Les propriétaires des véhicules hostiles au contrôle technique obligatoire

Un centre de contrôle technique des véhicules à Kinshasa, (photo BEF)

Un centre de contrôle technique des véhicules à Kinshasa, (photo BEF)

Plus d’une semaine après le début du moratoire accordé par le gouvernement aux véhicules de transport en commun, notamment les taxis-bus de marque Mercedes 207, pour le contrôle technique obligatoire, les différents sites retenus n’enregistrent qu’un taux très faible de clients. La moyenne est de 1 % de la capacité d’accueil de ces centres, dont le plus grands a une capacité de 250 véhicules/jour, soit plus ou moins 3 véhicules par jour.
Selon les responsables de Trinity 3 Sprl, qui est le plus grand centre parmi les trois retenus par l’Hôtel de ville, l’hésitation des propriétaires de ces véhicules est justifiée par la peur de voir leurs engins déclassés. « Ils ont peur car, ils ne connaissent pas ce qu’est le contrôle technique et sont carrément ignorant de ce que le centre fait. C’est la peur d’être refusé, vu l’état de leurs véhicules », a expliqué l’un de responsables de ce centre installé à la Foire internationale de Kinshasa.
Ce responsable a également relevé un sabotage de la part de ces propriétaires des véhicules. « Certains se disent qu’il n’y aurait pas de suivi et que le contrôle sur les artères de la capitale ne se fera jamais », a-t-il expliqué.

Pas une dépense de plus

Le centre Trinity 3 Sprl a noté, par ailleurs, qu’il a déjà eu à délivrer le certificat de contrôle technique à certains autres véhicules de marque Mercedes 207 qui ont été contrôlés dans ses installations. Pour les animateurs de ce centre, le problème n’est pas ces véhicules mais plutôt leur utilisation. Selon eux, c’est le manque de conscience des propriétaires et des conducteurs de ces engins, qui les met dans cet état car, au cours de leur importation, ils répondent au minimum des critères exigés.
Pour ce centre, les frais à payer pour le contrôle technique, soit quatre-vingt dix dollars américains, toutes taxes comprises, ne constituent pas une dépense de plus. C’est plutôt une assurance pour les propriétaires de ces véhicules et leurs conducteurs ainsi que, par ricochet, des clients qui seront transportés. « Sur le plan technique, le contrôle vous met à l’abri », a souligné le directeur technique du centre Trinity 3 Sprl, Jupile Alentum.
Toutefois, la tarification indiquée ci-dessus est liée à la catégorie du véhicule de telle sorte que les voitures ne payent pas le même montant que les camionnettes, les minibus et les 4×4. Alors que ces derniers sont facturés moins que les camions et les bus.
En plus de frais de contrôle technique, les propriétaires des Mercedes 207 devront également s’acquitter, selon la décision du gouvernement, de l’assurance automobile, l’autorisation de transport et débourser les frais de peinture. Le tarif tout compris devrait atteindre 1 300 dollars américains, sans compter les diverses réparations qui seront imposées à chaque véhicule à la suite de ce contrôle technique, selon les cas.
C’est ici que ces propriétaires des véhicules ne savent par où commencer. « Pour nous mettre en ordre, le contrôle technique ne suffit pas. Il faut, en plus, nous acquitter de tous ces obligations qui ne coutent pas moins de mille dollars américains », a regretté un propriétaire.

Différents de la police

Les centres de contrôle technique ne sont pas la police. Leur travaille ne se limite qu’au contrôle et la délivrance d’un certificat-valide pour 6 mois, selon la législation congolaise- justifiant la conformité du véhicule aux normes de confort et de sécurité requises. Mais, toutefois, un rapport est fait au ministère provincial en charge du transport, de qui ces centres dépendent. « Nous ne sommes pas des policiers mais des inspecteurs des véhicules. Nous ne contrôlons pas les conducteurs ni les propriétaires des véhicules ni non plus les documents de bord. Mais, plutôt, l’état technique de ces engins », a précisé le centre Trinity 3 Sprl.
Un vendeur ou un acheteur de véhicule peut également recourir à ce centre en vue de connaître l’état technique de l’engin que l’on se propose de vendre ou d’acheter.
Par ailleurs, « l’expertise » réclamée à des conducteurs sur la chaussée par certains agents et dont on perçoit l’argent sur place, n’est pas normal. Ces derniers devraient, selon les experts, exiger le certificat de contrôle technique. Alors que ledit contrôle ne devrait se faire que dans un centre équipé.
Pour ce centre installé à la Fikin et qui se prépare à ouvrir une autre entité dans les installations de l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA), les grandes étapes de contrôle sont le contrôle moteur (pollution et fonctionnement), la géométrie du train avant (chasse, carrossage et pinçage), la suspension ( amortisseurs et pneumatique), le freinage ( efficacité de frein service, efficacité de frein stationnement), les dispositifs lumineux et réfléchissants ( intensité et déviation optique des phares, fonctionnement des clignotants) et sous caisse ( transmission, direction, suspension, fuites, corrosion, etc).
Les propriétaires de ces véhicules sont tenus de les soumettre au contrôle technique, les peindre aux couleurs du drapeau national et contracter une police d’assurance automobile.
Pour ce qui est du contrôle technique, deux centres privés et un centre public ont été agréés à Kinshasa. Ce sont le centre Trinity 3, au pavillon 19 de la Fikin, la Société congolaise de contrôle technique, dans l’enceinte du bureau de l’Office des routes, sur l’avenue des poids lourds, à Kingabwa, et le centre public de formation de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), à la 11ème Rue Limete.