L’option agriculture

Le gouvernement  s’appuie sur ce secteur pour stimuler l’économie nationale.

Le gouvernement veut relancer un secteur à l’abandon depuis des décennies

Le gouvernement veut relancer un secteur à l’abandon depuis des décennies

Il n’y a pas que le coltan, le cuivre, l’or, le cobalt et le diamant qui peuvent amener la RDC au développement. En effet, avant, pendant et après la colonisation, l’agriculture a été une source de revenus non négligeable des populations congolaises. Mais, à ce jour et cela depuis de nombreuses décennies, toutes les plantations où l’on pratiquait des cultures notamment vivrières et maraichères, sont à l’abandon. Le pays importe tous les produits agricoles, même les légumes et le simple fruit, comme l’orange, et n’exporte plus grand-chose si ce ne sont que des grumes.

Le Gouvernement, ayant compris que la RDC dispose d’un potentiel agricole hébergeant plus de 80 millions de terres arables, de l’eau douce abondante et permanente a levé l’option de booster le secteur agricole afin de soutenir la croissance économique. Le chômage pourra ainsi être absorbé et la pauvreté réduite. Cela a motivé la mise en route du « Plan national d’investissement agricole 2013-2020 », appelé à faire du secteur agricole la priorité absolue et pousser la RDC à l’émergence, à l’horizon 2030. Dans la mise en œuvre de ce plan, des stratégies se multiplient.

C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’organisation de la « Conférence économique nationale pour la promotion de l’agriculture domestique », à Kinshasa, du 22 au 23 juillet, sous le thème : « Problématique et perspectives du développement économique à partir des chefferies, secteurs et territoires ». L’objectif poursuivi était d’envisager des possibilités pour relancer la production agricole en RDC, lutter contre la fraude aux frontières et élaborer la cartographie des centres à excédent de production.

Au terme de ces travaux, les participants au nombre desquels se retrouvaient le pouvoir public, le privé, les partenaires au développement, les bailleurs des fonds, la société civile et le monde paysan et agricole, ont formulé une batterie de recommandations avec des actions susceptibles de développer le secteur, dans la perspective d’une croissance inclusive de l’économie de la RDC. Concrètement, ils ont notamment recommandé la réhabilitation de la fonction de l’agronome et des moniteurs agricoles, l’intégration de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) dans la chaîne de production, l’ouverture des filières de formation en agriculture, les encouragements aux facultés d’économie et d’agriculture dans les universités congolaises. Ils ont également plaidé pour défiscaliser progressivement la filière agricole, soutenir la relance des filières d’exportation de certains produits agricoles et les petites et moyennes entreprises du secteur de transport. Il a été exigé au ministère de l’Agriculture et Développement rural, de réhabiliter les routes de desserte agricole, revoir à la hausse le budget alloué au secteur agricole, poursuivre la lutte contre les tracasseries et autres taxations illicites et de placer les territoires et secteurs au centre de la planification agricole.

Les travaux de ce forum sont intervenus après des événements majeurs. Il s’agit, entre autres, de l’organisation des campagnes initiées en juillet 2012, destinées à appuyées les paysans dans les 11 provinces de la RDC, en mettant à leur disposition des intrants agricoles et des tracteurs pour la mécanisation de leurs activités, et du salon de l’agriculture, pêche , élevage et forêt, en 2013, à la Foire internationale de Kinshasa, où les opérateurs du monde agricole ont exposé leurs produits. Il faut ajouter à cela le lancement par le Chef de l’Etat, le 15 juillet dernier à Bukanga-Lonzo, dans le Bandundu, du premier d’une série des parcs agro-industriels destinés à stimuler le développement de la RDC. Le ministre de l’Agriculture, Jean –Chrysostome Vahamwiti a reconnu que ce programme (parc agro-industriel) a été mis en route à une période où la croissance économique générale de nombreux pays industrialisés, vers lesquels la RDC exporte des minerais a ralenti. Il s’avère donc impératif, pour notre pays de développer des mécanismes endogènes qui renforcent la tendance de croissance de l’économie durable et limiter la vulnérabilité d’une économie dépendante des ressources naturelles et des fluctuations du marché international. Le programme des parcs industriels va, non seulement permettre à la RDC de satisfaire les besoins de consommation intérieure, mais aussi de devenir un important exportateur des produits alimentaires, à moyen terme.

Par ailleurs, il est un partant d’inscrire dans le cadre des actions devant soutenir le Plan national d’investissement agricole 2013-2020, la tenue prochaine à Kinshasa du 26 au 29 octobre 2014, d’un grand événement à caractère économique et agricole dénommé « Agri Business Forum 2014 ». Cette grand-messe va regrouper 450 participants, dont les décideurs politiques, bailleurs des fonds, hommes d’affaires, chercheurs managers d’entreprises et privés, opérateurs du secteur agro-alimentaire. Ils vont échanger sur les pistes destinées à booster le secteur agro-alimentaire, en Afrique en général, et, en RDC en particulier. Ils devront focaliser leurs réflexions sur les différentes opportunités de partenariat entre les pays africains et le reste du monde entier ainsi que sur les meilleures pratiques à mettre en œuvre, pour attirer les investisseurs. Le choix de la RDC a été motivé, essentiellement, par l’assainissement du cadre macro-économique, les réformes économiques engrangées, la tendance vers l’attitude positive adoptée depuis quelque temps par les bailleurs des fonds, le retour de la paix dans la partie Est et le potentiel agricole du pays. Concernant particulièrement l’agriculture, les analystes estiment que la RDC saisira cette aubaine pour trouver des moyens financiers et techniques pouvant lui permettre d’impulser la politique de l’autosuffisance alimentaire, réhabiliter les fermes et plantations abandonnées et en créer de nouvelles, afin de nourrir plus de 70 millions de congolais.