PT/NTIC : la chasse aux insolvables

17 chaines de radio et télévision et un opérateur de télédistribution sont déclarés insolvables pour le payement des frais d’exploitation, par le ministère des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT/NTIC).

Le trésor public accuse un manque à gagner de 2,7 millions de dollars suite à cette insolvabilité. (Photo BEF)

Le trésor public accuse un manque à gagner de 2,7 millions de dollars suite à cette insolvabilité. (Photo BEF)

Près de 2,7 millions de dollars des exercices cumulés 2010 et 2013 et 700.000 dollars pour l’exercice 2014 trainent pour arriver aux services de recouvrement du ministère des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT/NTIC), qui a vite trouvé la cause de ce manque à gagner. Elle réside dans l’insolvabilité de 17 chaines de radio et télévision qu’il a sommé, illico presto, de s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis du trésor public, au risque de voir leurs licences d’exploitation retirées. Par ailleurs, il a annoncé avoir aussi dépossédé l’opérateur chinois de télévision câblée, Startimes, des fréquences qui ne lui appartenaient pas. Selon lui, cette société utilise des infrastructures d’une chaîne de télévision privée et d’une autre publique alors que les fréquences ne sont pas transférables. « La société chinoise StarTimes, présentée comme un opérateur de télévision numérique et satellitaire, aurait menti en RD Congo. Cette entreprise n’a jamais basculé dans la télévision numérique terrestre (TNT). Elle a fait de la publicité mensongère auprès des consommateurs congolais », a-t-il conclu.

Les responsables de ces chaines disent ignorer même la nature de cette redevance.

Pour l’instant, ni l’opérateur chinois, encore moins les 17 chaines de radio et de télévision parmi lesquelles Télé 50, Digital Congo, Rtga, B-one, Mirador tv, Raga tv, Numérica tv, Africa tv, Rtvs1, Canal Kin, Canal futur, Horizon33, n’ont arrêté de fonctionner.

Les responsables de ces chaines disent ignorer même la nature de cette redevance. Un d’entre eux parle des menaces et intimidations similaires à celles que reçoivent régulièrement des opérateurs de téléphonie mobile par le même ministre. « Là où les usagers attendaient voir des sanctions imminentes, ils étaient surpris de voir l’autorité de tutelle convoler des nouvelles affaires avec les mêmes opérateurs décriés par la qualité de leurs services. Il y a visiblement un problème de suivi des décisions dans le chef de ce ministère », note-t-il.

De l’autre côté, le service de communication de Startimes, lui, s’est livré à un exercice de démantèlement en règle de l’argumentaire du ministre. « Prétendre aujourd’hui que Startimes est dans l’illégalité, c’est faire preuve de mauvaise foi », soutient un membre du staff dirigeant de cette entreprise qui souligne que son entreprise s’est pliée à toutes les exigences de la loi congolaise. « Sinon alors, comment justifier l’autorisation de fonctionnement délivrée par les services dudit ministère et le libre exercice dont Startimes a joui pendant une année », s’interroge-t-il. C’est en septembre 2013 que cette société s’est vue délivrer le droit de fonctionnement dans le secteur de télédistribution en RDC.

Info Box

  • Startime est le troisième opérateur de télédistribution en République démocratique du Congo après le français Canal sat, et le sud africain Dstv.
  • En une année d’activité, Startimes a réussi à séduire plusieurs consommateurs par son coût relativement bas et un dispositif matériel peu encombrant et pratique.