La réserve des bonobos en péril

De par la renommée internationale du sanctuaire « Lola ya Bonobo » implanté dans la capitale congolaise, ce site devrait, en principe, profiter à la ville pour la maximisation de ses recettes. Cependant, aucune initiative en termes d’investissement en infrastructures, n’est visible.

Le sanctuaire “Lola ya Bonobo” reçoit plus de 30 mille visiteurs. (Ph. DR)

Le sanctuaire “Lola ya Bonobo” reçoit plus de 30 mille visiteurs. (Ph. DR)

Contrairement à d’autres nations du monde où le tourisme est érigé en une véritable source de revenus pour le trésor public, en République démocratique du Congo, ce secteur fait encore figure de parent pauvre. Dans le lot, il faut citer le sanctuaire « Lola ya Bonobos ».

Situé à quelques 9 km de l’entrée de la cité Pumbu, dans la commune de Mont-Ngafula, ce domaine est l’un de plus prestigieux sites touristiques que compte la ville de Kinshasa, voire de la République démocratique du Congo.

Pour M. Pierrot Mbongo, directeur de l’Asbl « Les Amis des Bonobos du Congo» (ABC), section RDC, ce site héberge 74 grands singes appelés Bonobos. Ce primate, d’origine congolaise, suscite curiosité et convoitise. Son patrimoine génétique serait à 80% semblable à celui de l’homme. Cela qui fait dire aux « Amis des Bonobos » que cette espèce est vraisemblablement un cadeau que la nature a offert à la RDC. A en croire Mbongo, « ce sanctuaire reçoit annuellement 30.000 visiteurs de différentes nationalités. Ce chiffre prouve à suffisance que ce singe pouvant atteindre 1,20 m, et vivre jusqu’à l’âge de 60 ans, est un appât incontestable pour les touristes ».

Infrastructures quasi inexistantes

Il est, cependant, déplorable de relever qu’en dépit de l’opportunité qu’offre « Lola ya Bonobo » à la ville de Kinshasa pour maximiser ses recettes, le gouvernement provincial semble ne pas prendre aucune initiative, ni encourager les investisseurs privés, tant nationaux qu’internationaux, à exploiter cet espace.

De même, la route qui mène à ce sanctuaire ne cesse de se détériorer. Il est difficile d’effectuer plus d’un kilomètre, sans rencontrer des nids de poule sur le tronçon. Les taxis et taxi-bus, qui desservent la contrée n’arrivent pas jusqu’à destination.

Interrogé à ce propos, M. Pierrot Mbongo se félicite de l’effort fourni par le gouvernement provincial pour rendre cette route quand même praticable. « Il y a douze ans, aucun véhicule ne pouvait l’emprunter. Il fallait obligatoirement marcher à pieds pour atteindre ce site. Tous les véhicules étaient contraints de s’arrêter à la hauteur de l‘église catholique Sainte Rita ou de rebrousser chemin. La route a connu son dernier entretien l’année passée à l’occasion de l’organisation du sommet de la Francophonie à Kinshasa.

Pour sa part, un habitué de ce sanctuaire rencontré sur les lieux interpelle le gouvernement provincial sur la double importance de cette route qui sert, non seulement de route de desserte agricole pour évacuer les produits agro-pastoraux de Kasangulu vers Kinshasa, mais aussi à l’accès aux différents sites touristiques et entreprises implantées dans cette zone.

« Le gouvernement provincial et les investisseurs privés ne se rendent pas compte de ce qu’ils pourront gagner ici en investissant dans les infrastructures. Il n’y a pas de centre d’hébergement construit dans les environs pour accueillir des touristes qui affluent dans ce sanctuaire, chaque année, pour satisfaire leur curiosité », regrette-t-il.

Il sied de signale que dans cette zone sont aussi implantées l’usine de traitement d’eau de la Régideso et une minoterie.