Un consultant chargé de la révision des prescriptions de gestion

L’exploitation industrielle du méthane du lac Kivu devra respecter les normes environnementales

L’exploitation industrielle du méthane du lac Kivu devra respecter les normes environnementales

On s’achemine lentement mais sûrement de la phase d’exploitation du gaz méthane du lac Kivu. Un groupe d’experts des ministères des Hydrocarbures et des Ressources Hydrauliques et Electricité et de l’assistance technique de l’Union européenne viennent d’adopter un important document à l’issue des travaux d’harmonisation des termes de référence pour le recrutement d’un consultant chargé de la révision des prescriptions de gestion devant régir l’exploitation du gaz méthane enfui dans les eaux du lac.

Termes de référence

A en croire un expert ayant pris part auxdits travaux, les présents termes de référence ont pour objectif global de produire un document amélioré portant sur les « prescriptions de gestion devant régir l’exploitation du gaz méthane du lac Kivu », en anglais « Management prescriptions (Mps) ». Comme objectifs spécifiques, il s’agit de « conduire une évaluation et une analyse globale et inclusive du document existant, y compris une analyse comparative (forces, faiblesses, opportunités et menaces), évaluer où la structure et le contenu du document peuvent être révisés à cette fin, ou lorsque d’autres conditions doivent être incluses conformément à sa destination et à son fonctionnement, lancer un appel à soumission, tenir compte des changements de formulation, notamment des possibilités de changements aux exigences obligatoires et les paramètres permettant d’améliorer les Mps et les rendre plus acceptables ou réalisables par toutes les parties prenantes, proposer des voies à suivre pour harmonisation des divergences, envisager la possibilité de traduire les Mps améliorés en un document légal et évaluer les conséquences de la mise en œuvre et de l’application des Mps et proposer des mesures d’atténuation ».

Ainsi, les activités à réaliser prévoient, pour le consultant, « d’analyser et évaluer de manière globale et inclusive les Mps en vue de proposer des principes d’exploitation optimale du lac acceptables par toutes les parties concernées » et « formuler des recommandations pour la mise en application des Mps ». Pour réussir cette mission, le consultant désigné pourra rencontrer l’équipe d’experts ayant élaboré la version précédente des Mps qui constituent une référence importante pour le consultant. Parmi les principaux éléments à prendre en considération dans l’analyse et l’évaluation des Mps existants, il est prévu l’identification des qualifications des experts en la matière, techniques et autres, et la gamme complète d’expertise requis pour être mise en place.

Réunir les compétences nécessaires

Les experts devraient réunir les compétences nécessaires pour revoir la modélisation hydraulique complète en 2-D et 3-D des différentes configurations de l’usine d’extraction des gaz proposée par tous les développeurs de technologie, en tenant compte des impacts sur les aspects importants des structures de la densité de protection du lac.

Plus concrètement, il s’agit du déplacement, l’affaiblissement, l’endommagement ou la pénétration dans des couches de gradient par les panaches de réinjection d’eau dégazée ou de l’eau de lavage, compte tenu de la vitesse, la profondeur, les taux volumétriques et l’angle d’entrée de ces panaches en considérant leur proximité avec les gradients, la dilution des zones de ressources porteuses de gaz, l’effet de déplacement des sels et de nutriments en provenance des zones plus profondes du lac vers les zones peu profondes, y compris le biozone, à la suite de réinjection des panaches d’eau dégazée ou de l’eau de lavage dans de telles zones, le potentiel de court-circuit de retour d’eau dégazée dans les entrées des usines d’extraction de gaz du à la proximité de l’apport et des points de réinjection, en tenant compte également des méthodes et des mécanismes proposés pour atténuer un tel court-circuit, le déplacement vers le haut ou vers le bas des gradients de densité individuelle en raison des flux important entre la prise d’eau et le niveau de réinjection de toute installation d’extraction (l’impact brut d’un tel déplacement aux taux prévus de production de 100 % pour tous les grands flux de récolte du lac doit être modélisée et considérée), l’impact de la pénétration de courants souterrains d’eau douce, généralement issus des lits de lave au nord du lac, sur les profondeurs actuelles des couches de gradient et sur le maintien à long terme des profondeurs de couches de gradients dans chaque régime de fonctionnement ou méthode, l’équilibre de masse pour le déplacement de grandes quantités de méthane ou de dioxyde de carbone des zones de ressources plus profondes vers les eaux peu profondes etc.

Exigences techniques et environnementales strictes 

L’équipe du consultant sera composée des membres-clés et du personnel d’appoint. Elle est appelée à collaborer avec d’autres spécialistes pour des tâches spécifiques. L’équipe de spécialistes sera composée d’une combinaison d’ingénieurs, de scientifiques, d’experts juridiques et économiques de manière à couvrir la gamme des rôles et des compétences demandées dans les termes de référence.

A en croire les experts, la méthode d’extraction du lac doit répond à quelques préoccupations, à savoir la préservation de la stabilité et de l’écologie du lac, la production efficiente du méthane en vue de la génération de l’électricité en déficit dans la région des Grands Lacs et la sécurisation de la population environnante.

Le gaz méthane ayant une faible solubilité dans l’eau et une pression partielle élevée constitue un détonateur de l’explosion gazeuse. Le danger important d’éruption catastrophique des gaz lié aux méthodes d’extraction doit être évité. En outre, le rejet des eaux de lavage et des eaux dégazées peut compromettre la stabilité du lac et engendrer des problèmes écologiques graves. C’est pourquoi, l’exploitation industrielle du méthane du lac Kivu doit respecter des exigences techniques et environnementales strictes.

La rédaction des Mps a commencé lors de l’atelier international sur le lac Kivu tenu à Gisenyi, en mars 2007 suivant la volonté des gouvernements de la RDCongo et de la République du Rwanda. Au Rwanda, les Mps son considérés comme un document d’orientation à tous les investisseurs potentiels pour l’exploitation du gaz méthane. Depuis juillet 2009, les institutions compétentes de la RDC et du Rwanda ont accepté les Mps en tant que documents directeurs. Toutefois, pour que ces Mps deviennent exécutoires, les deux pays doivent les reconnaitre individuellement à travers une loi. A travers cette reconnaissance, les Mps peuvent être périodiquement mis à jour par l’organisation technique bilatérale proposée et peuvent ensuite être à nouveau reconnu par les parlements des deux pays grâce à des modifications législatives.