Les estimations revues à la baisse

Au cours de sa sixième réunion ordinaire, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) a analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale. De cette étude, il s’est dégagé que le niveau de croissance provisoire se chiffre désormais à 8,8 % contre 9,5 % tel que projeté. 

Une réunion du Comité de politique monétaire de la BCC. (Photo BEF)

Une réunion du Comité de politique monétaire de la BCC. (Photo BEF)

Les membres du Comité de politique monétaire ont, sous la présidence de Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, gouverneur de la Banque centrale du Congo, analysé les différents paramètres de l’économie nationale. De ce fait, ils ont évalué l’évolution récente de la conjoncture nationale et internationale et apprécié les menaces susceptibles d’influer négativement sur les perspectives à court terme, en matière de stabilité des prix. A l’issue de cet examen, le Comité de politique monétaire a arrêté plusieurs décisions.  De l’évolution de la conjoncture, il a revu à la baisse le taux de croissance économique. Les estimations provisoires tablent désormais sur une croissance de 8,8 % du PIB réel en 2014, contre une projection de 9,5 %. A en croire ses membres, cette révision des performances économiques à la baisse en 2014 est liée notamment au comportement des matières premières, particulièrement le cuivre dont les cours ont été plus faibles que prévus.

Cette révision des performances économiques à la baisse en 2014 est liée notamment au comportement des matières premières, particulièrement le cuivre dont les cours ont été plus faibles que prévus.

Le Comité de politique monétaire 

Cependant, par rapport aux réalisations de 2013 de 8,5 %, ce niveau de croissance qui dépasse de 3,4 points la moyenne projetée pour l’Afrique subsaharienne, demeure robuste, s’est félicité le gouverneur de la BCC, avant d’indiquer que le maintien de l’activité est attesté par le bon comportement du solde brute d’opinions des chefs d’entreprises qui affiche 20,9 % en moyenne sur le premier semestre 2014, contre 17,1 % à la période correspondante de 2013. En ce qui concerne le niveau général des prix à la consommation, il a été noté que l’inflation demeure sous contrôle. En effet, le taux d’inflation, fin juin, s’est chiffré à 0,7 %, soit 1,4 % en glissement annuel, contre un objectif de 3,7 %. Cette situation s’explique par la détente des prix de produits alimentaires importés et le prix à la pompe qui vient d’être revu à la hausse. Les tendances à court terme indiquent globalement des faibles risques d’inflation. Sur le marché de change, les membres du comité ont le maintien de la stabilité du taux, fin juin. En effet de fin juin 2013 à fin juin 2014, le taux de change est passé de 917,49 CDF le dollar à 926.1 CDF à l’indicatif et de 925.00 CDF à 93 1,25 CDF le dollar au parallèle. Examinant l’évolution des réserves de change au terme du premier semestre, il a été observé un accroissement de 13 millions de dollars situant l’encours des réserves à 1 739,87 millions de dollars. Ce qui correspond à 8,3 semaines d’importation des biens et services sur les ressources propres. Quant à l’évolution des conditions monétaires, le taux moyen pondéré des transactions sur le marché interbancaire s’est établi à 1,7 % en moyenne, au cours des six premiers mois de 2014 contre 2,5 % pour la période correspondante de 2013. En banque, le coût moyen des ressources levées auprès de la BCC au premier semestre 2014 a été de 3,0 % sur les facilités et 2,0 % sur les prêts à court terme contre 7,0 % et 5% respectivement une année plus tôt. L’encours des bons BCC, du fait de la demande de plus en plus croissante de la monnaie nationale par les banques, a connu une décrue, contribuant à injecter 11,5 milliards de CDF sur le mois et près de 75 milliards sur le semestre. Cette injection de la liquidité a été dictée par le souci de répondre aux besoins croissants de l’économie dans un contexte de stabilité et de contraction des agrégats monétaires. Au regard de la stabilité remarquab1e du cadre macroéconomique et afin d’améliorer la collecte des dépôts en monnaie nationale indispensable au financement des activités productives intérieures, le Comité de politique monétaire a décidé d’ôter et d’alléger toute contrainte sur les dépôts en monnaie nationale. C’est dans ce contexte que le coefficient de la réserve obligatoire passe désormais de 3,0 % à 0,0 % pour les dépôts à terme et de 7 % à 5% pour les dépôts à vue. Les coefficients de réserve obligatoire sur les dépôts en monnaie étrangère, aussi bien à vue qu’à terme, restent maintenus respectivement à 8 % et 7 %. Le taux directeur, lui, reste inchangé (2 %).  Par ailleurs, le Comité de politique monétaire a tenu à encourager le gouvernement dans la poursuite, voire l’accélération de la mise en œuvre des réformes structurelles, pour une croissance économique vigoureuse et inclusive. Sur le plan international, il a noté que la reprise de la croissance économique se trouve conforter par le regain de dynamisme d’activités dans les pays industrialisés. Il a relevé que le ralentissement de l’activité économique dans les principaux pays émergents fait peser des incertitudes sur les perspectives de l’économie mondiale. Concernant les économies africaines, le sommet de l’UA à Malabo, en juin, a réitéré l’engagement de relancer l’agriculture en Afrique.