Des besoins énormes en financement

Plusieurs projets sont élaborés dans le secteur de la santé publique et ont besoin d’un appui financier pour répondre aux multiples défis dont la réduction du taux élevé de la mortalité maternelle et infantile.

La RDC a  un taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus élevées au monde. (Photo BEF)

La RDC a un taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus élevées au monde. (Photo BEF)

Deux années pour construire deux hôpitaux et dix centres de santé en Ituri, dans la Province Orientale : c’est l’échéance que s’est fixé un projet du ministère de la Santé, qui vient de bénéficier d’un financement de 6 millions d’euros, de l’Union européenne, pour sa matérialisation. Des structures hospitalières, équipées en matériels et en médicaments, vont être érigées dans sept zones de santé de ce district. Ce projet, qui intègre également le besoin d’accroitre la capacité d’accueil de l’hôpital de référence de cette entité, qui ne dispose que de 90 lits pour plus de 100. 000 habitants, poursuit l’objectif de réduire le taux de mortalité infantile et maternelle qui est très élevé. Le but poursuivi est de se rapprocher de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement 4 et 5 (OMD 4 et 5), relatifs à la mortalité infantile et à la santé maternelle. « Nous assurons la gratuité de soins aux femmes enceintes. Nous allons promouvoir la prévention de la transmission de la mère et de l’enfant. En plus nous allons subventionner les médicaments à toute la population qui fréquente ces hôpitaux et les centres de santé », promet le Dr. Simbi Ahadi, gestionnaire de ce projet. « Sur les 12 centres de santé, il y a seulement quatre qui sont construits en dur. Ce projet aura vraiment un impact très positif sur la vie de la communauté à Tchomia », s’est réjoui, pour sa part, Dr. Hervé Bavi, médecin chef de zone de santé de Tchomia. Les fonds étant déjà mobilisés, les travaux de construction de ces infrastructures vont effectivement démarrer en octobre prochain.

Les défis

La RDC connaît une mortalité infantile parmi les plus élevées au monde, même si le ministère de la Santé a noté une légère amélioration de ce taux l’année dernière. Selon les estimations de l’enquête nationale sur la situation des enfants et des femmes (MICS), au moins un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans. Selon le rapport 2012 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC a enregistré en 2010, un total de 465 000 décès des enfants de moins de 5 ans dont près du tiers en période néonatale, et environ 15.000 décès maternels. Ce sont des pertes en vies humaines considérables et évitables. Le quatrième OMD vise la réduction de deux tiers, entre 1990 et 2015, de la mortalité des enfants de moins de cinq ans. Le pays ne pourra malheureusement pas atteindre cet objectif notamment à cause de l’augmentation de la mortalité des enfants au cours des années 90, due aux facteurs socioéconomiques et sécuritaires. Cette mortalité des enfants est plus élevée dans les zones rurales et a connu une augmentation plus rapide, selon une enquête nationale. Les besoins en financement du secteur de la santé sont donc énormes en RDC. Le présent décaissement des fonds de l’Union européenne en Ituri trouve tout son pesant d’or, dans une région touchée fortement par des conflits armés. Le Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2011-2015 aligne, parmi ses priorités, le développement des zones de santé, dans le cadre de la Stratégie de renforcement du système de santé (SRSS).

« En RDC comme dans beaucoup d’autres pays à faible revenus, la maternité (grossesse, accouchement et suite des couches) représente une période à haut risque pour la mère et l’enfant. En effet, au niveau individuel, c’est soit la mort, soit des atteintes psychologiques et organiques invalidantes qui s’en suivent. Au niveau communautaire, les complications de la maternité ont un impact négatif grave sur le plan de la vie sociale et économique des populations exposées. Autrement dit, elles créent et entretiennent la pauvreté », indique le Dr Francis Nzakimuena, médecin coordonnateur du projet Maternité à moindre risque du Centre hospitalier mère-enfant de Monkole. Ce projet s’insère dans le cadre de la recherche de l’amélioration de la santé des populations congolaises, conformément à l’objectif général du Plan national de développement sanitaire.