874.142 agents et fonctionnaires de l’Etat bancarisés en 2013, le dur reste dans les fins fonds des provinces

Bâtiment abritant le cabinet du ministre des Finances

Bâtiment abritant le cabinet du ministre des Finances

L’opération de bancarisation de la paie des fonctionnaires de l’Etat a démarré effectivement au mois d’août 2011 pour aboutir à un effectif global de près de 900.000 personnes travaillant dans l’administration publique. Il est intéressant à ce jour de voir ces milliers d’agents se rendre chaque mois, autour du 15ème et 25ème jour, au guichet de différentes banques partenaires du gouvernementpour percevoir leurs salaires. L’objectif du Gouvernement qui consistait à renouer avec le système bancaire et permettre de maîtriser les effectifs du personnel de l’Etat, serait atteint s’il n’existait pas encore quelques poches de territoires aux fins fonds des provinces où ni banque, ni réseau de communication n’existe.

Au regard du tableau du ministère du Budget présentant les effectifs du personnel public bancarisé à l’exception des retraités, il est facile de constater que les agents de l’enseignement primaire et secondaire, les éléments de la police et des Forces armées de la République Démocratique du Congo sont les plus nombreux. Ici, il faut paraphraser le Vice-premier ministre et ministre du Budget Daniel Mukoko Samba pour qui, l’Etat a réussi à rationnaliser cet enjeu de taille qu’est la paie du personnel public qui représente 40% des recettes publiques. La maîtrise de la masse salariale est désormais une réalité grâce à la bancarisation lancée en 2011. « L’enveloppe salariale est de 115 milliards CDF à peu près 135 millions USD, c’est parmi les postes les plus importants. Avant la bancarisation, cette enveloppe ne faisait qu’augmenter alors que maintenant elle a été stabilisée, la maîtrise de la masse salariale et sa rationalisation sont des objectifs désormais à notre portée grâce à la bancarisation de la paie du personnel de l’Etat», dixit VPM Mukoko Samba. La bancarisation de la paie des fonctionnaires de l’Etat, déclarait le Premier Ministre Matata Ponyo à la presse, a permis à l’Etat congolais d’économiser 5 millions de dollars américains, mais aussi de dénicher 3500 fonctionnaires fictifs, sans préciser où ce fonds était de nouveau affecté.

Evidemment, l’opération possède ses côtés difficiles lorsque l’on doit comptabiliser le nombre des banques existant dans notre pays. Comme le souligne le DG  Kayembe, Président du Comité de suivi de la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat dans une interview accordée à la revue «Bankarisation RD Congo» du ministère du Budget, « En RDC, il y a moins de banques et moins de guichets. Chez nous les banques sont localisées principalement dans la capitale et dans les grandes villes, mais sans beaucoup d’extensions dans les agglomérations. Il fallait donc pousser à s’implanter davantage dans les quartiers urbains et dans les localités où elles ne sont pas encore implantées. C’était la seule façon pour elles d’avoir accès à la manne de la bancarisation qui représente à peu près 100 millions USD chaque mois ». Avec l’Association congolaise des Banques (ACB) qui est le seul interface dans cette opération, le coût de la bancarisation dans les transactions est de 3,6 $us par compte, selon le protocole d’accord signé entre les parties.

Chronologie de la bancarisation

Août 2011 : démarrage avec six banques au départ pour atteindre une quinzaine à ce jour. Lancement de la réforme de Kinshasa avec la paie par voie bancaire des membres des cabinets ministériels et des secrétaires généraux de l’Administration publique pour un effectif de 2444 personnes. De septembre 2011 à mars 2012, intégration de la paie des cadres de direction jusqu’au Chef de bureau avec un effectif de 26.000 personnes. De juillet à septembre 2012, intégration de la paie des salaires des enseignants (les plus nombreux de la fonction publique) et des primes institutionnelles, de la rémunération des magistrats civils et militaires et celle des budgets annexes, touchant près de 141 agents bancarisés. D’octobre à décembre 2012, intégration progressive d’une part des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Police Nationale Congolaise ainsi que des primes de services de l’administration publique à Kinshasa. Paiement aussi des salaires du Secope (Service de contrôle de la paie des enseignants) et d’une partie de l’Administration publique en provinces. Pour cela, près de 100.000 agents ont été bancarisés et au 31 décembre, les statistiques indiquaient que plus de 93% des services étaient bancarisés. En octobre 2012, il y a eu paiement via Mobile Banking du premier test sur un échantillon de 1200 soldats et lancement de la paie en provinces. Près d’une année après, soit en juin 2013, le gouvernement a annoncé la fin de la bancarisation avec l’objectif d’atteindre 975000 fonctionnaires de l’Etat, selon le ministère du Budget.