Les tracasseries ont la peau dure

La DGDA venait d’inaugurer, fin juillet, un nouveau système électronique pour le contrôle des marchandises afin d’éviter la fraude. Mais la fin des multiples désagréments au niveau des postes frontaliers se fait toujours attendre.

 

Une vue du port de Matadi. (Photo Radio Okapi)

Une vue du port de Matadi. (Photo Radio Okapi)

Les efforts qu’entreprend la Direction générale des douanes et accises (DGDA) pour mettre fin à la fraude et aux tracasseries au niveau des postes frontaliers sont loin de donner des résultats escomptés. Cette entreprise publique venait d’inaugurer, fin juillet, un nouveau système électronique de contrôle des marchandises qui surveille la cargaison, depuis le port d’embarquement jusqu’à sa destination.

Malgré cela, des opérateurs économiques, membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), continuent de se plaindre des tracasseries au niveau de la douane. Ni la simplification des procédures douanières qui devraient être faites par l’instauration depuis, fin septembre 2013, d’un autre système informatique dit Sydonia World, ni le tout dernier système en date n’ont encore eu raison de la fraude et tracasseries douanières constatées aux différents postes frontaliers du pays. Les opérateurs économiques de la Province Orientale ont, ainsi, profité de la présence d’une délégation des ministères de l’Economie et Commerce et de la Défense nationale dans leur entité pour dénoncer l’existence de multiplicité des taxes illicites aux postes douaniers en Ituri.

Ils pointent du doigt l’Agence nationale des renseignements (ANR), la police des frontières et l’hygiène à la frontière comme des services auteurs de ces tracasseries. « Il y a trop des taxes illicites. Nous devons payer 50 dollars au service de l’hygiène à la frontière pour laver le véhicule qui entre au pays au niveau de la frontière », a déclaré un opérateur. Ce problème n’est pas le seul à déranger le business dans cette partie du pays. Ces hommes d’affaires se plaignent également du climat des affaires jugé moins favorable au pays. Devant la délégation gouvernementale à Bunia, le 29 juillet, ils ont dit se sentir plus à l’aise en Ouganda qu’en République démocratique du Congo. Composée du directeur de cabinet du ministre de l’Economie et Commerce, des membres du ministère de la Défense ainsi que ceux de la DGDA, cette délégation a effectivement constaté qu’en Ituri, quelques produits importés de l’Ouganda dominent le marché congolais, notamment des bières qui se disputent le marché des consommateurs avec celles fabriquées au pays. Cette délégation a finalement décidé de recenser toutes les taxes illicites perçues au poste douanier à Mahagi et d’élaborer une structure des prix de toutes les boissons importées de l’Ouganda.

Du matériel sans résultats… 

Pour matérialiser la simplification des procédures douanières et la facilitation du commerce international, la DGDA avait installé le système informatique Sydonia World. Ce dernier-né du programme Sydonia en remplacement de Sydonia++ offre techniquement de nombreux avantages tels qu’avoir un système informatique centralisé avec un seul serveur pour tous les sites douaniers. Il utilise les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Java, Oracle, etc.). C’est aussi un des systèmes les plus sécurisés au monde. Son double Intranet et Internet qui donne accès au système à partir de n’importe quel point au monde devrait constituer des véritables atouts pour la DGDA.

En debut d’année, le cadre de concertation de la société civile du Katanga et la Ligue congolaise contre la corruption (Licoco) avaient exigé la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la fraude douanière dans leur province. Il y a quelques mois, les députés nationaux avaient aussi relevé, au cours d’un débat à l’Assemblée nationale, la baisse de recettes douanières sur l’ensemble du pays, pour l’année 2013. Parmi les causes de cette contreperformance, ils soulignaient les tracasseries dans ce secteur.

L’avantage de rapidité qu’offre cette technique qui permet la visualisation et de contrôler instantanément tout mouvement douanier, devrait normalement être un moyen de vider les ports et les postes frontaliers de leurs effectifs pléthoriques qui les envahissent.