Le PASA-NK entre dans sa phase d’exécution

Les résultats de l’étude de faisabilité ont été approuvés en 2015 à la grande satisfaction des parties en présence. Place désormais à l’exécution du projet, dont la durée est de six ans, à partir de janvier 2016.

Le PASA-NK cible de 28 400 ménages et se concentre sur le riz, le maïs, le café et la pomme de terre.

Le PASA-NK cible de 28 400 ménages et se concentre sur le riz, le maïs, le café et la pomme de terre.

Évalué à 53 millions de dollars pour sa réalisation, le Projet d’appui au secteur agricole dans la province du Nord-Kivu (PASA-NK) vient de bénéficier d’un financement supplémentaire de l’ordre de 33,8 millions de dollars de la part du Fonds international de développement agricole des Nations unies (FIDA). Les activités du PASA-NK ciblent 28 400 ménages et portent sur le renforcement des capacités des agriculteurs, des organisations paysannes et des services agricoles provinciaux. Elles se concentreront sur quatre filières porteuses pour le développement agricole : le riz, le maïs, la pomme de terre et le café. Il s’agit, en fait, d’améliorer la production, la transformation et la commercialisation de ces produits agricoles. Le PASA-NK propose une approche centrée sur les producteurs membres d’organisations paysannes dans chacune des filières et sur les entrepreneurs ruraux porteurs d’initiatives économiques, en amont ou en aval des filières retenues. Il vise le renforcement durable de la sécurité alimentaire et l’amélioration des revenus des petits producteurs agricoles au Nord-Kivu. De façon spécifique, il s’agira de professionnaliser les organisations paysannes et de développer leurs capacités à fournir des services économiques à leurs membres dans l’intensification de la production, la mise sur le marché et l’accès aux services financiers.

Le FIDA avait organisé une mission de terrain, en avril 2015, afin d’identifier les zones d’intervention et les organisations paysannes qui, par leur engagement et leur savoir-faire, portent les filières agricoles retenues. Cette mission avait élaboré des plans d’affaires de ces organisations et déterminé les gains de productivité attendus de l’intensification et des plus-values que les petits producteurs regroupés qui intègrent ces filières peuvent en retirer. À l’issue de sa visite, l’année dernière, le directeur général du FIDA, Felix Kanayo Nwanze, avait déclaré qu’en considérant la quantité de précipitations et les terres arables disponibles, le secteur agricole du pays a un potentiel considérable pour se développer et prospérer si des vrais investissements et des vrais engagements sont faits. Le FIDA, qui pilote ce projet a déjà débloqué 326,8 millions de dollars dans des initiatives agricoles en République démocratique du Congo depuis une trentaine d’années. Mais ses interventions ont été suspendues suite aux différents événements politiques des années 1990. C’est seulement en 2004 qu’il a repris sa coopération avec le gouvernement.

Jacques Strebelle, qui avait conduit la mission d’experts du FIDA au Nord-Kivu, se dit confiant quant à la réalisation du PASA-NK et au développement de cette province. D’après lui, il existe encore dans le Nord-Kivu « un dynamisme fort important et un climat favorable au développement ». Il fonde son optimisme sur la présence de plusieurs organisations paysannes qui y travaillent depuis plus de trente ans et ont développé leurs réseaux. En partenariat avec le secteur privé, ces organisations sont en train de structurer les filières culturales en vue de l’exportation. Le PASA-NK émarge à la neuvième reconstitution des ressources du FIDA. Dans cette allocation, 35 millions de dollars sont disponibles pour la République démocratique du Congo. Cependant, la hauteur du financement dépendra des activités et des investissements qui seront déterminés dans le cadre de la formulation de ce projet. La stratégie d’intervention du FIDA s’inscrit dans le cadre des priorités du gouvernement, en vue de la réduction de la pauvreté rurale. L’organisme onusien intervient dans le cadre de la prévention de crises et du redressement, dont les objectifs portent notamment sur le renforcement de la capacité de la population ciblée à faire face aux chocs, en préservant les activités de développement rural ; sur le rétablissement de la capacité de production agricole et le renforcement de la sécurité alimentaire ; ainsi que sur l’’appui aux ruraux pauvres afin qu’ils disposent de moyens de faire face aux crises futures, en reconstituant leur capital social.

Le PASA-NK vise la stabilisation des ménages victimes des affres de la guerre et la consolidation des efforts de paix. La zone d’intervention (Goma et son hinterland, Rutshuru, Lubero et Beni) a été circonscrite par rapport aux grands centres de consommation de la province, ainsi qu’en fonction de l’approche de l’intégration régionale avec les pays voisins. Depuis 2004, le FIDA a financé quatre programmes du gouvernement dans cinq provinces. Il s’agit du Programme de relance agricole dans la province de l’Équateur (2005-2012), avec un financement complémentaire du Fonds belge pour la sécurité alimentaire; du Programme de réhabilitation de l’agriculture dans le district de la Tshopo, devenue une province (2007-2013), avec un financement complémentaire du Fonds belge pour la sécurité alimentaire ; du Programme intégré de réhabilitation de l’agriculture dans la province du Maniema (2010-2019), avec un cofinancement du Fonds de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) pour le développement international ; ainsi que du Programme d’appui aux Pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraîchers (PAPAKIN, 2013-2023) basé à Kikwit, dans le Kwilu, avec une antenne à Mbanza-Ngungu, dans le Kongo-Central.