Opération séduction dans les entreprises

Plus, ces institutions financières inondent le marché congolais, mieux la concurrence, entre elles, devient rude. Cela pousse chacune à adopter des stratégies de proximité, pour attirer la clientèle.

Siège d’une banque commerciale à Kinshasa. (BEF)

Siège d’une banque commerciale à Kinshasa. (BEF)

Les banques commerciales opérant en RDC se lancent, depuis peu, à la quête des clients, parmi les agents travaillant dans des entreprises publiques comme privées de la place. Pour attirer plus de clientèle, chaque banque fait étalage de ses produits les plus attractifs. A la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), des retraits en francs congolais ne sont plus payants. Quant aux retraits effectués en devises, le client ne paie pas, non plus, des frais lorsque son compte est approvisionné en espèces. Cette condition est valable, pour un montant allant jusqu’à 10.000 dollars. Au-delà de ce montant, le client devra débourser 0,1 %, au titre de frais, auquel il faut ajouter 16 % de la TVA. Sur un compte approvisionné par virement, le taux est fixé à 0,75 %, en plus de la TVA. La banque propose un carnet de chèque à 30 dollars, en plus de la TVA. Lorsque le client reçoit de l’argent venu de l’extérieur, il n’y a rien à payer, en dehors de la RCC de 20 %. Les transferts émis vers l’étranger coûtent au propriétaire d’un compte, 0,50 % du montant. Le client est dispensé de tout paiement lorsque le transfert s’effectue via un réseau BIAC. Par contre, il doit s’acquitter de la TVA et payer 0,5 du montant, à la banque lorsque ce transfert s’effectue par le canal des banques locales. Tout en précisant que les tranches mensuelles de remboursement ne doivent pas excéder la quotité cessible légale de l’agent (30 % du salaire net), la BIAC a fixé la durée maximale de remboursement, à 60 mois. Il n’existe pas des frais d’obtention de la carte de débit local.

Rude concurrence

La Rawbank n’est pas restée bras croisés. Face à la concurrence rude qui s’est installée sur le marché, elle propose aussi sa tarification préférentielle de « Crédit Express », « qui apportera aux agents un réel avantage, en termes de flexibilité ». Pour un agent pouvant justifier de 12 mois d’ancienneté et d’un salaire mensuel minimum de 150 dollars, la Rawbank est prête à lui verser l’équivalent de 12 mois de salaire, au titre de crédit. Ce dernier est remboursable au bout de 48 mois, suivant la durée du contrat de travail, plus une garantie supplémentaire. Le montant maximum du crédit est de 20.000 dollars, par personne. Au passage, la banque perçoit 1 % de la valeur du crédit au titre de frais de dossier et des intérêts de 18 %, l’an, si celui-ci est accordé en dollars et de 48 %, l’an en francs congolais. Présente en RDC depuis 2002, la Rawbank a déjà offert à sa clientèle plusieurs services de crédits dont « easy shop, crédit express, money cash, crédit scolaire. »

Chez le nouveau-venu Bank of Africa (BOA), il y a aucun versement à l’ouverture d’un compte bancaire. Pour se procurer un chéquier de vingt-cinq feuillets, le client est tenu de débourser 12,5 dollars, en plus de la Tva. Les ordres de paiement divers (OP) sont fournis gratuitement. Les prêts sont étalés sur une période allant de 6 à 60 mois, avec un taux d’intérêt de 13 %, plus la TVA. Le client peut solliciter un découvert à un taux d’intérêt de 16 %, l’an, plus la Tva. Le compte épargne (compte bloqué) est rémunéré à 3,25 %, l’an. Les cartes bancaires privatives sont offertes gratuitement sur les deux premières années de l’ouverture du compte. Là où la BOA innove, c’est lorsqu’elle accorde à ses clients, la possibilité de racheter des crédits, contractés auprès d’autres banques. La formule a été proposée aux agents d’une entreprise de la place, qui ont vite déserté une banque concurrente.

La RDC compte une vingtaine d’établissements bancaires qui sont en une forte expansion, alors qu’en 2005, on en comptait que six. Le nombre de comptes en banques a connu également une forte explosion, passant de 30.000 à plus de 2 millions. Dans le lot des groupes bancaires opérant dans le pays, quatre sont détenus par des étrangers qui contrôlent, à eux seuls, plus de 70 % du marché. Parmi eux, la Banque commerciale du Congo (BCDC). Installée au pays depuis 1909, l’ancien Belgolaise est la plus ancienne du pays.

La RawBank est installée, depuis une dizaine d’années. La Trust Merchant Bank (TMB), elle, a taillé son chemin dans les mines de la capitale du Katanga, avant de poser ses valises à Kinshasa, avec succès. Citi bank, la Sud-africain Standard, les groupes panafricains Ecobank et Afriland First Bank (Cameroun), BGFI Bank (Gabon), UBA (Nigéria), Advans Bank, Access complètent une liste qui ne fait que s’allonger.