Espoir d’une relance pour la Cimenterie nationale

Le gouvernement est prêt à céder la majorité de ses parts dans cette entreprise d’économie mixte, qu’il contrôle presque totalement, au cimentier Nova Comangola, pour la reprise de ses activités, à l’arrêt depuis cinq ans.

Nova Cimangola envisage d’investir 54 millions de dollars, pour la relance de la Cinat. Photo © DR

Nova Cimangola envisage d’investir 54 millions de dollars, pour la relance de la Cinat. Photo © DR

C’est avec sourire aux lèvres que les membres de la délégation syndicale de la Cimenterie nationale (Cinat) sont sortis, le 4 septembre, du cabinet du Vice-premier ministre en charge du Budget, Daniel Mukoko Samba, au terme d’un échange de vues sur le plan de la relance de cette unité de production. Selon le chef de la délégation syndicale, le gouvernement va signer un contrat de cession d’une importante partie de ses parts, avec le cimentier angolais Nova Cimangola qui a gagné le marché face à la sud-africaine Pretoria Portland Cement (PPC). Il a soutenu qu’après plusieurs tentatives vaines de relance, l’option levée, cette fois par l’exécutif, parait la bonne. La firme française, Lafarge, qui avait pourtant suscité de grands espoirs auprès des 500 agents de la Cinat et de ses nombreux dépendants qui continuent à tirer le diable par la queue depuis près de 5 ans, avait fini par jeter l’éponge. Concrètement, les employés sont disposés à reprendre du service, pourvu qu’ils bénéficient de trois mois de payement des salaires, pour ne pas asphyxier le nouveau patron. Le reste pourrait être réglé de façon échelonnée. A en croire les syndicalistes, la Cinat dispose d’un personnel qualifié, capable de s’adapter aux nouvelles technologies que va apporter Nova Cimangola, étant donné que le matériel utilisé autrefois par la Cinat est, à ce jour, suranné.

De la genèse du contrat  

Nova Cimangola a battu ses rivaux grâce à son offre. Pour remettre à niveau l’outil de production et répondre à la forte demande locale au moment où le pays connaît un boom de l’immobilier, Nova Cimangola envisage d’investir 54 millions de dollars. S’agissant des transactions liées à ce partenariat public-privé, l’Etat congolais va céder à la société angolaise 58% des parts. Jusque-là, il détenait 91,7% des actions, à côté des groupes Rawji (7,5%) et Blattner (0,8%). Nova Cimangola va devenir ainsi l’actionnaire principal, avec 53% du capital. Du côté gouvernemental, l’on se réjouit de la concrétisation des engagements pris depuis 2012. Lors d’une réunion de la Troïka stratégique, il avait été convenu, à l’époque, d’envisager des mesures appropriées, pour, à la fois, encourager la relance de l’industrie locale du ciment, mais surtout accélérer de nouveaux projets de production du ciment dans le pays, pour qu’il devienne, dans les prochaines années, un exportateur, auprès de ses voisins.
Face à la forte demande locale, estimée entre 2,5 et 3 millions de tonnes par an, la grande production du ciment gris en RDC provient de la Cimenterie de Lukala (Cilu), avec 400.000 tonnes, par an. Son capital est détenu par le groupe Malta Forrest (45%) et par la société allemande Heidelberg, toutes deux associées dans la Cimenterie du Katanga (Cimekat) et dans Interlacs. Pour tenter de couvrir ses gros besoins, le pays recourt à l’importation.
Il y a quelques années, le ciment importé avait bénéficié de certaines exonérations pour faire face à la rareté observée au niveau local. A ce jour, un sac de ciment gris de 50 kg se vend autour de 15 dollars.

Carte postale de la Cinat   

La Cimenterie nationale (Cinat) est située dans la province du Bas-Congo, à 125 km de Matadi et à 245 km de Kinshasa. Elle est opérationnelle depuis le 24 octobre 1970, sous forme d’une société mixte à responsabilité limitée, avec un capital de 6 millions de dollars. Installée pour une capacité de 300 000 tonnes, par an, l’entreprise n’a jamais atteint ce seuil, se limitant à ne produire que 100 000 tonnes. L’usine est construite à côté de sa propre carrière, dans une concession de 558 hectares, alliant qualité de la pierre de chaux et d’argile. Les réserves de calcaire connues sont estimées à 8,5 millions de tonnes. L’entreprise emploie près de 500 personnes et ses activités sont à l’arrêt, il y a un peu plus de cinq ans, à cause notamment du manque d’investissement pour l’acquisition des équipements et infrastructures devant accroître sa productivité.