Taxi-moto : entre anarchie et solution au problème

Les taxi-motos suppléent à la difficulté de transport à Kinshasa. (R.O.)

Les taxi-motos suppléent à la difficulté de transport à Kinshasa. (R.O.)

Ils sont nombreux à envahir le monde de transport en commun, les taxi-motos stationnés à chaque coin de rue de la ville de Kinshasa.

Face aux difficultés des transports et l’état des routes impraticable de la ville, les motocyclistes soulagent les kinois, mais pas toujours selon les règles de l’art. « C’est plus rapide et très pratique, en terme de gain de temps », indique une passagère, avant de s’embarquer. Dans les bouchons, les motocyclistes arrivent à se frayer facilement un chemin. Avantages certes, mais les dérapages sont légions dans ce secteur. Très souvent, ces motards ne respectent pas le code de la route. Les accidents de circulation sont nombreux. A Kinshasa, les taxis-motos se comptent par milliers. D’abord, leur identification. Près de trois quart de motos circulent sans plaque d’immatriculation. Les conducteurs, majoritairement jeunes, conduisent sans le moindre respect du code de la route. Obligation de porter des casques par le chauffeur et l’unique passager à bord, usage des lunettes et masques à gaz, permis de conduire certifié par les grandes écoles de formation,… ne sont pas respectés. L’inexistence d’une législation spécifique pour ce type d’engin favorise un laisser-aller.

En plus, la moto est souvent utilisée par des malfaiteurs, dans leurs opérations. D’où, la décision des autorités d’interdire leur circulation au-delà de 19 heures. « J’ai vu deux personnes rafler le sac d’une dame qui attendait un taxi sur Victoire. Les bandits se servent aisément des motos ces derniers temps », raconte un policier.

La Jungle

Un rapport de la Commission nationale de la prévention routière (CNPR) indique par exemple, qu’en 2009, sur les 108 cas d’accidents enregistrés dans la ville, 65 sont causés par les motos. Val Manga, le président de la CNPR, trouve que le remède passe d’abord par l’investissement dans le capital humain, avant d’inspecter l’état des engins pour réduire sensiblement les cas d’accidents. Car, même des panneaux et feux de signalisation, placés dans différents coins des artères ne sont pas respectés.