Que veut la Communauté internationale ?

AFP PHOTO JUNIOR D. KANNAH

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Le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, Martin Kobler a fait valoir mercredi au cours de la vidéoconférence de presse hebdomadaire des Nations Unies que « le processus de Kampala doit continuer et les 5 envoyés spéciaux de la communauté internationale ont regretté la non signature de l’accord (déclaration) de Kampala entre le gouvernement et le M23 ». Il a indiqué à ce sujet que la situation sur le terrain des opérations a changé, mais le problème politique n’a pas disparu puisque le M23 est un mouvement politique et militaire.

Ces déclarations bouleversantes surprennent du coup tous les congolais et tous ceux qui suivent de près la situation dans le pays. En effet, plusieurs interrogations surgissent dans la mémoire. D’abord, quelle sorte d’accord va-t-on signer avec un groupe qui n’existe plus militairement sur le terrain ? Ensuite, Quelle sera la réaction du gouvernement face aux prétendues exigences des rebelles ? Enfin, Quel est le plan caché de la communauté internationale, en imposant ce schéma ? Il va sans dire qu’il faut beaucoup de prudence de la part du gouvernement car il n’est pas exclu de voir une autre guerre refaire surface avec le même groupe ou avec un autre transformé.

En effet, comment comprendre que M. Kobler estime à ce stade qu’il est important de rechercher les causes profondes de la crise en vue d’une paix durable pour résoudre le problème de la bonne gouvernance, restaurer l’autorité de l’Etat, la nécessité de combattre la corruption et l’impunité alors qu’il y a peu les mêmes envoyés spéciaux avaient salué la fin de la rébellion du M23 qui constitue une étape importante pour garantir la paix dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs. On se rappelle qu’à cette occasion ils avaient promis tout leur soutien à la RDC pour accompagner le gouvernement dans sa détermination de traquer les rebelles ! N’est-ce pas que les Nations Unies avaient qualifié le M23 et autres FDLR de forces négatives ? Y-a-t-il du mal à éliminer des forces  qui tuent, violent, et volent les congolais ? Il est temps que le congolais sorte de son sommeil. Le M23 regorge en son sein des auteurs des crimes de guerre, violations des droits de l’homme, enrôlements des enfants soldats qui doivent être punis. Le peuple congolais a beaucoup souffert des effets pervers de cette guerre dont les tireurs des ficelles ont été mis au grand jour. Maintenant que les FARDC ont mis en déroute la rébellion, la page doit être tournée définitivement. L’époque de la signature de l’accord de paix rejetée à plusieurs occasions par la rébellion est révolue. La paix lui a été imposée et ce n’est pas de gaité de cœur qu’elle l’a acceptée. C’est le temps de signer la déclaration de fin des hostilités comme l’a reconnu la rébellion dans son communiqué. Le Président ougandais Yoweri Museveni et son ministre de la Défense, Dr Cispus Kiyonga ont tout intérêt à faire usage de leur leadership en tant que médiateurs pour conclure les pourparlers de Kampala par la signature de « la déclaration de fin de guerre ». Ils en sortiront ragaillardis et lavés de tout soupçon aux yeux des congolais et de l’Unité africaine. Le leadership, c’est aussi jouer à la transparence.