Branle-bas autour de la distribution de l’électricité à Kinshasa

De gros rouleaux de «Câbles du Liban»  ont été aperçus, stockés par endroits, à Kinshasa, voilà des mois. Ce n’est plus qu’un secret de polichinelle ; le secteur de la distribution du courant électrique dans la région de Kinshasa devrait être ouvert aux privés. Et c’est déjà la ruée. Il en est qui brandissent des matériels prétendus de qualité, et d’autres des capitaux frais. 

Un transformateur dela SNEL.

Un transformateur dela SNEL.

Ni la Société nationale d’électricité (SNEL) ni l’Etat n’ont la capacité de financer la réhabilitation et la modernisation des infrastructures énergétiques du pays qui  nécessitent, au bas mot, 1 milliard de dollars, dont 300 millions de dollars pour les infrastructures de transport et 40 millions pour celles de distribution, indique le COPIREP.  Et le check-up de la SNEL réalisé par le Bureau central de coordination des projets (BCECO ), agence de l’État, conclut en la nécessité d’une thérapie de choc le plus vite possible. Tout fait défaut : câbles, transformateurs, approvisionnements et stocks,  système de prélèvements d’index, facturation.

 

L’agence sud-africaine STEWCO, partenaire de la SNEL dans la quête des financements, tente d’établir une connexion entre la firme américaine National Standard Finance (NSF)  et les décideurs congolais. Le groupe financier américain se propose de réhabiliter le réseau de distribution d’électricité  dans la capitale congolaise ainsi que la centrale hydroélectrique de Zongo (Kongo Central) qui est d’une capacité installée de 75 MW et dessert une large partie de Kinshasa, notamment le centre des affaires (Gombe).

National Standard Finance dispose pour ce faire d’une enveloppe de 810 millions de dollars qu’elle pourrait porter à 5 milliards de dollars, apprend-on d’une source proche de la SNEL. La délégation de la NSF, dirigée par son directeur manager Michael Tichevera, a, en effet, été conduite, le 27 juillet 2015, par Eric Mbala, directeur général de la SNEL auprès du ministre des Finances, Henri Yav Muland. Les deux parties ont convenu de l’élaboration d’une feuille de route inhérente à la matérialisation de l’offre de la NSF. «C’est une  procédure qui pourrait prendre trois à six mois», a confié à la presse Michael Tichevera, qui se veut tout de même confiant. Dans son agenda il est prévu un tête-à-tête avec la ministre du Portefeuille, Marie-Louise Munga, puis son  collègue de l’Énergie et  des Ressources hydrauliques, Matadi Nenga ; le ministre de l’Environnement Bienvenu Liyota ; le secrétaire général du gouvernement, Xavier Bonane, ou encore Moïse Ekanga, Secrétaire exécutif du Bureau de contrôle du programme sino-congolais.  Les Chinois de Synohydro construisent, à Zongo,  une seconde centrale électrique avec une capacité installée de 150 Mw.

Il est probable que ce soit encore des Chinois qui remporteront le marché  de la nouvelle ligne à haute tension de 240 KV  qui partirait d’Inga II pour  renforcer la desserte de la capitale en électricité. Ce projet sera cependant financé par la Banque mondiale dans le cadre du PMEDE, un projet d’électrification qui cible notamment de grandes agglomérations. Kinshasa, selon des experts du PNUD, sera, en 2025, la 14ème ville la plus peuplée du monde. Des projets de construction des logements sociaux inondent déjà le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Le dernier en date est celui de STEWCO, partenaire de la SNEL. La libéralisation du marché de l’électricité a le mérite, indique-t-on au COPIREP, de porter la couverture énergétique des populations congolaises de 6 à 60% dans dix ans, c’est-à-dire d’ici 2025. L’électrification urbaine, particulièrement, devrait, elle, quadrupler de 35 à 90% au cours de la même période.