FDLR, des rebelles à la peau dure

L’ objectif des Fardc: éradiquer tous les groupes armés sans exception

L’ objectif des Fardc: éradiquer tous les groupes armés sans exception

Les rebelles des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR) opposent une résistance farouche à l’armée congolaise depuis 1994, année marquée par l’arrivée des vagues de réfugiés hutu rwandais dans le Nord-Kivu. Le Centre de recherche sur l’environnement, la démocratie et les droits de l’homme (Creddho) signale une forte concentration de ces rebelles dans les groupements de Tama et d’Itala, à Kanyabayonga à la suite d’opérations menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Creddho note que les FDLR pillent les champs des paysans dans plusieurs localités de ces groupements situés à plus de 200 km au nord-ouest de Goma, telle que Kasiki, Luhanga, Mbuavinya et Mukeberwa.

La présence des FDLR est source d’insécurité pour cette zone et impose des conditions socio-économiques dramatiques aux paisibles citoyens congolais. Elles pratiquent un pillage à grande échelle pour assurer le ravitaillement de nombreux centres de formation qu’ils ont établis à Kisabulo, Mwekwe, Mashuta et Busungu. Diificile de trouver une solution durable au-delà des opérations de nettoyage menées par les FARDC, qui consistent à éradiquer tous les groupes armés sans exception. Or, il ne se passe plus une semaine sans qu’on signale des attaques contre les populations civiles à Rutshuru où l’insécurité a refait surface depuis bientôt un mois.  Ce qui justifie la sortie médiatique du général Charles Bisengimana, qui a affirmé que seule l’armée congolaise possède la capacité de faire face aux groupes résiduels encore actifs dans cette région. Les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) avaient remplacé, en décembre dernier, les militaires des FARDC dans plusieurs zones jadis occupées par l’ancienne rébellion du M23 afin de sécuriser la population. Le général Bisengimana reconnaît cependant l’insuffisance des moyens logistiques mis à la disposition de la police. «Une chose est vraie, nous connaissons des attaques des groupes armés, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda . Très souvent, ces groupes font des incursions avec la complicité de jeunes », a-t-il affirmé. La police a déployé à Rutshuru des unités d’intervention rapide venues de Kinshasa. Ces unités sécurisent la zone allant de Goma jusqu’à Bunagana, en passant par Kiwanja, Rutshuru, Kalengera, Rubare et Rumangabo. Ce dispositif n’empêche pas les FDLR et d’autres groupes armés d’effectuer des raids et de continuer à occuper des espaces non encore conquis. Des combats ont opposés les FARDC aux miliciens Maï-Maï Yakutumba dans la forêt de Ngandja, en territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Un chef milicien a parlé de «bilan lourd de part et d’autre» sans préciser les chiffres. Du côté des FARDC, le commandant en second du 104ème régiment, le colonel Anaphos Baburwa, confirme la mort d’un assaillant et trois blessés dont deux enfants du chef du village de Kanyasese, immédiatement transférés à l’hôpital général de Baraka pour des soins appropriés. Aux dernières nouvelles, les miliciens seraient en débandade et se seraient dispersés dans la forêt de Ngandja, à 20 km au sud de Baraka. Cette forêt équatoriale, dense et immense, a avalé plus d’un milicien. Elle abrite des éléments des Forces démocratique de libération du Rwanda recherchés actuellement par les FARDC. Les Maï-Maï Yakutumba de la Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo sont dirigés par William Amuri alias Yakutumba. La forêt de Ngandja, réputée mystérieuse et stratégique, serait considérée comme la base des Maï-Maï Yakutumba. Elle couvre plusieurs montagnes à cheval entre les localités de Misisi, Lubondja, Kinkonde et les bords du lac Tanganyika. En avril dernier, les miliciens Maï-Maï Yakutumba avaient tenté de prendre le contrôle des localités de Kachemba, Misisi et Lulimba pour forcer les négociations avec le gouvernement central en vue de leur intégration dans l’armée, selon des sources locales. Ils ont été repoussés au terme de combats qui s’étaient soldés par six morts, dont quatre assaillants, selon le commandant du 112e régiment des FARDC à Lulimba, en territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.