Perenco et l’après-pétrole

Ce groupe pétrolier compte se lancer dans l’exploitation et la production du gaz dans le bassin côtier. Cependant, il n’est pas prêt à se désengager de la RDC, malgré la fin annoncée de sa production du brut à Muanda. 

Perenco mise sur la valorisation des réserves en gaz. (DR)

Perenco mise sur la valorisation des réserves en gaz. (DR)

Cette société a annoncé cette nouvelle à l’occasion de la « Journée des Hydrocarbures » organisée, début août, à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin). Pour ce faire, cette entreprise française mise sur la valorisation des réserves en gaz dudit bassin. Ces réserves associées au pétrole, sont estimées à 20 milliards de m3 en offshore, et à 10 milliards de m3 en onshore.

Opérationnel depuis 2000 à Muanda, dans la province du Bas-Congo, Perenco produit 25.000 barils de pétrole brut dans les champs onshore et offshore du bassin côtier. Grâce à des investissements importants et à une technologie innovante, la société a su valoriser les champs matures et marginaux pour maintenir la production des champs abandonnés, auparavant, par d’autres opérateurs. Le groupe a fait recours à des techniques de récupération sophistiquées qui consistent à injecter de l’eau et du gaz dans les puits, afin d’augmenter le taux de récupération des hydrocarbures. Grâce à un investissement conséquent, le groupe a su maintenir la production à 25 000 barils, par jour. Cela est le résultat d’un travail du producteur sur la zone d’exploitation, en vue de lutter contre le déclin naturel de ces champs. Dans la pratique, la valorisation de ces champs permet d’augmenter la production, en jouant sur la rationalisation des coûts, afin d’en baisser, au maximum, la limite économique et repousser la fin de l’exploitation. Les champs matures sont ceux dont la production cumulée est supérieure à 90 % de réserves prouvées, des champs en fin de vie, dont la rentabilisation économique nécessite une approche et des stratégies particulières.

Vers d’autres horizons

Des experts affirment que les champs matures sont arrivés en fin de vie et que l’opérateur doit réorienter sa stratégie. C’est dans ce cadre que Perenco a décidé de valoriser le gaz associé et éviter le recours systématique au torchage. Des projets sont envisagés à cette fin. C’est le cas notamment du projet « gaz naturel liquéfié », initié par Chevron, un autre opérateur pétrolier, en vue de relier Cabinda à la station terminale de liquéfaction de Soyo, en passant par le permis offshore de Perenco. Le deuxième projet, appelé « gaz naturel compressé », vise l’usage domestique du gaz fourni par la société et mis en condition dans des bouteilles destinées aux gazinières publiques, et accessibles aux communautés locales, moyennant un montant symbolique à payer par les utilisateurs. En 2013, la société a procédé au forage de deux puits de délinéation à terre, pour la mise en œuvre de ce projet.

Si vous voulez devenir leader et réussir dans la vie, il n’y a pas de la magie à faire. Il faut simplement s’armer de la volonté, de la détermination, du sens de sacrifice et de l’intérêt général, de l’abnégation ainsi que de l’humilité

Matata Ponyo

ce cadre, le gaz est déjà utilisé comme carburant, pour alimenter les générateurs et les turbines de la centrale électrique de Kinkazi, qui dessert en électricité les installations onshore et offshore de Perenco, à Muanda. Une partie de l’électricité produite, soit 1 mégawatt est offerte à la Société nationale d’électricité (Snel), pour l’électrification d’une partie de la ville et de la cité. Par ailleurs, la Snel dispose des générateurs à gaz, qui sont alimentés par le gaz produit dans les champs d’exploitation de Perenco. Plusieurs autres générateurs ont été installés sur le territoire. Ils alimentent en électricité les villages des pêcheurs de Nsiamfumu, Muanda village, la base militaire de Kitona et le village de Kindofula. Le gaz est aussi utilisé pour l’activation des puits de production par le système appelé « gaslift » et le fonctionnement des chaudières du terminal pétrolier.

Responsabilité sociale

D’autres actions sociales réalisées en faveur de la population du Bas-Congo sont à mettre dans l’actif de Perenco. Il s’agit de la construction de bornes fontaines, la réhabilitation des écoles, des hôpitaux, des bâtiments administratifs, des routes, de la desserte en eau etc. Le groupe intervient également dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures, la formation des jeunes (maçonnerie, électricité, mécanique etc). Le montant conventionnel prévu dans le contrat de partage de production (CPP) est de 210.000 dollars par an, auxquels il faut ajouter d’autres sommes débloquées, pour l’entretien des générateurs à gaz de la Snel, des puits de la Régideso, des infrastructures, notamment des routes.

En ce qui concerne le volet environnement, Perenco a initié un projet d’agroforesterie sur 170 hectares, avec la mise en terre de 40.000 plantules d’acacias, sur 40 hectares. Perenco est présent dans 17 pays (Europe du Nord, Afrique, Amérique Latine et Asie du Sud-est). Sa production totale atteint 375.000 barils de pétrole, par jour. Pour rappel, la contribution du secteur des hydrocarbures a atteint 450 millions de dollars en 2011, soit 10 % du budget national. Elle était de 550 millions, pour l’exercice 2008-2009. En 2013, la société a contribué pour plus de 400 millions de dollars, au budget de l’Etat.

INFO BOX

  • Le gaz non utilisé est brûlé par torchère.
  • Réserves : 20 milliards de m3 en offshore et à 10 milliards de m 3 en onshore.

Quid de la législation ?

La RDC regorge d’importantes réserves pétrolières. Il convient de la doter d’un cadre légal convenable devant régir l’attribution des blocs pétroliers, pour l’intérêt des parties impliquées dans l’exploitation. Le gouvernement entend, à travers la loi portant régime général des hydrocarbures, garantir le contrôle des activités pétrolières, le respect des règles d’hygiène, de sécurité, de la protection de l’environnement. Elle vise également l’obtention d’une part équitable des revenus, du système fiscal à mettre en place et de la réalisation par les investisseurs des actions sociales pour le développement des communautés locales. Ce secteur est encore régi par l’Ordonnance-loi du 2 avril 1981, portant législation générale sur les mines et les hydrocarbures. Le code des hydrocarbures, encore en discussion au parlement va apporter des réponses satisfaisantes aux préoccupations des investisseurs, à savoir, le droit de monétiser la production, la stabilité du régime applicable et son caractère obligatoire.