Ils misent sur le rebond des cours pour combler les déficits budgétaires

La progression attendue en 2017 est de 3.4 % contre 2.2 % en 2016. Ce n’est qu’un sursaut modéré car la hausse attendue des prix des matières premières ne fournira qu’un amortisseur pour parer aux insuffisances budgétaires. 

 

Les cours de la plupart des produits de base sont dans une phase ascendante depuis 2016. Selon les prévisions les plus optimistes, ils devraient conserver cette trajectoire en 2017 et 2018. On pense que les prix du pétrole qui ont commencé à remonter, début 2016, pourraient atteindre 55 dollars le baril en 2017, contre 46 dollars actuellement.

Cette évolution s’explique par les réductions de production dans certains pays producteurs membres et non membres de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP) au premier trimestre 2017. En décembre 2016, l’OPEP et les autres pays producteurs ont décidé, séparément, de réduire la production de pratiquement 1.8 million de barils par jour sur le premier semestre de 2017. À la suite de ces accords, les cours de pétrole ont bondi de 10 % à la fin du quatrième trimestre 2016, pour atteindre en moyenne 49.1 dollars le baril. Depuis janvier 2017, les prix s’orientent au-dessus de 53 dollars le baril et ont atteint 55.99 dollars en mars 2017.

Prudence, tout de même.

Une appréciation de la situation économique actuelle de l’Afrique, des attentes et du climat général, réalisée auprès des participants africains à l’enquête économique mondiale de l’institut Ifo, laisse entrevoir un scénario optimiste pour le premier semestre 2017. Les experts de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui ont rédigé le Rapport 2017 de Perspectives économiques en Afrique, conseillent cependant une certaine prudence, de peur que le rebond récent des cours du pétrole ne soit éphémère. La hausse de la production aux États-Unis pourrait renforcer l’offre mondiale de pétrole brut, annulant les réductions de production décidées par l’OPEP et la hausse des prix, argumentent-ils. Par ailleurs, si la majorité des pays membres de l’OPEP a réduit la production, un certain nombre de pays (dont l’Iraq, la Libye et le Nigéria) l’ont augmentée depuis octobre 2016.

En outre, la hausse des prix au comptant consécutive aux réductions de production devrait stimuler les investissements dans la production en 2017.  Depuis le début de l’année 2014, les investissements américains dans le gaz de schiste ont brutalement diminué en réaction à l’effondrement des cours de pétrole. Une situation qui a induit en quelques mois une baisse de la production d’or noir. Les réductions de production des pays membres et non membres de l’OPEP pourraient rapidement être effacées par une augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis, dans la mesure où les puits deviennent opérationnels dans les douze mois suivant l’investissement initial.

La demande intérieure s’impose progressivement comme un moteur incontournable de la croissance.

Pour les rédacteurs de Perspectives économiques en Afrique 2017, même si les ressources naturelles et les produits primaires continuent de jouer un rôle majeur dans la croissance du continent, ils cèdent du terrain au profit de facteurs intérieurs, consommation comprise, qui contribuent toujours plus à la résilience des économies africaines. En République démocratique du Congo, la baisse des prix des matières premières et de la demande mondiale ont eu un impact négatif sur les équilibres macroéconomiques.

Le taux de croissance du PIB réel a atteint 6,9 % en 2015, soit 3,6 points de pourcentage de moins que son niveau initialement projeté au début de l’année, et le ralentissement s’est accentué en 2016. La croissance des industries extractives s’est ralentie à 4,8 % contre 20,4 % par an en moyenne entre 2010 et 2014, alors que le prix des produits comme le cuivre qui représentait 53 % des exportations de biens entre 2010 et 2015 a baissé d’un quart… La demande intérieure soutenue par l’accroissement démographique de l’Afrique constitue un catalyseur de premier plan pour l’entrepreneuriat africain et la contribution des entrepreneurs à l’industrialisation. Dans ce contexte, soulignent-ils, les réformes institutionnelles et réglementaires améliorent progressivement la gouvernance et l’environnement des affaires, ce qui apporte le soutien nécessaire à la croissance.