JPMorgan/Baleine de Londres: le Français Julien Grout négocie avec les USA (avocat)

EMMANUEL DUNAND [AFP]

EMMANUEL DUNAND [AFP]

NEW YORK, (AFP) – Le Français Julien Grout, l’un des ex-traders de la banque JPMorgan Chase poursuivi par le gouvernement américain pour avoir cherché à dissimuler d’énormes pertes dans les dérivés de crédit l’an dernier, négocie avec les Etats-Unis, a indiqué mardi à l’AFP son avocat.

L’espagnol Javier Martin-Artajo, son ancien supérieur hiérarchique au sein de la division d’investissements en propre (CIO) de la première banque américaine, a été arrêté à Madrid dans le cadre d’un mandat d’arrêt international, a annoncé mardi la police espagnole.

M. Grout se trouve lui en France et n’y est pour l’instant pas inquiété car “la France n’extrade pas ses ressortissants”, a expliqué l’avocat, Edward Little, joint par téléphone.

“Nous négocions avec les Etats-Unis sur la manière de procéder. La seule manière par laquelle il reviendrait aux Etats-Unis, c’est si nous pouvons parvenir à un accord raisonnable sur une caution”, a ajouté M. Little.

Les avocats de M. Martin-Artajo de même que le bureau du procureur fédéral de Manhattan (New York, est des Etats-Unis) n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Les autorités américaines ont engagé des poursuites le 14 août contre Javier Martin-Artajo, qui dirigeait la stratégie de courtage d’une unité londonienne du CIO, et contre Julien Grout, l’un de ses subordonnés en charge de la préparation des bilans quotidiens du courtage de leur service.

Ils sont accusés de s’être entendus pour avoir falsifié les comptes internes de la première banque américaine afin de masquer les pertes de leur unité qui s’accumulaient et qui ont coûté au final plus de six milliards de dollars à JPMorgan Chase.

Un autre trader Français, Bruno Iksil, qui réalisait des opérations de courtage sous la supervision de M. Martin-Artajo mais était lui-même le supérieur de Julien Grout, a passé un accord avec les autorités américaines avec lesquelles il a collaboré. Elles estiment qu’il a tenté de sonner l’alarme sur les pertes de leur unité et qu’il a tenté de décourager ses deux collègues de les dissimuler.

Début 2012, les positions de M. Iksil étaient devenues énormes et trop visibles dans le marché opaque où les dérivés se négocient de gré à gré (au contrat), ce qui lui a valu le surnom de “baleine de Londres”, devenu celui de toute l’affaire. Les autres traders du marché se sont retournés contre lui, forçant JPMorgan à brader ses positions.

M. Martin-Artajo est notamment accusé d’avoir fait pression sur MM. Iksil et Grout, et d’avoir refusé à maintes reprises de voir une évaluation réaliste des pertes apparaître dans les documents transmis à la hiérarchie de JPMorgan.