l’affaiblissement de l’euro contre le renforcement du dollar américain. La devise américaine a pris le dessus sur la monnaie européenne en termes de variation de la valeur externe. Par ailleurs, le rouble s’est trouvé en perte de vitesse, les derniers mois de l’année. La monnaie russe s’est ressentie  des difficultés économiques du pays, liées à la baisse des prix du pétrole et aux sanctions prises par l’Union européenne en réaction au conflit ukrainien.

Guerre des prix et baril à 75

Le rapport prévoit la possibilité d’une guerre des prix entre certains grands producteurs. Cela  constitue un facteur de risque à la baisse du prix du pétrole. Cela étant, le prix du pétrole permettant d’assurer l’équilibre budgétaire des pays membres de l’Organisation des pays  exportateurs  de pétrole (OPEP) et les coûts marginaux élevés d’approvisionnement en pétrole non classique devraient se traduire à moyen terme par le prix plancher situé entre 75 et 80 dollars environ le baril pour le Brent.