Bonnes découvertes pour le Gabon

D’importantes teneurs en zinc et plomb ont été trouvées dans le Centre-Sud du pays. Une bonne chose pour Libreville qui veut donner un coup d’accélérateur à son secteur minier.

Le stock métal en plomb-zinc est évalué à plus de 11 000 tonnes sur le seul lobe de Dikaki au Gabon.

Le stock métal en plomb-zinc est évalué à plus de 11 000 tonnes sur le seul lobe de Dikaki au Gabon.

Des teneurs en zinc allant de 3,58 % à 35,01 % et de 7,62 % à 23,06 % pour le plomb. C’est ce qu’a révélée l’analyse de fluorescence aux rayons X de la compagnie australienne Metals of Africa, Ltd, qui exploite les mines dans le Centre-Sud du Gabon. Cette société fait état d’une minéralisation large de 5 m qui s’étendrait sur plus de 3 km. « Il est rare de trouver une telle teneur en zinc et plomb en affleurement », selon Cherie Leeden, directeur général de Metals of Africa, qui s’est réjoui d’une découverte réalisée dans une zone géologique prospective s’étendant sur plus de 80 km. Soixante  échantillons de roches ont été envoyés en Afrique du Sud pour des analyses de laboratoire plus approfondies et les résultats pourraient être obtenus en décembre. Ces deux minerais ont été mis en évidence dans le synclinal de la région de Nyanga, à Kroussou. La numérisation permet d’atteindre des teneurs moyennes de 8 % métal (lobe Niambokambo) et de 10 % (lobe de Dikaki). Le stock métal en plomb-zinc est évalué à plus de 11 000 tonnes sur le seul lobe de Dikaki. Une teneur moyenne de 30 grammes par tonnes a été mise en évidence pour l’argent.

Cette découverte entre dans le cadre du projet Kroussou qui  couvre 1496 km2 dans la province de Ngounie. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de France y a fait, dans les années 1960, les premières découvertes qu’il a évaluées plus tard, entre 1982 et1983, en joint-venture avec Camilog, la compagnie nationale du Gabon. Kroussou constitue un des projets-clés dans le secteur minier. Le Gabon produit entre autres du gaz, du pétrole, du manganèse, du fer, de l’or, de l’argent, des diamants, du niobium, des phosphates, du plomb, du zinc.

Selon la Banque africaine de développement (BAD), le secteur minier gabonais a représenté 6,3% du PIB et 6% des exportations en 2012. Vu les vastes réserves du pays – environ 250 millions de tonnes de manganèse, 1 milliard de tonnes de minerai de fer inexploité et divers gisements d’or et d’autres minéraux- la contribution du secteur pourrait être encore plus élevée, selon cette institution financière.

Dans le cadre du programme Gabon industriel, le gouvernement gabonais entend valoriser ses matières premières, avec comme objectif de multiplier par quatre la contribution du secteur minier au PIB d’ici 2025. Des réformes dans ce secteur sont attendues dans un avenir proche. Comme c’est le cas dans de nombreux pays miniers africains, le Gabon cherche à accroître la part des recettes dans ce domaine en procédant à une révision du Code minier qui n’a pas subi de modifications importantes depuis le début des années 2000.

Les conventions minières passées avec l’État gabonais précisent les conditions d’activité sur les titres miniers et accordent aux opérateurs des avantages fiscaux tels que l’exonération de la retenue à la source et des droits de douane. Le Code minier gabonais régit en outre la prospection, la recherche, l’exploitation, la transformation, la possession, la détention, le transport et la commercialisation des substances minérales utiles contenues dans le sol ou le sous-sol, à l’exception des hydrocarbures liquides ou gazeux et des eaux souterraines qui sont la propriété de l’État. Pour le gouvernement gabonais, le Code minier actuel nécessite une adaptation aux normes internationales de préservation de l’environnement et de soutien à l’investissement.