Le gouvernement congolais valide six sites miniers dans le Nord-Kivu

Un poste d’observation au pied du mont Mikeno dans le parc des Virunga, convoité pour son potentiel pétrolier et minier.

Un poste d’observation au pied du mont Mikeno dans le parc des Virunga, convoité pour son potentiel pétrolier et minier.

Le gouvernement congolais a validé six sites miniers dans le secteur de Bapere, en territoire de Lubero dans la province du Nord-Kivu. La matérialisation de cette validation a consisté en l’étiquetage des minerais desdits sites, lequel a débuté samedi 4 avril 2015 pour se clôturer lundi. Pour la circonstance, l’International Tin Research Institute (ITRI) a posé les étiquettes sur les premiers colis de minerais de cassitérite, wolframite et coltan provenant des puits de la zone de Mangurejipa, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Butembo. Ces minerais étaient déjà traités par les négociants.

A la suite de l’étiquetage, le ministre provincial des Mines du Nord-Kivu, Jean Ruyange, a procédé au lancement de l’exportation des minerais. Pour l’administrateur du territoire de Lubero, Joy Bokele, la validation des sites miniers va propulser l’économie de son entité. Il a estimé que l’amélioration de la traçabilité de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de minerais extraits des sites validés vient de lever l’embargo qui pesait sur les minerais de Lubero dont l’or, outre les minerais stannifères.

L’étiquetage a été réalisé par ITRI sous la supervision des responsables du Service d’assistance et d’encadrement de la petite mine (Saesscam), qui dépend du ministère des Mines.

En août 2012, la Securities and Exchange Commission (Sec) du ministère américain des Affaires étrangères avait publié une réglementation exigeant aux entreprises américaines, qui utilisent le tungstène, le tantale, l’or et l’étain, de rendre publique l’origine des minerais importés. Étant donné que les sites miniers du Nord et du Sud-Kivu étaient sous le contrôle des groupes armés, les minerais produits dans ces provinces étaient donc frappés d’embargo.

Trois mois plus tard, les membres de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) avaient décidé que les minerais de la RDC, principalement l’or et le coltan, soient certifiés avant d’être vendus. Selon eux, certains minerais étaient utilisés pour financer des groupes armés qui déstabilisaient la région. Il fallait attendre 2014 pour voir la CIRGL délivrer le tout premier certificat aux mines du territoire de Kalindi au Sud-Kivu.