L’Allemagne : un sacre mérité

C’est une récompense sublime pour une grande génération dorée qui a émerveillé le monde du football ces cinq dernières années, sans jamais soulever un trophée. Ça y est ! La Mannschaft  de Özil, Khedira, Neuer, Klose et consort est enfin championne. 

Le jeune Götze, le buteur, tout à sa joie avec le trophée. (Phoro DR)

Le jeune Götze, le buteur, tout à sa joie avec le trophée. (Phoro DR)

Depuis le dimanche 13 juin au Maracana de Rio, elle trône sur le toit du football mondial en s’imposant face à la formation argentine conduite par Lionel Messi, en finale de la Coupe du monde. Un but du jeune de Bayern Munich, Mario Götze, à la 113ème minute de la prolongation, a suffi pour permettre à cette Nation de soulever pour la quatrième fois de son histoire la couronne  mondiale. Un sacre bien mérité tant bien pour l’ensemble de son parcours dans cette compétition, mais aussi pour la constance dans jeux imprimé par Joachim Löw, depuis six ans.

L’affiche de cette finale était déjà un classique puisque l’Allemagne et l’Argentine s’étaient rencontrées à deux reprises titre en jeu – et à seulement quatre ans d’intervalle – ce qui n’était jamais arrivé. Alors, même à un près d’un quart de siècle de distance, la « belle » promettait d’être jolie, d’autant qu’elle mettait aux prises deux équipes au style et à la philosophie de jeu différentes, pour ne pas dire opposés. En général, c’est le piment qu’il faut pour assaisonner les grands matchs.

Et grand, ce match a failli l’être avec une première mi-temps de très haute intensité durant laquelle les deux équipes se sont rendus coup sur coup, le plus souvent sur des contres ; puis une seconde mi-temps moins enlevée durant laquelle les Allemands ont baissé progressivement de pied. Et enfin une prolongation où la victoire a finalement choisi le camp allemand grâce à un éclair de génie du duo Schürrle-Götze, deux joueurs qui n’étaient pas dans le onze de départ de la Mannschaft au coup d’envoi.

Flash-back sur la rencontre

La première opportunité de la partie est allemande. Un coup franc à 30 m pour une faute sur Müller mais elle est complètement vendangée par souci de vouloir combiner au lieu de frapper direct. La réplique Argentine est immédiate : débordement de Lavezzi et ballon récupéré par Higuain qui croise trop son tir (4e). Contrairement à certaines finales du passé, il n’y a pas de round d’observation entre les deux équipes qui se livrent à fond, dès l’entame.

Sur son premier ballon d’attaque, Messi place une accélération foudroyante côté droit qui sème Mats Hummels, mais son centre en retrait est repoussé in extremis par Bastian Schweinsteiger (9e). Une minute plus tard, un centre de Lavezzi ne trouve pas preneur non plus. A chaque offensive allemande répond un contre argentin, avec souvent Lavezzi comme élément déclencheur. Dans les deux camps, le danger vient souvent sur le flanc droit où Philipp Lahm et Thomas Müller donnent des soucis à Rojo et Garay, autant que Lavezzi et Messi le font avec Hummels et Höwedes. Bizarrement, le Parisien sortira à la mi-temps au profit d’Agüero alors qu’il avait été plutôt bon lors des 45 premières minutes.

C’est sur l’une des rares erreurs allemandes que vient la plus belle occasion pour l’Argentine mais Gonzalo Higuain ne profite pas de l’aubaine, après une tête en retrait de Kroos qui lui permet de se présenter seul devant Neuer. Le cadeau est tellement énorme que l’attaquant du Napoli n’y croit pas et ne trouve pas le cadre sur sa frappe du pied droit (20e). Rageant ! Le natif de Brest croit bien s’être rattrapé 10 minutes plus tard sur un ballon de Lavezzi mais, tout à sa joie d’avoir marqué, il n’a pas vu que le juge de touche avait levé son drapeau pour un hors-jeu très net (29e). C’est à ce moment-là qu’André Schürrle fait son entrée à la place de Kramer, pas remis d’un choc avec Garay, un ajustement qui va déstabiliser le milieu de terrain allemand.

Lionel Messi est d’ailleurs tout près de le lui faire payer sur une accélération côté droit qui laisse sur place Mats Hummels mais le ballon du N. 10 argentin est déjà perdu quand Boateng le dégage devant sa ligne de but. Le jeu se durcit avec des fautes de Garay sur Müller et de Schürrle sur Biglia, un avant-goût de ce qui va suivre dans cette partie souvent virile et parfois pas très correcte.

Götze le tueur  

Dès le retour des vestiaires, Messi se voit offrir, sur un nouveau contre, une occasion presqu’aussi belle que celle d’Higuain en 1ère mi-temps mais son tir croisé frôle le montant gauche de Neuer. Mais l’Argentine est dans un temps fort dans cette entame de seconde période, où elle fait reculer toute la Mannschaft de 20 m. Cette maîtrise se manifeste à nouveau par une sortie hasardeuse de Neuer, obligé de boxer le ballon au devant d’Higuain à la limite de ses 16,50 m. Sur l’action, le gardien allemand bénéficie de la clémence de l’arbitre M. Rizzoli qui aurait pu lui donner au minimum un jaune pour charge irrégulière.

Peu en vue depuis la reprise, Messi se signale à nouveau en tentant sa « spéciale », départ côté droit et frappe enroulée du gauche mais ça passe à1 m du but de Neuer (75e). Et c’est encore le quadruple Ballon d’Or qui se distingue en obligeant Neuer à sortir dans ses pieds après avoir éliminé la défense allemande à lui tout seul (78e). L’Allemagne est à la peine dans cette fin de match mais c’est quand même elle qui obtient la dernière occasion du temps règlementaire par Mario Götze, qui vient d’entrer en jeu à la place de Klose (90e).

Dans la nuit de Rio, tout au bout du combat, la lumière jaillit finalement d’un débordement de Schürrle conclu par un centre à destination de Mario Götze. Le joueur du Bayern, 22 ans à peine, réussit le geste parfait : un enchaînement contrôle de la poitrine – reprise du gauche qui surprend Romero, l’Allemagne tient sa victoire et son quatrième titre (113e) ! Elle restera à jamais la première équipe européenne à s’être imposée sur le continent américain. Accessoirement, elle rejoint l’Italie au rang des sélections quatre fois titrées, juste derrière le Brésil et avec désormais deux longueurs d’avance sur l’Argentine et l’Uruguay.

Les victoires en Coupe du monde

  • 5 titres : Brésil (1958, 1962, 1970, 1994, 2002)
  • 4 titres : Italie (1934, 1938, 1982, 2006)  Allemagne (1954, 1974, 1990, 2014)
  • 2 titres : Uruguay (1930,1950) Argentine (1978, 1986)
  • 1 titre : Angleterre (1966)Espagne (2010) France (1998)