Le sommet de l’UA est très attendu pour une action radicale et urgente

Le premier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA de 2019 se tiendra du 10 au 11 février à Addis-Abeba sur le thème « L’année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées dans leur propre pays ». Il sera aussi question de la migration et l’insécurité induites par le climat.

2019 c’est l’année au cours de laquelle les chefs d’État et de gouvernement africains doivent fournir des orientations et renforcer la compréhension sur le sujet. En marge de ce sommet, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union africaine (CUA) et la PACJA ont prévu d’organiser une réunion de haut niveau pour discuter sur les tendances autour du lien entre le changement climatique, les déplacements, les migrations et les conflits. Les recommandations de cette rencontre seront soumises aux chefs d’État et de gouvernement africains. Bref, il s’agit de valider « la voie à suivre » et « un plan d’action » pour l’avenir. 

Pour cela, les principales parties prenantes vont examiner de manière critique la question de l’insécurité humaine provoquée par le climat en Afrique (en particulier dans les régions de la Corne de l’Afrique et du Sahel), évaluer la pertinence de l’Accord de Paris pour la mise en place d’actions permettant de remédier à ces problèmes et de résoudre ces problèmes, tenter de transformer les défis du changement climatique en perspectives de transformation socio-économique et inclusive sur le continent.

Plus précisément, la réunion de haut niveau permettra d’examiner les résultats de la COP-UNFCCC-COP24 par rapport à la position générale de l’Afrique et aux attentes des différentes parties prenantes; rehausser le profil du changement climatique et de la mise en œuvre des CND dans le cadre du thème du sommet de l’UA de 2019 « L’année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays »; examiner le lien entre le changement climatique et les déplacements, les conflits et la sécurité en Afrique; formuler des recommandations à l’intention du sommet des chefs d’État à considérer comme la Déclaration du sommet de l’UA sur le changement climatique et les migrations; développer et convenir d’un programme de travail et du rôle de chaque acteur dans l’avancement du débat sur le changement climatique, les conflits et les migrations sur le continent africain.

Les discussions devraient aboutir à la formulation d’un cadre stratégique pour renforcer la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national à l’action pour le climat dans le cadre de l’Accord de Paris pour des moyens de subsistance meilleurs, inclusifs et résilients en Afrique, explique-t-on à la CEA.

Initiative de recherche

Le 25 janvier, la CEA et ses partenaires ont lancé un appel à propositions pour une initiative de recherche sur le climat pour le développement (CR4D) dans le cadre d’un projet de plusieurs millions de dollars pour soutenir la recherche scientifique sur le climat menée par l’Afrique par le biais de l’initiative CR4D en Afrique. 

L’Académie africaine des sciences (AAS), le programme de Services d’informations climatiques et météorologiques en Afrique (WISER) du ministère britannique pour le développement international (DfID) et le Centre africain pour la politique en matière de climat (CAPC) de la CEA sont des partenaires dans la mise en œuvre de ladite initiative.

L’initiative CR4D a été conceptualisée lors de la Conférence africaine sur le climat en 2013 en tant que mécanisme permettant de renforcer les liens entre la recherche scientifique sur le climat et les besoins en informations sur le climat afin de soutenir la planification du développement en Afrique. L’initiative aborde les domaines prioritaires de recherche sur le climat qui ont été identifiés en Afrique par des chercheurs africains.

Le CR4D accordera des subventions de recherche d’une durée d’un an à 15 chercheurs africains sur le climat, pour un montant pouvant atteindre 130 000 de dollars. Grâce au programme AAS Rising Research Leaders, les bénéficiaires seront encouragés à se développer en tant que leaders indépendants de la recherche par le biais d’opportunités de formation, de mentorat et de mise en réseau permettant des collaborations internationales.

Les candidats du CR4D doivent être rattachés ou affiliés à une université, un institut de recherche ou un autre établissement d’enseignement supérieur éligible en Afrique. Ils doivent être titulaires d’un doctorat en climat ou en sciences connexes et/ou avoir fait leurs preuves en matière de recherche ayant eu une forte impression et de qualité exceptionnelle dans un domaine pertinent.

Au cours de la prochaine année, le CR4D soutiendra la recherche dans les domaines prioritaires identifiés pour le changement climatique et les liens de développement. La recherche couvrira la science fondamentale du climat, les conséquences, l’information et l’application de la recherche, ainsi que les relations avec les communautés politiques et décisionnelles. L’objectif est de produire des résultats de recherche qui éclaireront les politiques dans les secteurs sensibles au climat afin de mieux préparer l’Afrique à faire face aux conséquences du changement climatique.