Accord d’Addis-Abeba : engagement contre l’impunité et pour le développement de la sous-région

Raymond Tshibanda, Ministre des affaires étrangères de la RD Congo

Raymond Tshibanda, Ministre des affaires étrangères de la RD Congo

Onze pays signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République Démocratique du Congo et la région des Grands Lacs se sont réunis ce vendredi 31 janvier en marge du XXIIe sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba pour réaffirmer
leur engagement pour la mise en œuvre de l’accord-cadre qui réitère l’attachement à la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de tous les pays de la région.
La déclaration finale invite les onze Etats à mener des efforts concertés pour la mise en œuvre de l’Accord-cadre, y compris par le biais d’un dialogue politique large sur des sujets d’intérêts communs. Ils ont salué la conclusion positive du Dialogue de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23. Kinshasa et le M23 ont signé en décembre dernier à Nairobi au Kenya deux documents concluant leurs discussions entamées à Kampala en décembre 2012.
Les participants à cette réunion ont noté que la situation dans l’Est de la RDC restait fragile et ont exhorté le gouvernement de la RD Congo à étendre, sans tarder, l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et à renforcer davantage les services de sécurité et les institutions judiciaires.
En outre, ils ont appelé les pays de la région à coopérer et prendre les mesures nécessaires   pour neutraliser les groupes armés illégaux, combattre l’impunité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, violences sexuelles liées aux conflits et autres violations flagrantes
des droits de l’homme, ainsi que de mener des actions appropriées contre les personnes visées par le régime de sanctions des Nations Unies. Les Etats signataires de l’Accord d’Addis-Abeba demandent à tous les groupes armés actifs en RDC et dans la région de cesser immédiatement leurs activités, de déposer les armes, et de poursuivre leurs objectifs par des moyens politiques pacifiques.
Par ailleurs, ils sont tombés d’accord sur le soutien à accorder aux initiatives de développement, particulièrement celles en faveur des femmes et des jeunes, approuvant ainsi l’initiative de l’Envoyée spéciale de l’Onu pour les Grands Lacs, Mary Robinson, d’organiser avec la CIRGL, un Forum sur l’investissement du secteur privé.
Une nouvelle résolution 2136 pour les sanctions des auteurs des crimes
Le Conseil de Sécurité de l’Onu a reconduit jusqu’au 1er Février 2015 les sanctions contre des personnes, entités ou groupes armés sévissant dans l’Est de la RD Congo, a rapporté la radio BBC.
Cette condamnation ferme formulée par les quinze membres du Conseil contre tous les groupes armés opérant en RDC, de même que les exactions et les atteintes aux droits de l’homme commises contre la population civile, la Monusco et le personnel humanitaire exige de toutes les parties la cessation la cessation immédiate de toutes formes de violence et autres activités de déstabilisation.
Il revient aux Etats de la région de prendre des mesures concrètes contre tout soutien aux groupes armés opérant dans ce pays. Or, le dernier rapport du groupe des experts présenté mardi 28 janvier au Conseil de sécurité des Nations Unies fait état « d’informations crédibles selon lesquelles des dirigeants du M23 sanctionnés par l’Onu, se déplacent librement en Ouganda et continuent de recruter au Rwanda ».
Pourtant, l’accord-cadre interdit aux pays de la région de soutenir les mouvements rebelles et encourage une série de réformes en vue de l’instauration d’un Etat de droit dans l’Est de la RDC.